vendredi 31 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2500292 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 janvier 2025, M. B A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler l'arrêté, en date du 4 décembre 2024, par lequel le préfet de l'Yonne a prescrit son expulsion du territoire français et d'ordonner, dans l'attente de cette annulation, la suspension de l'exécution de cet arrêté ;
2°) d'annuler l'arrêté, en date du 23 janvier 2025, par lequel le préfet de l'Yonne a prolongé pour une durée de quarante-cinq jours la mesure d'assignation à résidence prise en son encontre le 4 décembre 2024 et d'ordonner, dans l'attente de cette annulation, la suspension de l'exécution de cet arrêté ;
Il soutient que :
- l'arrêté d'expulsion contesté a été pris en violation de l'article 8 ;
- sa présence en France ne représente pas une menace grave pour l'ordre public ;
- le préfet n'a pris en compte ni ses efforts d'insertion ni sa vie privée et familiale ;
- il est exposé à un danger en cas de retour en Algérie, de sorte que le préfet a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né en 1987 et de nationalité algérienne, conteste devant le juge des référés, en sollicitant à la fois leur annulation et, dans un premier temps, la suspension de leur exécution, les arrêtés, en date des 4 décembre 2024 et 23 janvier 2025, par lesquels le préfet de l'Yonne, d'une part, a prescrit son expulsion du territoire français, d'autre part, a prolongé pour une durée de quarante-cinq jours son assignation à résidence dans le département.
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais () ". Selon l'article L. 521-1 du même code : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-1 du même code dispose : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, l'article R. 522-1 dispose : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".
3. En premier lieu, le juge des référés ne saurait, sans méconnaître l'article L. 511-1 précité du code de justice administrative et excéder les limites de son office, lequel est limitée à l'adoption de mesures provisoires, prononcer l'annulation d'une quelconque décision administrative. Les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A, dans le cadre d'une saisine du tribunal qu'il présente lui-même comme étant une action en référé, sont donc manifestement irrecevables.
4. En second lieu, si M. A présente également des conclusions à fin de suspension des arrêtés du préfet de l'Yonne des 4 décembre 2024 et 23 janvier 2025, il ne les a pas présentées par requête distincte ni n'a annexé à son mémoire introductif d'instance des recours au fond contre ces arrêtés, comme l'imposent à peine d'irrecevabilité les dispositions précitées du code de justice administrative. En outre, il n'a pas davantage produit l'arrêté d'expulsion du 4 décembre 2024, méconnaissant ainsi également l'article R. 412-1 du même code en vertu duquel " la requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ". Ces conclusions à fin de suspension sont donc, elles aussi, manifestement irrecevables.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée selon la modalité prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée pour information au préfet de l'Yonne.
Fait à Dijon, le 31 janvier 2025.
Le président du tribunal, juge des référés,
David Zupan
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
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