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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2500275

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2500275

mardi 18 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2500275
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU REFERE ETRANGERS 15 JOURS
Avocat requérantROTHDIENER GAËTAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 janvier 2025, M. C B, représenté par Me Rothdiener, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 janvier 2025 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en qualité de demandeur d'asile ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder rétroactivement le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du dépôt de sa demande de réexamen de sa demande d'asile, le 22 janvier 2025, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et à défaut de réexaminer sa demande dans le même délai et sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil, qui renonce dans cette hypothèse à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte, d'un défaut de motivation, d'examen particulier de sa situation, et d'un défaut d'évaluation de sa vulnérabilité, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'un défaut d'entretien personnel par un agent de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, et d'un défaut d'avis d'un médecin de l'Office en méconnaissance des dispositions de l'article L. 522-1, L. 522-2. L. 522-3, R. 522-1 et R. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur de droit en s'estimant en situation de compétence liée en présence d'une demande de réexamen de sa demande d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de son âge, de son état de santé et de la situation hivernale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2025, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 10 février 2025, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indique qu'il accorde le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au requérant à compter du 5 février 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. A a présenté son rapport lors de l'audience publique qui s'est tenue en l'absence des parties.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant tchadien né le 23 novembre 1960, demande l'annulation de la décision du 22 janvier 2025 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en qualité de demandeur d'asile.

2. Dès lors que le requérant a obtenu l'aide juridictionnelle totale en cours d'instance, il n'y a pas lieu de statuer sur sa demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

3. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : / () / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; / () / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ".

4. En l'espèce, le requérant, qui souffre d'une insuffisance rénale chronique terminale, est fondé à soutenir que, compte tenu de sa situation de vulnérabilité qui est avérée, au regard notamment de son état de santé et de son âge, la décision contestée, dont le retrait en cours d'instance par l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'est pas définitif, est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle et doit être annulée pour ce motif.

5. L'exécution du présent jugement d'annulation implique, eu égard à son motif, qu'il soit enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'accorder au requérant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 22 janvier 2025, date du dépôt de sa demande de réexamen de sa demande d'asile, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 000 euros, à verser au conseil du requérant, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision du 22 janvier 2025, par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé d'accorder à M. B le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en qualité de demandeur d'asile, est annulée.

Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'accorder à M. B le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 22 janvier 2025, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera la somme de 1 000 euros à Me Rothdiener au titre au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Rothdiener.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2025.

Le magistrat désigné,

P. ALa greffière,

S. Kieffer

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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