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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2500512

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2500512

mercredi 19 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2500512
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a été saisi par Mme B, ressortissante italienne incarcérée, d’un recours en excès de pouvoir contre une décision qu’elle qualifiait d’obligation de quitter le territoire français. Après instruction, il est apparu que la mesure contestée était en réalité une peine complémentaire d’interdiction du territoire français de dix ans, prononcée par le tribunal judiciaire de Dijon le 18 octobre 2024. Le juge administratif a constaté que l’annulation d’une telle peine pénale relève de la compétence exclusive des juridictions de l’ordre judiciaire. En application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée comme portée devant une juridiction manifestement incompétente.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 février 2025, Mme A B, alors incarcérée à la maison d'arrêt de Dijon, conteste une " OQTF " (obligation de quitter le territoire français) qui aurait été prononcée à son encontre le 18 octobre 2024.

En réponse à une mesure d'instruction du Tribunal, des pièces produites par le préfet de la Côte-d'Or ont été enregistrées le 18 février 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code pénal ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Blacher, premier conseiller, pour exercer les fonctions juridictionnelles régies par l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ".

2. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 641-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La peine d'interdiction du territoire français susceptible d'être prononcée contre un étranger coupable d'un crime ou d'un délit est régie par les dispositions des articles 131-30 et 131-30-2 du code pénal ".

3. Enfin, aux termes de l'article 131-30 du code pénal : " La peine d'interdiction du territoire français peut être prononcée, à titre définitif ou pour une durée de dix ans au plus, à l'encontre de tout étranger coupable d'un crime, d'un délit puni d'une peine d'emprisonnement d'une durée supérieure ou égale à trois ans ou d'un délit pour lequel la peine d'interdiction du territoire français est prévue par la loi () ".

4. Eu égard à l'imprécision de la requête, qui n'était en outre accompagnée d'aucune pièce, une mesure d'instruction a été adressée au préfet de la Côte-d'Or en vue d'obtenir communication, le cas échéant, d'une décision administrative concernant Mme B. Il ressort des pièces transmises par le préfet de la Côte-d'Or que Mme B, ressortissante de nationalité italienne, a été condamnée par un jugement correctionnel du tribunal judiciaire de Dijon du 18 octobre 2024 à une peine de dix mois d'emprisonnement, assortie d'une peine complémentaire d'interdiction du territoire français pour une durée de dix ans. La requérante doit donc être regardée comme demandant au tribunal administratif d'annuler l'interdiction judiciaire du territoire français prononcée à son encontre. Or, de telles conclusions, qui visent à solliciter l'annulation d'une peine complémentaire à la peine principale d'emprisonnement prononcée par le juge pénal, relèvent de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. Elles ne peuvent, par suite, qu'être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaitre, en application des dispositions précitées du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie pour information en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or.

Fait à Dijon, le 19 février 2025.

Le magistrat désigné,

S. Blacher

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière

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