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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2404158

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2404158

jeudi 26 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2404158
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon, statuant en référé suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par M. A pour contester la décision "48 SI" du 21 novembre 2024 invalidant son permis de conduire pour solde de points nul. En cours d'instance, le ministre de l'intérieur a supprimé les mentions de deux infractions, rétablissant un solde positif de deux points et la validité du permis. Le tribunal a constaté que cette régularisation équivalait à un retrait implicite de la décision attaquée, rendant sans objet les conclusions à fin de suspension. Les conclusions accessoires au titre des frais de justice ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2024, M. C A, représenté par Me Pohin, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision " 48 SI " du 21 novembre 2024 du ministre de l'intérieur portant invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que les mentions relatives aux infractions commises le 20 septembre 2024 à 17h12 et 8 août 2024 à 6h44 ont été supprimées, que la décision " 48 SI " en litige est réputée avoir été retirée, que le solde du permis de conduire de M. A affecté de deux points est positif et que son permis de conduire est valide.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2404151 enregistrée le 10 décembre 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a fait l'objet d'une décision " 48 SI " datée du 21 novembre 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son titre de conduite pour défaut de points. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.

Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".

3. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un évènement rendant sans objet la requête. S'agissant d'une requête présentée au juge des référés du tribunal administratif, son président ainsi que les magistrats qu'il désigne à cet effet, peuvent alors, par ordonnance prise sur le fondement du 3 de l'article R. 222-1 et sans tenir d'audience, constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête.

4. Il ressort du relevé d'information intégral de M. A produit par le ministre de l'intérieur, à l'appui de son mémoire en défense, que les mentions relatives aux infractions commises le 20 septembre 2024 à 17 h 12 et 8 août 2024 à 6 h 44 ont été supprimées et que le permis de conduire de l'intéressé, qui présente désormais un solde positif de deux points, est valide. Dès lors, le ministre doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré, postérieurement à la date d'introduction de la requête, la décision " 48 SI " du 21 novembre 2024 en litige. Par suite, les conclusions à fin de suspension présentées par M. A ont perdu leur objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les frais du litige :

5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin de suspension de la décision contestée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur.

Fait à Dijon, le 26 décembre 2024.

Le juge des référés,

P. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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