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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2404283

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2404283

lundi 23 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2404283
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon, statuant en référé, a rejeté la requête de M. et Mme A qui contestaient une ordonnance de placement provisoire de leur fils mineur prise par le juge des enfants. La solution retenue est un rejet pour incompétence manifeste de la juridiction administrative, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Le juge a rappelé que le contentieux de l'assistance éducative et du placement d'un enfant relève de la seule compétence des juridictions de l'ordre judiciaire, en application des articles 375-1 et suivants du code civil. Par conséquent, il n'a pas examiné le bien-fondé de la demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 décembre 2023, composée de deux mémoires, M. B A et Mme E C épouse A demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'enregistrer et d'instruire leur plainte contre le service de l'assistance éducative en milieu ouvert et le service de l'aide sociale à l'enfance à raison des conditions dans lesquelles ils ont enquêté sur leur famille et la prise en charge de leur fils mineur D ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution d'une ordonnance du juge des enfant du tribunal judiciaire de Dijon du 2 juillet 2024 plaçant provisoirement leur fils D dans une maison d'enfants à caractère social (MECS) ;

3°) d'ordonner la réintégration provisoire de D à domicile, dans l'attente d'une solution adaptée.

4°) de garantir un suivi renforcé à domicile, conforme aux recommandations des professionnels qui suivent actuellement D ;

5°) d'examiner en urgence une inclusion immédiate en service d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD).

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du même code dispose : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale () ". Selon l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Selon l'article 375-1 du code civil : " Le juge des enfants est compétent, à charge d'appel, pour tout ce qui concerne l'assistance éducative. () ". Selon son article 375-2 : " Chaque fois qu'il est possible, le mineur doit être maintenu dans son milieu actuel. Dans ce cas, le juge désigne, soit une personne qualifiée, soit un service d'observation, d'éducation ou de rééducation en milieu ouvert, en lui donnant mission d'apporter aide et conseil à la famille, afin de surmonter les difficultés matérielles ou morales qu'elle rencontre. Cette personne ou ce service est chargé de suivre le développement de l'enfant et d'en faire rapport au juge périodiquement. Si la situation le nécessite, le juge peut ordonner, pour une durée maximale d'un an renouvelable, que cet accompagnement soit renforcé ou intensifié. / Lorsqu'il confie un mineur à un service mentionné au premier alinéa, il peut autoriser ce dernier à lui assurer un hébergement exceptionnel ou périodique à condition que ce service soit spécifiquement habilité à cet effet. Chaque fois qu'il héberge le mineur en vertu de cette autorisation, le service en informe sans délai ses parents ou ses représentants légaux ainsi que le juge des enfants et le président du conseil départemental. Le juge est saisi de tout désaccord concernant cet hébergement ".

3. Il résulte de ces dispositions que le contentieux de l'assistance éducative et du placement d'un enfant en hébergement hors du domicile familial relève de la seule compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. Il n'appartient au demeurant en aucune façon au juge administratif, y compris dans le cadre particulier du référé régi par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de se prononcer sur la régularité ou le bien fondé d'une décision juridictionnelle rendue par la juridiction civile. Il ne lui appartient pas davantage de traiter de plaintes à caractère pénal.

4. En conséquence, la requête de M. et Mme A, qui tend à remettre en cause une ordonnance de placement prise par le juge des enfants concernant leur fils mineur D, à ordonner le maintien à domicile de cet enfant, à prescrire les mesures d'assistance afférentes et à porter plainte contre le service de l'assistance éducative en milieu ouvert et le service de l'aide sociale à l'enfance, est portée devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître et doit être rejetée selon la modalité prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et Mme E C épouse A.

Fait à Dijon le 23 décembre 2024.

Le président du tribunal, juge des référés,

David Zupan

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière

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