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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2503420

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2503420

lundi 13 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2503420
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Dijon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'exécution de la décision du 15 juillet 2025 de la commission de l'académie de Dijon. Cette décision confirmait le refus d'autorisation d'instruction dans la famille pour l'enfant A... E... au titre de l'année scolaire 2025-2026. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, les requérants n'apportant pas de justifications suffisantes sur l'atteinte grave et immédiate à la situation de leur fille. La requête a été rejetée par ordonnance motivée, sans audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 septembre 2025 M. B... E... et Mme C... D... demandent au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision, en date du 15 juillet 2025, par laquelle la commission de l’académie de Dijon compétente a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire formé à l’encontre de la décision du directeur académique des services de l’éducation nationale de la Nièvre refusant l’autorisation d’instruction dans la famille pour leur fille A... E... au titre de l’année scolaire 2025-2026 ;

2°) d’enjoindre au recteur de l’académie de Dijon de leur délivrer l’autorisation d’instruction sollicitée, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir.

Ils soutiennent que :


Sur la condition d’urgence :


- l’exécution de la décision en litige, qui va entraîner une rupture pédagogique et empêchera leur fille d’exercer certaines activités, préjudicie de manière grave et immédiate aux intérêts de cette dernière, et nuirait à son équilibre psychologique ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée

- le signataire de la décision attaquée est incompétent ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

. elle est entachée d’erreur de droit et d’erreur d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 131-5 4° du code de l’éducation ;

. elle méconnaît le principe d’égalité ;

. elle porte atteinte à l’intérêt supérieur de leur enfant, en violation de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant.


Vu
- la requête, enregistrée le 20 septembre 2025 sous le n° 2503419 tendant à l’annulation de la décision en litige ;
- les autres pièces du dossier ;


Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’éducation ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. M. E... et Mme D... demandent au juge des référés d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision, en date du 15 juillet 2025, par laquelle la commission de l’académie de Dijon a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire formé à l’encontre de la décision du directeur académique des services de l’éducation nationale de la Nièvre du 13 juin 2025 refusant l’autorisation d’instruction dans la famille pour leur fille A... E... au titre de l’année scolaire 2025-2026 ;

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Selon l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Aux termes, cependant, de l’article L. 522-3 : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Enfin, le premier alinéa de l’article R. 522-1 dispose : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes qui sont tributaires de lui, caractérisent une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l’ensemble des circonstances de l’affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.

4. M. E... et Mme D... font valoir que l’exécution de la décision en litige va entraîner une rupture pédagogique et empêchera leur fille d’exercer certaines activités, ce qui nuirait à son équilibre psychologique. Toutefois, de telles allégations ne caractérisent en rien l’urgence alléguée. Par ailleurs, le certificat médical à l’appui de leurs écritures, selon lequel l’instruction en famille serait pleinement adaptée à la personnalité de leur fille est rédigé dans des termes trop généraux et trop imprécis pour établir une réelle situation d’urgence. Dans ces conditions, et alors, au surplus, que le dossier de fond sera en principe jugé avant la fin de l’année 2025, la condition d’urgence qui, en la matière, n’est pas présumée et ne saurait se déduire de la nature même de la décision en litige, ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’existence de moyens propres à susciter un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions de M. E... et Mme D... tendant à la suspension de celle-ci ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions aux fins d’injonction doivent être rejetées selon la modalité prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. E... et Mme D... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... E... et Mme C... D....

Copie en sera adressée pour information à la rectrice de l’académie de Dijon.


Fait à Dijon, le13 octobre 2025.


La présidente du tribunal, juge des référés,



A-L CHENAL-PETER


La République mande et ordonne à la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
La greffière


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