lundi 23 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2404139 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU REFERE ETRANGERS 15 JOURS |
| Avocat requérant | ABITBOL YOËL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 décembre 2024, M. A C, représenté par Me Abitbol, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 décembre 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence dans l'arrondissement d'Autun pendant une durée de quarante-cinq jours ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une " erreur manifeste d'appréciation " dès lors qu'il réside dans le département du Nord chez son frère et ne réside pas dans l'arrondissement d'Autun.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête
Le préfet soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bois pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience
A été entendu au cours de l'audience publique : le rapport de Mme Bois, première conseillère, magistrate désignée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant tunisien né en 1989, entré en France en septembre 2018 selon ses déclarations, a fait l'objet d'une mesure d'éloignement prononcée par le préfet du Nord le 11 novembre 2024. Par un arrêté du 3 décembre 2024, dont M. C demande l'annulation, le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans l'arrondissement d'Autun.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ".
3. M. C fait valoir que l'arrêté en litige est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au seul motif qu'il réside dans le département du Nord chez son frère et qu'il n'a pas de domicile en France.
4. D'une part, la mesure d'assignation à résidence a été prise en vue d'assurer l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français sans délai édictée par le préfet du Nord le 11 novembre 2024 et a donc été prise sur le fondement des dispositions du 1er de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. D'autre part, le requérant soutient qu'il réside chez son frère dans le département du Nord. Toutefois, alors qu'il a été interpellé en situation irrégulière le 3 décembre 2024 par les agents du commissariat de police du Creusot, lors de son audition, il a indiqué résider sur le territoire de Corbeil-Essonnes sans toutefois être alors être en mesure de le justifier. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui travaille sous couvert d'un contrat à durée indéterminée dans le département de l'Essonne depuis 2021, a un domicile à Corbeil-Essonnes où il reçoit notamment ses relevés de comptes bancaires tout en ayant eu un lieu de résidence à Gien dans un appartement meublé entre le 1er juin et le 1er novembre 2024. Par ailleurs, dans le même temps, dans le cadre de la présente instance, si l'intéressé fait valoir qu'il réside chez son frère dans le département du Nord et produit à cette fin une attestation d'hébergement datée du 18 octobre 2024, cette seule pièce, non accompagnée notamment d'un justificatif de domicile à son propre nom, est insuffisante pour établir un domicile ou un lieu de résidence stable.
6. Dans ces conditions, dans les circonstances particulières de l'espèce, face à la confusion quant au lieu de résidence de M. C au 3 décembre 2024, l'intéressé ayant a priori séjourné dans trois départements différents au cours des trois mois précédant cette date, en décidant de l'assigner à résidence dans l'arrondissement d'Autun, sans d'ailleurs lui imposer de résider dans un lieu de résidence précis dans cet arrondissement sur une plage horaire déterminée, le préfet de Saône-et-Loire n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. En second lieu, au regard notamment de ce qui a été dit aux points 4 à 6 et des termes de l'arrêté attaqué, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle de M. C doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les frais de justice :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande M. C au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de Saône-et-Loire.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2024.
La magistrate désignée,
C. BoisLa greffière,
L. Lelong
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2404139
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026