jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2001797 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | POTRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2020, l'association Centre Athénas, représentée par Me Potrat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Jura en date du 5 novembre 2020 portant réglementation des activités d'intérêt général visant à réduire les dégâts causés par le gibier aux cultures, prairies, forêts et aux biens ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association Centre Athénas soutient que :
- l'arrêté attaqué n'a pas été précédé de la procédure de participation du public prévue à l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'en l'absence de communication de l'avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, il n'est pas possible de déterminer la date de la réunion et si la commission a pu se prononcer sur les objectifs et les enjeux de la décision ;
- le préfet ne pouvait pas se prévaloir de la circulaire du 31 octobre 2020 qui n'a pas été publiée ;
- le numéro de l'arrêté contesté est erroné ;
- l'arrêté attaqué méconnait le décret du 29 octobre 2020, alors en vigueur, dès lors qu'il autorise des rassemblements de plus de six personnes ;
- les dégâts causés par le sanglier, le chevreuil et le chamois dans le Jura ne permettent pas de justifier la nécessité d'autoriser le prélèvement de ces espèces ;
- les prescriptions de la décision attaquée n'ont pas été respectées par des participants autorisés à procéder à des prélèvements de gibier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mars 2021, le préfet du Jura conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que l'association Centre Athénas n'a pas intérêt lui donnant qualité pour agir et fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 ;
- la circulaire du 31 octobre 2020 relative à la mise en œuvre de dérogations au confinement en matière de régulation de la faune sauvage et de destruction d'espèces animales susceptibles d'occasionner des dégâts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 novembre 2020, le préfet du Jura a réglementé des activités d'intérêt général visant à réduire les dégâts causés par le gibier aux cultures, prairies, forêts et aux biens. L'association Centre Athénas demande l'annulation de cet arrêté.
Sur le cadre du litige :
2. D'une part, par un arrêté du préfet du Jura du 26 juin 2020, la période d'ouverture générale de la chasse à tir et de la chasse à vol a été fixée du 13 septembre 2020 au 28 février 2021. Ces activités de chasse ont été interrompues par l'application du I de l'article 3 du décret du 29 octobre 2020, alors en vigueur, qui dispose que : " Tout rassemblement, réunion ou activité sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public, qui n'est pas interdit par le présent décret, est organisé dans des conditions de nature à permettre le respect des dispositions de l'article 1er ". Aux termes du I de l'article 4, alors en vigueur, du même décret : " Tout déplacement de personne hors de son lieu de résidence est interdit à l'exception des déplacements pour les motifs suivants en évitant tout regroupement de personnes : () 8° Participation à des missions d'intérêt général sur demande de l'autorité administrative ". Par une circulaire du 31 octobre 2020, la ministre de la transition écologique a demandé aux préfets de département de prendre les mesures tendant à réduire les dégâts causés par le gibier aux cultures, prairies, forêts et aux biens dans des conditions qui permettent de ralentir la propagation du virus covid-19.
3. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article 11 du décret du 29 avril 2004 : " Le préfet de département a la charge de l'ordre public et de la sécurité des populations ". Aux termes de l'article L. 420-1 du code de l'environnement : " La gestion durable du patrimoine faunique et de ses habitats est d'intérêt général. La pratique de la chasse, activité à caractère environnemental, culturel, social et économique, participe à cette gestion et contribue à l'équilibre entre le gibier, les milieux et les activités humaines en assurant un véritable équilibre agro-sylvo-cynégétique ". En application de ces dispositions, le préfet du Jura a mis en œuvre ses pouvoirs de police afin d'autoriser la chasse, le piégeage et le prélèvement de différentes espèces animales non domestiques sur le territoire du département afin de réduire les dégâts causés par le gibier aux cultures, prairies, forêts et aux biens. Par suite, l'autorisation de poursuivre la chasse, le piégeage et le tir pendant l'état d'urgence sanitaire a pour objectif de préserver l'équilibre agro-sylvo-cynégétique et constitue ainsi une invitation faite par l'autorité administrative aux personnes pratiquant la chasse à participer à une mission d'intérêt général, permettant de façon dérogatoire les déplacements.
Sur la légalité de la décision attaquée :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 123-19-1 du code l'environnement : " I.- Le présent article définit les conditions et limites dans lesquelles le principe de participation du public, prévu à l'article 7 de la Charte de l'environnement, est applicable aux décisions, autres que les décisions individuelles, des autorités publiques ayant une incidence sur l'environnement lorsque celles-ci ne sont pas soumises, par les dispositions législatives qui leur sont applicables, à une procédure particulière organisant la participation du public à leur élaboration ". Il résulte de ces dispositions que les décisions administratives réglementaires qui ont une incidence sur l'environnement doivent être précédées d'une consultation du public. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que la régulation de la faune sauvage prévue par la décision attaquée est plus restrictive que celle prévue par l'arrêté du 26 juin 2020 du préfet du Jura fixant l'ouverture de la chasse. Or cet arrêté avait déjà fait l'objet d'une consultation du public du 2 au 22 juin 2020 préalablement à son adoption et il résulte des points 2 et 3 que l'arrêté était toujours en vigueur lors de l'adoption de la décision attaquée. Dès lors, il n'appartenait pas à l'autorité compétente de faire précéder la décision attaquée d'une nouvelle participation du public. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En deuxième lieu, en se bornant à soutenir qu'il appartient au préfet du Jura d'établir que le contenu de l'avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage devait comporter les éléments relatifs aux enjeux et aux objectifs de la décision, l'association Athenas n'apporte aucune précision permettant au juge d'apprécier le bien-fondé du moyen. En tout état de cause, l'avis de cette commission étant consultatif, les motifs qu'elle a retenus sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, l'attribution d'un numéro à une décision administrative n'est pas une condition de sa légalité. Le moyen ne pourra être qu'écarté.
7. En quatrième lieu, la circulaire du 31 novembre 2020, qui se borne à inviter les préfets de département à prendre des mesures en matière de régulation de la faune sauvage, ne constitue pas la base légale de la décision attaquée et celle-ci n'a pas été prise en application de la circulaire du 31 octobre 2020. Dès lors, les conditions de publication de cette circulaire sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Le moyen ne peut être qu'écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 420-1 du code de l'environnement, cité au point 3, la pratique de la chasse participe et contribue à l'équilibre entre le gibier, les milieux et les activités humaines. En application de ces dispositions, la décision attaquée autorise, sous certaines conditions, le prélèvement de sangliers, de chevreuils et de chamois. Il ressort des pièces du dossier que, sur l'année 2019, plus de la moitié des sangliers et des chevreuils et plus du tiers des chamois ont été prélevés au mois de novembre et décembre. En outre, au 5 novembre 2020, date de la décision attaquée, le préfet du Jura ne pouvait connaitre la date de fin de l'état d'urgence sanitaire. Ainsi, en estimant que devait être autorisée, dès le mois de novembre 2020 et sans attendre la fin de l'état d'urgence sanitaire, la chasse du sanglier, du chevreuil et du chamois, le préfet du Jura n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 420-1 du code de l'environnement. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. En dernier lieu, si l'association Centre Athénas soutient que, le 15 novembre 2020, les prescriptions de la décision attaquée n'ont pas été respectées par des participants autorisés à procéder à des prélèvements de gibier, cette circonstance relative aux conditions d'exécution de la décision attaquée est sans incidence sur sa légalité. Le moyen ne peut être qu'écarté.
10. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que l'association Centre Athénas n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté qu'elle conteste.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Centre Athénas est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Centre Athénas et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Jura.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Grossrieder, présidente,
Mme Besson, conseillère,
M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur,
J. B
La présidente,
S. Grossrieder
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026