mercredi 5 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2500200 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU REFERE ETRANGERS 15 JOURS |
| Avocat requérant | GIUDICELLI JAHN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 21 janvier et 3 février 2025, M. C G, représenté par Me Giudicelli-Jahn, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2025 par lequel le préfet de l'Yonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2025 par lequel le préfet de l'Yonne l'a assigné à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre " au préfet de police ou à tout préfet territorialement compétent " de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise sans qu'ait été respecté son droit à être entendu, garanti par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision lui refusant un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- S'agissant de la décision portant interdiction de retour :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant assignation à résidence :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 janvier 2025, le préfet de l'Yonne, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme H par une décision du 22 juillet 2024 pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 février 2025 :
- le rapport de Mme H ;
- les observations de Me Belaref, substituant Me Giudicelli-Jahn et représentant M. G, qui persiste par les mêmes moyens dans les conclusions de la requête et insiste sur la méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et sur l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences des décisions contestées sur la situation personnelle, familiale, professionnelle et judiciaire du requérant ; il fait valoir en outre que le préfet de l'Yonne ne produit aucune pièce caractérisant une menace à l'ordre public ;
- et les observations de Me Martin, représentant le préfet de l'Yonne, qui a repris ses écritures en défense.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Des pièces produites pour le préfet de l'Yonne ont été enregistrées le 4 février 2025, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. M. G, ressortissant égyptien né en 1989, déclare être entré irrégulièrement en France en 2014. Le 10 décembre 2024, l'intéressé a été interpellé pour des faits de conduite sous stupéfiants et d'usage de faux documents administratifs par les services de police d'Auxerre et a été placé en garde à vue. Par un arrêté du 10 janvier 2025, le préfet de l'Yonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par un second arrêté du même jour, le préfet de l'Yonne l'a assigné à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête, M. G demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, par un arrêté du 14 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, du reste visé par les décisions en litige et aisément consultable en ligne, le préfet de l'Yonne a donné délégation à Mme D F, sous-préfète, secrétaire générale de la préfecture de l'Yonne à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions contestées, qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les décisions en litige visent les textes dont elles font application, rappellent les conditions d'entrée sur le territoire français de l'intéressé, la précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre en 2016 par le préfet des Yvelines et sa demande d'admission exceptionnelle au séjour du 13 septembre 2024 déposée auprès du préfet de police de Paris. Elles font état de sa situation familiale, ainsi que des faits de conduite sous stupéfiants et d'usage de faux documents administratifs qu'il a commis le 10 décembre 2024. Les décisions attaquées détaillent les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour prononcer, respectivement, une obligation de quitter le territoire français, le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, la fixation du pays de destination et l'interdiction de retour durant deux ans. S'agissant de la décision d'assignation à résidence, le préfet a rappelé la décision d'éloignement du 10 janvier 2025 qu'il a prise à l'encontre de M. G et indique qu'il ne peut être immédiatement éloigné mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Il a ainsi été satisfait à l'exigence de motivation, pour chacune des décisions attaquées. Dès lors, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des arrêtés en litige que les décisions obligeant M. G à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi, prononçant une interdiction de retour pendant deux ans et l'assignant à résidence auraient été prises sans que le préfet de l'Yonne ait procédé, au préalable, à l'examen de la situation particulière de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle du requérant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé, dans ses arrêts C 166/13, Sophie Mukarubega, du 5 novembre 2014 et C-249/13, Khaled Boudjlida, du 11 décembre 2014, que le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Ce droit n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
6. Il résulte en outre de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt C 383/13, M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie, du 10 septembre 2013, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
7. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. G aurait été, à un moment de la procédure en litige, informé de ce qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et mis à même de présenter des observations sur cette perspective. Toutefois, l'intéressé se borne à faire valoir que son droit d'être entendu a été méconnu, sans faire état des éléments qu'il aurait pu utilement porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la décision d'éloignement et qui, s'ils avaient été communiqués à temps, auraient été de nature à faire obstacle à la décision adoptée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu ne peut être accueilli.
8. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
9. M. G, marié depuis le 29 octobre 2022 avec une ressortissante marocaine, avec laquelle il a eu un enfant né le 19 janvier 2022, se prévaut de sa durée de présence en France depuis 2014 et de son insertion professionnelle sur le territoire français. Toutefois, il n'est pas contesté que l'intéressé est entré irrégulièrement en France, qu'il n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre en 2016 et qu'il n'a sollicité que très récemment, le 13 septembre 2024, son admission exceptionnelle au séjour. L'activité professionnelle dont l'intéressé se prévaut, pour stable qu'elle soit à compter du 1er juin 2023, au regard du contrat de travail et bulletins de salaire versés à l'instance, n'en est pas moins exercée de façon illégale et ne permet pas de caractériser une intégration particulière dans la société française. Il n'est d'ailleurs pas établi ni même allégué que M. G est dépourvu de tout lien avec son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de son existence. En outre, il ressort des pièces du dossier que le mariage du requérant avec une ressortissante marocaine, ainsi que la naissance de leur enfant, étaient récents à la date de la décision attaquée et aucun élément n'est apporté s'agissant d'une éventuelle communauté de vie antérieure. Enfin, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que son épouse, bien que munie d'une carte de séjour pluriannuelle délivrée le 20 novembre 2022 et valable jusqu'au 19 novembre 2026, disposerait de ressources et fasse preuve d'une insertion particulière dans la société française. Ainsi, le requérant ne justifie d'aucune circonstance faisant obstacle à ce que la cellule familiale, comprenant leur fils âgé de trois ans, se reconstitue en Egypte, pays dont le requérant a la nationalité, ou au Maroc, pays dont son épouse est ressortissante. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel qu'il est protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas davantage méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ni commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de M. G.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
10. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Selon l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : " () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 de ce code dispose : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ".
11. Ainsi qu'il a été énoncé au point précédent, le requérant s'est soustrait à l'exécution de la précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre en 2016. Par suite, le préfet de l'Yonne pouvait, pour ce seul motif, refuser, sur le fondement du 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de lui accorder un délai de départ volontaire. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision en litige sur la situation de M. G doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
12. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision en litige sur la situation du requérant doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
13. Compte tenu de la situation privée et familiale de M. G, telle que retracée au point 6, le préfet de l'Yonne n'a pas méconnu les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ni commis d'erreur d'appréciation en lui faisant interdiction de retourner sur le sol national pendant une durée de deux ans.
En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :
14. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article R. 733-1 de ce code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1 () définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".
15. Le préfet de l'Yonne a assigné M. G à résidence dans le département de l'Yonne et lui a prescrit de se rendre au service de gendarmerie situé 33 rue du colonel B E à Auxerre, chaque lundi, mercredi et vendredi, y compris les jours fériés, à 8 heures. Dans son arrêté, le préfet indique que le requérant " n'établit pas disposer d'un domicile stable et permanent ". Or, il ressort des pièces du dossier, et notamment des relevés bancaires, avis d'impôt sur les revenus et factures diverses, que M. G est domicilié, depuis le mois de février de l'année 2022, au 48 rue Marcadet dans le 18ème arrondissement de Paris, avec son épouse et leur fils, ce logement étant situé à environ 180 kilomètres du lieu d'assignation et de pointage fixé par le préfet. En défense, le préfet, qui ne conteste pas ces éléments, ne fait valoir aucun élément de nature à établir que le requérant aurait un logement dans le département de l'Yonne. Dès lors, en assignant à résidence M. G dans le département de l'Yonne et en l'obligeant à se présenter à la gendarmerie d'Auxerre tous les lundi, mercredi et vendredi y compris les jours fériés, à 8 heures, sans tenir compte du lieu où l'intéressé réside effectivement avec son épouse et son jeune enfant, le préfet a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. G tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 janvier 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans doivent être rejetées. En revanche, M. G est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 janvier 2025 portant assignation à résidence.
Sur les frais liés au litige :
17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. G présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 10 janvier 2025 par lequel le préfet de l'Yonne a assigné M. G à résidence dans le département de l'Yonne est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. G est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C G et au préfet de l'Yonne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2025.
La magistrate désignée,
V. HLa greffière,
S. Kieffer
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026