jeudi 20 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2500364 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HUG & ABOUKHATER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 février 2025, un correctif enregistré le même jour et un mémoire complémentaire produit le 18 février 2025, M. B A, représenté par Me Hug, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus opposée par le préfet de l'Yonne à sa demande de carte de résident ;
2°) de faire injonction au préfet de l'Yonne de lui remettre une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, cela dans les vingt-quatre heures et sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de refus d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de condamner l'Etat à lui verser cette même somme.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision attaquée l'expose au risque d'une mesure d'éloignement et l'empêche de subvenir aux besoins de son foyer, dépourvu de toute ressources, alors que sa fille a le statut de réfugié ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, laquelle méconnaît l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vertu duquel le préfet est légalement tenu d'accorder une carte de résident au parent d'un enfant mineur admis au statut de réfugié.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 février 2025, le préfet de l'Yonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la demande de carte de résident de M. A est toujours en cours d'instruction, de sorte que, la décision attaquée n'existant pas, la requête est irrecevable ;
- l'urgence, qui n'est pas présumée s'agissant d'une première demande de titre de séjour, n'est pas démontrée, dès lors que la prétendue décision en litige ne modifie pas la situation du requérant, lequel, en outre, n'est pas exposé à une mesure d'éloignement, est hébergé, bénéficie d'allocations, jouit de la liberté de se déplacer ;
- le moyen invoqué est inopérant en l'absence d'intention de refuser à M. A le titre de séjour sollicité, l'administration ayant simplement besoin de temps pour traiter sa demande.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2500361, enregistrée le 5 février 2025.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Roulleau, greffière d'audience :
- le rapport de M. Zupan, juge des référés ;
- les observations de Me Martin, représentant le préfet de l'Yonne, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans le mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été différée à 15 heures le 19 février 2025, en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né en 1987 et de nationalité malienne, demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus opposée par le préfet de l'Yonne à sa demande de carte de résident, sollicitée en qualité de père d'une enfant mineure admise au bénéfice de la protection internationale, sur le fondement de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu d'accorder à M. A l'aide juridictionnelle à titre provisoire, en application de l'article 20 de la loi du 11 juillet 1990 visée ci-dessus.
Sur la demande de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article R. 522-1 du même code dispose, en son premier alinéa : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".
4. L'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vertu duquel, lorsque la demande de titre de séjour a été déposée en ligne et s'avère complète, le préfet a la possibilité d'en prolonger l'instruction au-delà de la durée de validité du document de séjour détenu, et doit alors munir le demandeur d'une attestation de prolongation de l'instruction d'une durée de trois mois renouvelable, n'ont ni pour objet ni pour effet de déroger aux articles R. 432-1 et R. 432-2 précités du même code. Ainsi, la circonstance qu'un étranger a été mis en possession d'une attestation de prolongation de l'instruction dont la durée de validité excède le délai de quatre mois prévu par l'article R. 432-2 ne fait pas obstacle au constat de l'existence d'une décision implicite de refus née du silence de l'administration à l'expiration de ce délai, cette circonstance traduisant seulement l'intention de l'autorité préfectorale d'y substituer ultérieurement, le cas échéant, une décision explicite. Ainsi, en l'espèce, la demande de titre de séjour de M. A, déposée en ligne le 4 octobre 2024 et laissée sans réponse durant quatre mois, a donné lieu à une décision implicite de refus intervenue le 4 février 2025, quand bien même l'intéressé se serait vu délivrer depuis lors -ce qui n'est au demeurant pas établi- des attestations de prolongation de l'instruction de cette demande. La requête, dirigée contre une décision effectivement prise, est donc recevable.
5. En deuxième lieu, l'urgence, au sens des dispositions citées au point 2, justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, lorsqu'il lui est demandé de suspendre l'exécution d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète du demandeur et de ses proches. Si cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas du retrait ou du refus de renouvellement d'un titre de séjour, il appartient en revanche au requérant, dans les autres cas, de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
6. Par décision du 25 janvier 2024, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides a reconnu la qualité de réfugié à la fille mineure de M. A, Mariam Maréga, âgée de deux ans. La situation créée par le refus de titre de séjour contesté, qui fait obstacle à ce que M. A séjourne en France en dépit de la protection internationale accordée à sa fille, dont la filiation n'est pas discutée, et l'empêche d'assumer ses responsabilités à son égard, notamment en exerçant une activité professionnelle dans le but de subvenir à ses besoins, est constitutive de circonstances particulières, au sens des principes rappelés au point précédent, propres à caractériser une situation d'urgence, quand bien même l'intéressé jouirait, comme il est soutenu en défense -au demeurant sans éléments justificatifs-, d'un hébergement et d'aides sociales. Il n'a d'ailleurs pas été démontré par le préfet de l'Yonne, en dépit du différé de la clôture d'instruction décidé à cet effet lors de l'audience publique, que M. A aurait été mis en possession d'une attestation de prolongation de l'instruction valant autorisation provisoire de séjour. Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que la condition d'urgence est remplie.
7. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est propre à susciter, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander la suspension de la décision implicite de refus opposée à sa demande de carte de résident.
Sur les conclusions en injonction :
9. La présente ordonnance implique nécessairement que le préfet de l'Yonne munisse M. A, à titre provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête au fond, d'un document de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle. Il y a lieu de lui adresser une injonction en ce sens et de lui impartir à cet effet un délai d'un mois. Cette injonction n'a pas en revanche, à ce stade, à être assortie de l'astreinte également sollicitée par le requérant.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions accessoires présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision implicite de rejet opposée par le préfet de l'Yonne à la demande de carte de résident de M. A est suspendue.
Article 3 : Il est fait injonction au préfet de l'Yonne de délivrer à M. A, à titre provisoire, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond n° 2500361, un document de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle, cela dans le mois suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, au préfet de l'Yonne et à Me Hug.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon et, conformément aux dispositions de l'article R. 522-14 du code de justice administrative, au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Sens.
Fait à Dijon, le 20 février 2025.
Le président du tribunal, juge des référés,
David Zupan
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026