LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2001867

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2001867

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2001867
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantMOREAU -NASSAR - HAN-KWAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 novembre 2020 et 16 juin 2021, l'association One Voice, représentée par Me Moreau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Territoire de Belfort en date du 5 novembre 2020 portant réglementation des activités d'intérêt général visant à réduire les dégâts causés par le gibier aux cultures, prairies, forêts et aux biens ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

L'association soutient que :

- sa requête est recevable ;

- le préfet du Territoire de Belfort n'était pas compétent pour assouplir les interdictions de rassemblements ou de déplacements ;

- l'arrêté attaqué n'a été précédé d'aucune procédure de participation du public en méconnaissance de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement ;

- il repose sur la circulaire du 31 octobre 2020 qui est entachée d'illégalité en ce qu'elle instaure une distinction entre la chasse de régulation et la chasse de loisir qui n'existe pas juridiquement ;

- il méconnait le décret du 29 octobre 2020, alors en vigueur, dès lors qu'il autorise des rassemblements de plus de six personnes ;

- la régulation des espèces visées dans la décision attaquée ne relève pas d'une mission d'intérêt général au regard des dégâts qu'elles causent ;

- l'application des dispositions de l'article L. 427-6 du code de l'environnement était plus adaptée à l'objectif recherché par la décision attaquée ;

- l'arrêté attaqué ne prévoit pas de sanction ;

- il est entaché de détournement de pouvoir en ce qu'il a uniquement pour vocation de permettre aux chasseurs d'exercer leur loisir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2021, le préfet du territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que l'association One Voice n'a pas qualité lui donnant intérêt à agir contre la décision attaquée et fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;

- le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 ;

- la circulaire du 29 octobre 2020 relative à la mise en œuvre de dérogations au confinement en matière de régulation de la faune sauvage et de destruction d'espèces animales susceptibles d'occasionner des dégâts ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de M. A,

- et les observations de Me Lutz, substituant Me Moreau, pour l'association One Voice.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 5 novembre 2020, le préfet du Territoire de Belfort a réglementé des activités d'intérêt général visant à réduire les dégâts causés par le gibier aux cultures, prairies, forêts et aux biens. L'association requérante demande l'annulation de cet arrêté.

Sur le cadre du litige :

2. D'une part, par un arrêté du préfet du Territoire de Belfort du 25 mai 2020, la période d'ouverture générale de la chasse à tir et de la chasse à vol a été fixée du 13 septembre 2020 au 28 février 2021. Ces activités de chasse ont été interrompues par l'application du I de l'article 3 du décret du 29 octobre 2020, alors en vigueur, qui dispose que : " Tout rassemblement, réunion ou activité sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public, qui n'est pas interdit par le présent décret, est organisé dans des conditions de nature à permettre le respect des dispositions de l'article 1er ". Aux termes du I de l'article 4, alors en vigueur, du même décret : " Tout déplacement de personne hors de son lieu de résidence est interdit à l'exception des déplacements pour les motifs suivants en évitant tout regroupement de personnes : () 8° Participation à des missions d'intérêt général sur demande de l'autorité administrative. ". Par une circulaire du 31 octobre 2020, la ministre de la transition écologique a demandé aux préfets de département de prendre les mesures tendant à réduire les dégâts causés par le gibier aux cultures, prairies, forêts et aux biens dans des conditions qui permettent de ralentir la propagation du virus covid-19.

3. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article 11 du décret du 29 avril 2004 : " Le préfet de département a la charge de l'ordre public et de la sécurité des populations ". Aux termes de l'article L. 420-1 du code de l'environnement : " La gestion durable du patrimoine faunique et de ses habitats est d'intérêt général. La pratique de la chasse, activité à caractère environnemental, culturel, social et économique, participe à cette gestion et contribue à l'équilibre entre le gibier, les milieux et les activités humaines en assurant un véritable équilibre agro-sylvo-cynégétique ". En application de ces dispositions, le préfet du Territoire de Belfort a mis en œuvre ses pouvoirs de police afin d'autoriser la chasse, le piégeage et le prélèvement de différentes espèces animales non domestiques sur le territoire du département afin de réduire les dégâts causés par le gibier aux cultures, prairies, forêts et aux biens. Par suite, l'autorisation de poursuivre la chasse, le piégeage et le tir pendant l'état d'urgence sanitaire a pour objectif de préserver l'équilibre agro-sylvo-cynégétique et constitue ainsi une invitation faite par l'autorité administrative aux personnes pratiquant la chasse à participer à une mission d'intérêt général, permettant de façon dérogatoire les déplacements.

Sur la légalité de la décision attaquée :

4. En premier lieu, il résulte des dispositions citées aux points précédents que le préfet du Territoire de Belfort était compétent pour prendre des mesures de police qui dérogent à l'interdiction de déplacement, alors en vigueur, afin de mettre en œuvre une mission d'intérêt général. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement : " I.- Le présent article définit les conditions et limites dans lesquelles le principe de participation du public, prévu à l'article 7 de la Charte de l'environnement, est applicable aux décisions, autres que les décisions individuelles, des autorités publiques ayant une incidence sur l'environnement lorsque celles-ci ne sont pas soumises, par les dispositions législatives qui leur sont applicables, à une procédure particulière organisant la participation du public à leur élaboration ". Il résulte de ces dispositions que les décisions administratives qui ont une incidence sur l'environnement doivent être précédées d'une consultation du public. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que la régulation de la faune sauvage prévue par la décision attaquée est plus restrictive que celle prévue par l'arrêté du 25 mai 2020 du préfet du Territoire de Belfort fixant l'ouverture de la chasse. Or cet arrêté avait déjà fait l'objet d'une consultation du public du 30 avril au 21 mai 2020 préalablement à son adoption et il résulte des points 2 et 3 que l'arrêté était toujours en vigueur lors de l'adoption de la décision attaquée. Dès lors, il n'appartenait pas à l'autorité compétente de faire précéder la décision attaquée d'une nouvelle participation du public. Par suite, le moyen doit être écarté.

6. En troisième lieu, l'illégalité d'un acte administratif réglementaire ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application de cet acte réglementaire ou s'il en constitue la base légale. Une telle exception peut être formée à toute époque, même après l'expiration du délai du recours contentieux contre cet acte. La circulaire du 31 octobre 2020, qui se borne à inviter les préfets à prendre des mesures en matière de régulation de la faune sauvage, ne constitue pas la base légale de la décision attaquée et celle-ci n'a pas été prise en application de la circulaire du 31 octobre 2020. En tout état de cause, il résulte du point 4 que le préfet du Territoire de Belfort dispose du pouvoir de réglementer la chasse sur son territoire indépendamment de toute instruction du ministre en charge de la chasse. Par suite, l'exception d'illégalité soulevée ne peut être qu'écartée.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 420-1 du code de l'environnement, cité au point 3, la pratique de la chasse participe et contribue à l'équilibre entre le gibier, les milieux et les activités humaines. Aux termes de l'article R. 425-1-1 du même code : " Le plan de chasse est obligatoire pour les cerfs élaphes, daims, mouflons, chamois, isards et chevreuils ". Aux termes de l'article R. 427-6 du même code, les conditions de prélèvement des espèces animales classées susceptibles d'occasionner des dégâts sont fixées par le ministre chargé de la chasse. Il résulte de ces dispositions que la chasse des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts et celle faisant l'objet d'un plan de chasse sont présumées être d'intérêt général lorsqu'elles sont réalisées dans les conditions prévues par ces dispositions. Ainsi, il n'appartient à l'autorité compétente de démontrer la réalité des dégâts occasionnés que par les seules espèces qui ne sont pas classées susceptibles d'occasionner des dégâts ou concernées par un plan de chasse.

8. En application de ces dispositions, la décision attaquée autorise le prélèvement de certaines espèces en se fondant sur " l'expansion des populations d'ongulés et de corvidés dans le département, à l'origine de dégâts conséquents causés à l'activité agricole et à l'activité forestières " et " la nécessité de prévenir ou de réduire les dommages occasionnés par les espèces de sangliers, chevreuils, chamois, cerfs, daims, blaireaux, corbeau freux, corneilles noires, renards, fouines et autres espèces classées " susceptibles d'occasionner des dégâts " aux activités agricoles et forestières et aux biens des professionnels et des particuliers ". A cet égard, il ressort des pièces du dossier que le sanglier provoque des dégâts dans les cultures et pour des coûts qui sont en essor constant depuis 2014. De même, le chamois, qui fait l'objet d'un plan de chasse, consomme des jeunes pousses dans des parties localisées du département et son prélèvement se limite aux conditions prévues par le plan de chasse. Par ailleurs, les dégâts causés par le corbeau freux et la corneille noire ont généré 43 plaintes par des agriculteurs et un montant estimé à 67 590 euros de frais de réparation sur la période 2014 à 2018. Le prélèvement du blaireau est limité en cas de dégâts signalés et à l'occasion des opérations d'affût ou de battue du gros gibier. Enfin, le cerf et le daim causent des dégâts aux forêts et ils ne peuvent être prélevés que dans les conditions fixées par le plan de chasse. Ainsi, le prélèvement des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts n'excède pas les conditions prévues par l'arrêté du ministre de la transition écologique et solidaire du 3 juillet 2019 pris en application de l'article R. 427-6 ci-dessus mentionné. Dans ces conditions, le préfet du Territoire de Belfort n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 420-1 du code de l'environnement en autorisant la chasse des espèces visées par l'arrêté. Par suite, le moyen doit être écarté.

9. En cinquième lieu, en application de l'article L. 427-6 du code de l'environnement, le représentant de l'Etat peut procéder à des opérations de destruction de spécimens d'espèces non domestiques dans des conditions déterminées. Si l'association One Voice soutient que l'application de ces dispositions aurait été plus adaptée à l'objectif de réduire les dégâts causés par le gibier aux cultures, prairies, forêts et aux biens, il ressort des pièces du dossier que les prélèvements autorisés ne vont pas au-delà de ceux qui auraient été réalisés si l'activité de chasse n'avait pas été interrompue par les mesures prises par le décret du 29 octobre 2020. Dans ces conditions, les mesures prises pour réduire les dégâts causés par le gibier sont adaptées à l'objectif recherché. Par suite, le moyen doit être écarté.

10. En sixième lieu, si l'association One Voice soutient que l'arrêté attaqué ne prévoit aucune sanction, il n'existe aucune disposition législative ou réglementaire qui impose à l'autorité administrative de prescrire des sanctions applicables en cas de méconnaissance des mesures qu'elle édicte. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.

11. En dernier lieu, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.

12. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que l'association One Voice n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de l'association One Voice est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association One Voice et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Territoire de Belfort.

Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Grossrieder, présidente,

Mme Besson, conseillère,

M. Seytel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.

Le rapporteur,

J. B

La présidente,

S. GrossriederLa greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière(DEF)(/DEF)

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions