vendredi 28 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2500351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU REFERE ETR 15 JOURS |
| Avocat requérant | GRENIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 et 26 février 2025, M. B C, représenté par Me Si Hassen, demande au tribunal :
1°) à titre principal de déclarer nul, et à titre subsidiaire d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2025 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, à lui verser, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal l'arrêté attaqué est entaché de nullité à défaut d'avoir été notifié à son curateur ;
- à titre subsidiaire la requête est recevable pour le même motif, et les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur auteur, insuffisamment motivées, entachées d'un défaut de contradictoire en l'absence de notification du courrier de demande d'observations à son curateur, et d'un défaut d'examen particulier de sa situation, la décision d'éloignement est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'il a droit au certificat de résidence algérien délivré de plein droit au ressortissant algérien qui réside en France depuis plus de dix ans, en application du 1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision d'éloignement et elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision d'éloignement ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision d'éloignement, elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2025, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient, à titre principal que la requête est irrecevable à défaut de présenter des conclusions et moyens dans le délai de recours contentieux de sept jours, et à titre subsidiaire que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A par une décision du 22 juillet 2024 pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Si Hassen pour le compte du requérant, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans la requête.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant algérien né le 12 février 1987, demande au tribunal, à titre principal de déclarer nul, et à titre subsidiaire d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2025 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ". Et aux termes de l'article R. 922-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le second alinéa de l'article R. 411-1 du code de justice administrative n'est pas applicable et l'expiration du délai de recours n'interdit pas au requérant de soulever des moyens nouveaux, quelle que soit la cause juridique à laquelle ils se rattachent. / Le requérant qui a demandé l'annulation de l'une des décisions qui lui ont été notifiées simultanément peut, jusqu'à la clôture de l'instruction, former des conclusions dirigées contre toute autre de ces décisions. ".
3. L'arrêté attaqué du 27 janvier 2025 a été notifié à l'intéressé, détenu au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand, le 3 février 2025, et le requérant a présenté une requête, enregistrée le 4 février 2025, qui doit être regardée comme demandant l'annulation de cet arrêté, qu'il a produit à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation. En application des dispositions précitées de l'article R. 922-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le requérant a pu régulièrement, par son mémoire en réplique présenté par son avocat, enregistré le 26 février 2025, exposer des moyens de légalité externe et interne à l'appui de sa requête. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le préfet, tirée de l'irrecevabilité de la requête à défaut de présenter des conclusions et moyens dans le délai de recours contentieux de sept jours, doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 467 du code civil : " La personne en curatelle ne peut, sans l'assistance du curateur, faire aucun acte qui, en cas de tutelle, requerrait une autorisation du juge ou du conseil de famille. Lors de la conclusion d'un acte écrit, l'assistance du curateur se manifeste par l'apposition de sa signature à côté de celle de la personne protégée. A peine de nullité, toute signification faite à cette dernière l'est également au curateur. ". En outre, aux termes du dernier alinéa de l'article 468 du même code : " Cette assistance est également requise pour introduire une action en justice ou y défendre ".
5. Et aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 121-2 de ce même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles () ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Et aux termes de l'article L. 122-1 de ce code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. () ".
6. Si le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, le préfet, avant de prendre l'arrêté attaqué, a cependant engagé une procédure contradictoire sur le fondement des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration, qu'il était dès lors tenu de respecter, s'agissant de mesures de police soumises à l'obligation de motivation, et en l'absence d'urgence et de circonstances exceptionnelles, en invitant le requérant, alors en détention, à présenter des observations écrites ou orales, par un courrier du 6 décembre 2024.
7. L'intéressé, qui a été placé sous curatelle renforcée par un jugement du 14 novembre 2023 pour une durée de soixante mois, a répondu par un courrier du 19 décembre 2024, mentionnant notamment qu'il était sous curatelle.
8. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet, qui disposait d'éléments laissant apparaître que l'étranger faisait l'objet d'une mesure de protection juridique, telle qu'une curatelle, ait sollicité la personne chargée de cette mesure afin que l'intéressé qui soutient, sans être contesté sur ce point, qu'il souffre d'une altération de ses facultés mentales, puisse exercer ses droits et, le cas échéant, présenter utilement des observations sur les mesures que l'autorité administrative envisageait de prendre à son encontre.
9. Dans ces conditions, le requérant a été, dans les circonstances de l'espèce, effectivement privé de la garantie qui s'attache à la possibilité de présenter utilement des observations dans le cadre de la procédure contradictoire engagée par le préfet sur le fondement des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration.
10. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant est fondé à demander l'annulation de l'arrêté contesté.
Sur les frais d'instance :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 27 janvier 2025, par lequel le préfet de Saône-et-Loire a obligé M. C à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans, est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de Saône-et-Loire.
Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, et au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2025.
Le magistrat désigné,
P. ALe greffier,
A. Roulleau
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026