mercredi 15 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2404382 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU REFERE ETRANGERS 15 JOURS |
| Avocat requérant | NDONG NDONG PIERRE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 28 décembre 2024 sous le numéro 2404382, M. A D, représenté par Me Ndong Ndong, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2024, par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de réexaminer sa situation et de prendre une nouvelle décision, après une nouvelle instruction, sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la signataire de la décision attaquée était compétente à cet effet ;
- le préfet de Saône-et-Loire a commis une erreur de droit ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale.
La requête a été communiquée le 31 décembre 2024 au préfet de Saône-et-Loire, qui n'a pas produit de mémoire en défense, mais des pièces, enregistrées le 6 janvier 2025, qui ont été communiquées.
II. Par une requête, enregistrée le 28 décembre 2024 sous le numéro 2404383, M. A D, représenté par Me Ndong Ndong, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2024, par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2024, par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Chalon-sur-Saône pour une durée de quarante-cinq jours.
Il soutient que :
- il n'est établi que la signataire de la décision attaquée était compétente à cet effet ;
- le préfet de Saône-et-Loire a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- il présente des garanties de représentation suffisantes, excluant le recours à une assignation à résidence.
La requête a été communiquée le 31 décembre 2024 au préfet de Saône-et-Loire, qui n'a pas produit de mémoire en défense, mais des pièces, enregistrées le 6 janvier 2025, qui ont été communiquées.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, par une décision du 22 juillet 2024 pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 15 janvier 2025 à 8 heures 45 minutes.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Irénée Hugez.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 8 heures 54 minutes.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, ressortissant tunisien, né en 2001 à Menzel Kamel en Tunisie, est entré régulièrement sur le territoire français le 12 mars 2020, muni d'un visa de court séjour et s'y est maintenu sans solliciter de titre de séjour. Il a été placé en garde à vue le 21 décembre 2024, à la suite de faits de violence avec arme en réunion dans un restaurant, également épicerie de nuit, et a fait l'objet à cette occasion d'une vérification de son droit au séjour. Par un arrêté du 21 décembre 2024, notifié par voie administrative le même jour, le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par un second arrêté du même jour, le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Chalon-sur-Saône pour une durée de quarante-cinq jours. Par la première requête susvisée, M. D demande l'annulation du premier arrêté précité et, par la seconde requête susvisée, il demande l'annulation de ces deux arrêtés.
2. Les deux requêtes susvisées n° 2404382 et 2404383, présentées pour M. D, concernent la situation du même ressortissant étranger et tendent à l'annulation de deux arrêtés notifiés simultanément. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. D, à raison d'une seule dotation pour les deux requêtes.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux différentes décisions en litige :
5. En premier lieu, par un arrêté du 26 septembre 2024 référencé 71-2024-09-26-00007, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 71-2024-219 de la préfecture, le préfet de Saône-et-Loire a donné à M. F E, sous-préfet d'Autun, délégation de signature en toutes matières, sous réserve des exceptions au nombre desquelles ne figurent pas les décisions en litige, lors des permanences qu'il exerce les samedis, dimanches et jours fériés et chômés. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est pas même allégué, que M. E n'aurait pas été de permanence le samedi 21 décembre 2024, jour de signature de l'arrêté en litige. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés en litige, qui manque en fait, doit être, pour ce motif, écarté.
En ce qui concerne l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () ".
7. Il est constant que M. D est entré sur le territoire français le 12 mars 2020, muni d'un visa de court séjour à entrées multiples, pour une durée maximale de séjour de quatre-vingt-dix jours, qu'il se maintient irrégulièrement sur le territoire français depuis le 6 juillet 2020 et qu'il n'a jamais demandé la délivrance d'un titre de séjour. Par suite, le préfet de Saône-et-Loire a pu l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans commettre d'erreur de droit.
8. En deuxième lieu, si M. D soutient qu'il est hébergé par un membre de sa famille qu'il ne désigne pas, qu'il vit avec Mme C D et qu'il prépare son mariage avec sa compagne, il ne justifie dans la présente instance d'aucune de ces circonstances. M. D n'établit aucune forme d'insertion sociale, personnelle ou professionnelle en France. Il a vécu l'essentiel de sa vie en Tunisie, pays dans lequel il n'établit pas être isolé. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cet arrêté sur sa vie privée et familiale ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2024, par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
10. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du présent jugement, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cet arrêté sur sa vie privée et familiale doit être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; ". Aux termes de l'article L. 731-2 du même code : " L'étranger assigné à résidence en application de l'article L. 731-1 peut être placé en rétention en application de l'article L. 741-1, lorsqu'il ne présente plus de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement () ".
12. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que la justification de garanties de représentation constitue une condition préalable à l'adoption d'une mesure d'assignation à résidence et ne saurait, dès lors, faire obstacle à ce qu'une telle mesure soit prononcée. M. D ne peut en conséquence utilement se prévaloir de garanties de représentation, dont au demeurant il ne précise ni la nature ni la consistance, pour contester la décision litigieuse.
13. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2024, par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Chalon-sur-Saône pendant une durée de quarante-cinq jours.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est fondé à demander l'annulation ni de l'arrêté du 21 décembre 2024, par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, ni de l'arrêté du même jour par lequel ce préfet l'a assigné à résidence. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. D, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, et en tout état de cause, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
16. Ces dispositions font obstacle à ce que soient mises à la charge de l'État, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle (une seule dotation pour les deux requêtes).
Article 2 : La requête n° 2404382 de M. D est rejetée.
Article 3 : La requête n° 2404383 de M. D est rejetée.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Pierre Ndong Ndong.
Copie en sera adressée au ministre d'État, ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
I. B
La greffière,
L. Lelong
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
2, 2404383
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026