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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2500239

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2500239

mercredi 5 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2500239
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU REFERE ETRANGERS 15 JOURS
Avocat requérantSI HASSEN MYRIAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 janvier 2025, M. C A, représenté par Me Si Hassen, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2025 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2025 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence sur la commune de Dijon pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace actuelle et grave à l'ordre public ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle est entachée d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle est entachée d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour :

- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- cette décision est entachée d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision portant assignation à résidence :

- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle est entachée d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux modalités d'assignation.

Des pièces enregistrées les 29 et 30 janvier 2025 ont été produites par le préfet de la Côte-d'Or.

Des pièces complémentaires enregistrées le 5 février 2025 ont été produites pour M. A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D par une décision du 22 juillet 2024 pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 février 2025 :

- le rapport de Mme D ;

- les observations de Me Si Hassen, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et indique maintenir les conclusions dirigées contre l'arrêté du 19 janvier 2025 portant assignation à résidence malgré la modification de son article 1er par arrêté du 28 janvier suivant.

Le préfet de la Côte-d'Or n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant roumain né en 1988, déclare être entré en France en 2023. Le 19 janvier 2025, l'intéressé a été interpellé pour des faits de " vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt " par les services de gendarmerie de Châtillon-sur-Seine et a été placé en garde à vue. Par un arrêté du 19 janvier 2025, le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence sur le territoire communal de Dijon pour une durée de quarante-cinq jours. Puis, par un arrêté du 28 janvier 2025 pris, en cours d'instance, le préfet de la Côte-d'Or a modifié l'article 1er de ce dernier arrêté en assignant à résidence l'intéressé sur le territoire communal de Chenôve. Par sa requête, M. A demande l'annulation des décisions prises par les arrêtés du 19 janvier 2025.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

2. En premier lieu, par un arrêté du 29 novembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du 2 décembre 2024, du reste visé par la décision en litige et aisément consultable en ligne, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à M. B, directeur de cabinet, lors des permanences de week-ends, de jours fériés et de jours chômés, pour l'ensemble du département et en fonction du tour de permanence préétabli, à l'effet de signer les actes en toutes matières à l'exception de ceux au nombre desquels ne figure pas les décisions en litige. Le requérant ne conteste pas que cette situation fût effectivement constituée à la date des décisions attaquées. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions en litige, qui manque en fait, doit être écarté.

3. En second lieu, les décisions en litige visent les textes dont elles font application, rappellent les conditions d'entrée sur le territoire français de l'intéressé et relèvent qu'il se maintient irrégulièrement en France. Elles font état de sa situation familiale, ainsi que des faits à caractère délictuel commis en 2013, 2018 et 2025. Les décisions attaquées détaillent les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour prononcer, respectivement, une obligation de quitter le territoire français, le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, la fixation du pays de destination et l'interdiction de retour durant un an. S'agissant de la décision d'assignation à résidence, le préfet a rappelé la décision d'éloignement prise à l'encontre de M. A et indique qu'il ne peut être immédiatement éloigné mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Il a ainsi été satisfait à l'exigence de motivation, pour chacune des décisions attaquées. Dès lors, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : () / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; () / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ".

5. Lorsqu'elle entend prendre une mesure d'éloignement sur le fondement du 2° des dispositions de l'article L. 251-1, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.

6. Pour prononcer la mesure d'éloignement de M. A, le préfet de la Côte-d'Or a estimé, d'une part, que l'intéressé, sans ressources suffisantes, est susceptible de devenir une charge pour le système d'assistance sociale et, d'autre part, que son comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été interpellé le 19 janvier 2025, vers 13 heures 30, à Châtillon-sur-Seine et a été placé en garde à vue à 14 heures 30 dans le cadre d'une enquête de flagrance pour des faits de " vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt " dont il ne peut sérieusement se prévaloir du fait qu'il " est entré par mégarde dans une cour qu'il ne savait pas être une propriété privée ". Les extraits du fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) versés à l'instance font apparaître que l'intéressé était déjà défavorablement connu des autorités pour avoir commis un vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt et recel de bien provenant d'un vol en 2018, ainsi que recel et destruction de biens par moyen dangereux pour les personnes en 2013. Par ailleurs, M. A, qui vit en couple avec une ressortissante roumaine et leur enfant né en 2007 en Roumanie, est sans activité professionnelle depuis mars 2024 et ne justifie d'aucune attache ni intégration significative dans la société française. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet de la Côte-d'Or a pu se fonder sur le motif tiré de ce que le comportement de l'intéressé constituait une menace, du point de vue de l'ordre public, réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française, au vu des dispositions précitées du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

9. Le requérant fait valoir qu'en tant que citoyen de l'Union européenne, il a vécu alternativement en Roumanie et en France, avec une ressortissante roumaine et leur fils, et que la cellule familiale serait entrée à nouveau sur le territoire français en 2023. Toutefois, il n'est pas établi ni même allégué que M. A est dépourvu de tout lien avec son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de son existence. En outre, la concubine de l'intéressé étant une ressortissante roumaine, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale, comprenant leur fils âgé de dix-sept ans, reste unie et rejoigne son pays d'origine. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 7, M. A ne justifie pas d'une insertion significative dans la société française. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel qu'il est protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ayant été écartés, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

11. En second lieu, aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel.

12. Ainsi qu'il a été dit au point 7, M. A, signalé pour la commission de plusieurs infractions pénales, présente un comportement personnel qui constitue une menace, du point de vue de l'ordre public, réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française. Compte tenu du risque de récidive caractérisant une situation d'urgence, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant d'octroyer un délai de départ volontaire à l'intéressé. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

13. Les moyens invoqués à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ayant été écartés, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

14. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ayant été écartés, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ".

16. Le préfet de la Côte-d'Or ayant fait obligation à M. A de quitter le territoire français au motif que son comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société, sur le fondement du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il pouvait légalement, sur le fondement de l'article L. 251-4 de ce code, prononcer à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français. Compte tenu des circonstances qui ont été analysées aux points 7 et 9, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas commis d'erreur d'appréciation en fixant à un an la durée de l'interdiction de circulation sur le territoire français prononcée à l'encontre du requérant.

17. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, doivent être écartés.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 19 janvier 2025 du préfet de la Côte-d'Or portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an à l'encontre de M. A doivent être rejetées.

En ce qui concerne les décisions d'assignation à résidence :

S'agissant du cadre du litige :

19. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée ou abrogée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision.

20. Ainsi qu'il a été dit au point 1, par l'arrêté du 28 janvier 2025, le préfet de la Côte-d'Or a modifié le lieu de l'assignation à résidence de M. A prévu par l'arrêté du 19 janvier 2025 attaqué. Eu égard à la portée de l'arrêté du 28 janvier 2025, qui a le même objet que le précédent et prescrit les mêmes obligations de présentation à l'intéressé, le préfet doit être regardé comme ayant entendu, par cet arrêté, abroger l'arrêté du 19 janvier 2025. Cependant, la décision d'abrogation n'ayant pas acquis de caractère définitif, les conclusions dirigées contre l'arrêté initial n'ont pas perdu leur objet. Le requérant, qui a maintenu lors de l'audience ses conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 19 janvier 2025, doit également être regardé comme demandant l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2025.

S'agissant de l'arrêté du 19 janvier 2025 :

21. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ayant été écartés, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision d'assignation à résidence.

22. En second lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article R. 733-1 de ce code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1 () définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

23. L'arrêté du 19 janvier 2025 impose à M. A une assignation à résidence sur le territoire communal de Dijon, avec obligation de se présenter tous les jours, à l'exception des dimanches et jours fériés, entre 8 heures et 9 heures, au commissariat de police de Dijon, et l'oblige également de demeurer à son domicile situé sur le territoire communal de Chenove, tous les jours, de 6 heures à 7 heures. Dans ces conditions, le préfet a entaché la décision en litige d'une erreur manifeste d'appréciation.

24. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 19 janvier 2025 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a assigné à résidence M. A doit être annulé.

S'agissant de l'arrêté du 28 janvier 2025 :

25. Il ressort des pièces du dossier que M. A dispose d'un domicile stable et permanent au 5 impasse Prosper Gallois à Chenôve. En prononçant une assignation à résidence sur le territoire communal de Chenôve de M. A et en l'obligeant à se présenter tous les jours, à l'exception des dimanches et jours fériés, entre 8 heures et 9 heures, au commissariat de police de Dijon, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

26. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2025 doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

27. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 19 janvier 2025 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a assigné M. A à résidence sur le territoire communal de Dijon est annulé.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2025.

La magistrate désignée,

V. DLa greffière,

L. Lelong

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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