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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2500491

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2500491

mardi 18 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2500491
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantGUYON DAVID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 février 2025, M. A B, représenté par Me Guyon, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension, à tout le moins partielle, de l'exécution de l'arrêté, en date du 23 décembre 2024, par lequel la sous-préfète de Sens a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de quatre mois, cela en retenant, à titre principal, un moyen de légalité interne ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Yonne de lui restituer son permis de conduire dans les soixante-douze heures suivant la notification de l'ordonnance à venir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et sous la même astreinte

3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision litigieuse fait grief, il justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir et a saisi le tribunal dans le délai de recours, de sorte que sa requête est recevable ;

- la condition d'urgence est remplie, compte tenu de l'incidence de l'arrêté litigieux sur les conditions d'exercice de sa profession et sur sa vie familiale, cela alors que l'infraction relevée est sans rapport avec la consommation d'alcool ou de stupéfiants ;

- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué, lequel :

•est entaché d'un vice d'incompétence ;

•ne satisfait pas à l'exigence de motivation fixée par les articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;

•est entaché d'irrégularité, sans qu'ait été observée la procédure contradictoire préalable imposée par les articles L. 121-1 et L. 122-1 du même code ;

•est entaché d'une erreur de fait, la matérialité de l'infraction n'étant pas établie ;

•méconnaît l'article L. 224-2 du code de la route en ce que, d'une part, le cinémomètre utilisé ne présentait pas les garanties de fiabilité requises et, d'autre part, la mesure litigieuse a été prise après l'expiration du délai de soixante-douze heures prévu par ce texte ;

•méconnaît l'article 20 de l'arrêté du 4 juin 2009 relatif aux cinémomètres de contrôle routier ;

•méconnait l'article 25 du même arrêté ;

•méconnaît l'article 31 du décret n° 2001-387 du 3 mai 2001 relatif au contrôle des instruments de mesure ;

• procède d'une erreur d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond enregistrée le 17 février 2025 sous le n° 250049Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté, en date du 23 décembre 2024, par lequel la sous-préfète de Sens a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de quatre mois en conséquence d'une infraction commise la veille à Subligny.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du même code dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes qui sont tributaires de lui, caractérisent une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.

4. M. B fait valoir que l'arrêté attaqué met en péril la poursuite de son activité professionnelle ainsi que sa vie privée et familiale, l'exposant ainsi à un grave préjudice financier et à une situation d'isolement social. Toutefois, le requérant, dont le métier est sédentaire et dont le lieu de travail se situe à 2 kilomètres de son domicile, ne démontre en rien le risque allégué de perte d'emploi ou même d'altération sensible de ses conditions de travail. En se bornant à faire valoir qu'il s'est vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé, que ses trois enfants sont scolarisés ou suivent des activités sportives dans des établissements distants d'une douzaine de kilomètres et que son épouse travaille quant à elle à une heure de route, M. B n'apporte aucun élément sérieux de nature à établir qu'il lui serait impossible, pendant les deux mois restant à courir de suspension de son permis de conduire, d'organiser différemment les déplacements professionnels et familiaux, au besoin en faisant appel à des concours extérieurs de proches ou de voisins, aux services de prestataires de transports ou à la location d'un véhicule sans permis. Dans ces conditions, et compte tenu de l'intérêt public qui s'attache à la préservation de la sécurité routière, avec laquelle est incompatible le comportement routier de M. B, verbalisé pour avoir circulé à 134 kilomètres / heures sur une portion de voie où la vitesse était limitée à 90 kilomètres / heure, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et sa demande accessoire tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens, doit être rejetée selon la modalité prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée pour information au préfet de l'Yonne.

Fait à Dijon le 18 février 2025.

Le président du tribunal, juge des référés,

David Zupan

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière

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