jeudi 5 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2404113 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 décembre 2024 et 18 avril 2025, M. D, représenté par Me Faivre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or lui a retiré sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié ", lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, à défaut, de réexaminer sa situation, dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté du 8 janvier 2024 :
S'agissant de la décision de retrait du titre de séjour :
- elle est entachée d'un vice d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en violation de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant retrait du titre de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé contre l'arrêté du 8 janvier 2024 :
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 3 et 4 avril 2025, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que la requête est irrecevable.
Par une ordonnance du 22 avril 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 mai 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Faivre, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant albanais né en 1981, a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " valable du 29 juin 2021 au 28 juin 2022, puis d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié " valable du 29 juin 2022 au 28 juin 2026. Par un arrêté du 8 janvier 2024, le préfet de la Côte-d'Or lui a retiré sa carte de séjour pluriannuelle, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par l'intermédiaire de son conseil, M. A a formé un recours gracieux contre cet arrêté qui a été reçu le 7 août 2024 par les services de la préfecture. Une décision implicite de rejet est née le 7 octobre 2024 du silence gardé par le préfet de la
Côte-d'Or pendant deux mois sur cette demande. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2024 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative.
3. Il résulte de ces principes que les moyens dirigés contre les vices propres de la décision prise à la suite d'un recours gracieux sont inopérants et doivent, par conséquent, être écartés.
4. Si le requérant soutient que la décision implicite née le 7 octobre 2024 de rejet de son recours gracieux est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 et 3 qu'un tel moyen, qui vise à contester un vice propre de cette décision, doit être écarté comme inopérant. En outre, les moyens tirés de la violation de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent être regardés comme dirigés contre la décision de retrait du 8 janvier 2024.
S'agissant de la légalité de la décision de retrait du titre de séjour :
5. En premier lieu, par un arrêté du 4 décembre 2023, publié le 5 décembre 2023 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à M. Carre, secrétaire général de la préfecture et, en cas d'absence ou d'empêchement de ce dernier, à Mme Ghayou, secrétaire générale adjointe, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figure pas la décision en litige. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. Carre n'aurait pas été absent ou empêché le 8 janvier 2024. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée, qui manque en fait, doit être écarté.
6. En deuxième lieu, la décision en litige vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, et notamment les articles L. 421-1 et L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle expose les éléments factuels propres à la situation de M. A justifiant pour le préfet de la
Côte-d'Or le retrait du titre de séjour de l'intéressé. Elle comprend ainsi les éléments de droit et de fait permettant au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
7. En troisième lieu, si M. A soutient qu'il est entré sur le territoire français en 2021, il ne l'établit par aucun document alors qu'il ressort des récépissés de ses demandes de carte de séjour que l'intéressé est entré en France en 2005. Par ailleurs, il ne ressort ni de la motivation de la décision en litige, ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Côte-d'Or aurait négligé de procéder à un examen réel, sérieux et individualisé de la situation personnelle de M. A avant de prendre sa décision. En conséquence, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au terme d'une première année de séjour régulier en France accompli au titre d'un visa de long séjour tel que défini au 2° de l'article L. 411-1 ou, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 433-5, d'une carte de séjour temporaire, l'étranger bénéficie, à sa demande, d'une carte de séjour pluriannuelle dès lors que : () / 2° Il continue de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il était précédemment titulaire. () ". Aux termes de l'article L. 421-1 de ce code : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / Par dérogation aux dispositions de l'article L. 433-1, elle est prolongée d'un an si l'étranger se trouve involontairement privé d'emploi. Lors du renouvellement suivant, s'il est toujours privé d'emploi, il est statué sur son droit au séjour pour une durée équivalente à celle des droits qu'il a acquis à l'allocation d'assurance mentionnée à l'article L. 5422-1 du code du travail ". Aux termes de l'article L. 432-5 de ce code : " Si l'étranger cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de la carte de séjour dont il est titulaire, fait obstacle aux contrôles ou ne défère pas aux convocations, la carte de séjour peut lui être retirée par une décision motivée. La décision de retrait ne peut intervenir qu'après que l'intéressé a été mis à même de présenter ses observations dans les conditions prévues aux articles L. 121-1 et L. 121- 2 du code des relations entre le public et l'administration. / N'est pas regardé comme ayant cessé de remplir la condition d'activité prévue aux articles L. 421-1,
L. 421-9, L. 421-11 et L. 421-14 à L. 421-21 l'étranger involontairement privé d'emploi au sens de ces mêmes articles ". Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le préfet, après avoir procédé, le cas échéant, aux vérifications utiles, peut retirer à un étranger la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié ", qui permet l'exercice de toute activité professionnelle salariée, lorsque l'intéressé ne remplit plus les conditions prévues à l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Le préfet de la Côte-d'Or a décidé de retirer la carte de séjour pluriannuelle délivrée à M. A au motif que l'intéressé, qui n'était plus titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée, ne remplissait plus les conditions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Ainsi qu'il a été dit au point 1 du jugement, M. A avait obtenu une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " puis une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié " valable du 29 juin 2022 au 28 juin 2026. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du courrier du 19 octobre 2023 du préfet de la Côte-d'Or mettant en œuvre la procédure contradictoire préalable et des observations écrites apportées par M. A le 30 octobre 2023, que l'intéressé, qui avait démissionné suite à une mésentente avec son supérieur hiérarchique, ne bénéficiait plus d'un contrat de travail à durée indéterminée au sein de la société ADTP depuis le 25 mai 2022. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision litigieuse, l'intéressé n'avait pas transmis aux services préfectoraux une promesse d'embauche, ni une autorisation de travail. Dans ces conditions, le préfet de la Côte-d'Or pouvait légalement prononcer le retrait de la carte de séjour pluriannuelle de M. A qui ne remplissait plus les conditions initiales de délivrance de son titre de séjour et n'avait pas été privé involontairement de son emploi. Par ailleurs, si M. A se prévaut de l'autorisation de travail dont il a été muni à la date du 27 mars 2024, ainsi que de son contrat de travail à durée indéterminée intérimaire signé avec la société GenesisRH le 29 mai 2024, ces éléments, postérieurs à la décision de retrait de son titre de séjour, sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
12. Il ressort des pièces du dossier que M. A a épousé, en 2013, Mme E, de nationalité albanaise, et que, par décision du 15 février 2023, le préfet de la Côte-d'Or a refusé la demande de regroupement familial formée par le requérant au bénéfice de son épouse et de ses deux enfants nés en Albanie, respectivement en 2013 et 2016, au motif que ces derniers étaient déjà présents sur le territoire national et en situation irrégulière. En outre, il ressort des pièces du dossier que son épouse fait l'objet d'une décision d'éloignement prise par le préfet de la Côte-d'Or le 28 mai 2024. Par ailleurs, si M. A se prévaut de son insertion professionnelle dans la société française, les pièces qu'il verse à l'instance ne permettent pas d'établir une intégration professionnelle stable et ancrée sur le territoire national. Enfin, le requérant n'établit pas qu'il serait isolé dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de son existence, et vers lequel il fait régulièrement des allers-retours depuis la Grèce. Dans ces conditions et en l'absence d'obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Albanie, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision lui retirant son titre de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel qu'il est protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas davantage méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
14. La décision contestée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer M. A de ses enfants qui, ainsi qu'il a été dit au point 12, ont déjà vécu séparé de leur père. Il n'est par ailleurs aucunement établi que les enfants du requérant et de son épouse, laquelle fait l'objet d'une décision d'éloignement et d'une décision de renvoi vers l'Albanie, ne pourraient pas poursuivre leur scolarité dans ce pays, qui est au demeurant leur pays de naissance. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
S'agissant de la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision de retrait de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, M. A n'est pas fondé à exciper d'une telle illégalité à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.
16. En deuxième lieu, d'une part, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". D'autre part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () " et, aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".
17. Il ressort des pièces du dossier que pour obliger le requérant à quitter le territoire français, le préfet s'est fondé sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision portant retrait du titre de séjour, ainsi qu'il a été dit au point 6, est suffisamment motivée. Dans ces conditions, M. A était en mesure de comprendre les considérations de fait et de droit de la décision en litige prononcée à son encontre. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
18. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 12 et 14, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
S'agissant de la légalité de la décision lui accordant un délai de départ volontaire :
19. Il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, M. A n'est pas fondé à exciper d'une telle illégalité à l'appui des conclusions dirigées contre la décision lui accordant un délai de départ volontaire.
S'agissant de la légalité de la décision fixant le pays de destination :
20. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, M. A n'est pas fondé à exciper d'une telle illégalité à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.
21. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de
non-recevoir opposée en défense, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 8 janvier 2024, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
23. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
25. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A la somme demandée par le préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Côte-d'Or.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 15 mai 2025, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Céline Frey, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2025.
La rapporteure,
V. C
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026