lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2002090 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GAY YANNICK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 décembre 2020, l'association Arbois ULM, représentée par Me Gay, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la communauté de communes Arbois Poligny Salins Cœur du Jura a décidé de ne pas prendre en charge la facture d'eau de 3 940,36 euros émise à son encontre le 14 mai 2019 par la société de gérance de distribution d'eau ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes Arbois Poligny Salins Cœur du Jura de lui verser la somme de 3 940,36 euros correspondant au montant de la facture d'eau acquittée, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 30 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Arbois Poligny Salins Cœur du Jura la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée, qui retire une décision créatrice de droits plus de quatre mois après son édiction, est illégale au regard de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation au regard du 4° de l'article L. 211-2 du même code ;
- la décision contestée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence de respect du principe du contradictoire prévu à l'article L. 122-1 du même code.
La requête a été notifiée à la communauté de communes Arbois Poligny Salins Cœur du Jura qui n'a pas produit d'observations malgré la mise en demeure qui lui a été adressée à cet effet le 16 août 2021.
Par un courrier du 18 mai 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence du juge administratif pour se prononcer sur un litige concernant une relation contractuelle entre une personne privée et une communauté de communes portant sur le domaine privé de la collectivité territoriale.
Par un mémoire enregistré le 30 mai 2022, l'association Arbois ULM, représentée par Me Gay, a présenté ses observations à la suite de la communication du moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guitard, première conseillère,
- et les conclusions de M. Poitreau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Arbois ULM a conclu, le 18 juillet 2011, un contrat de bail avec la communauté de communes Arbois Poligny Salins Cœur du Jura concernant un bien immobilier appartenant à son domaine privé comprenant notamment un hangar destiné à entreposer les appareils ULM et un chalet en bois abritant un bureau et des sanitaires qui sont raccordés au réseau d'alimentation en eau. Par un courriel du 15 mai 2020, l'association locataire Arbois ULM a transmis à la communauté de communes Arbois Poligny Salins Cœur du Jura bailleuse un devis pour la réfection extérieure du chalet. En réponse, par un courriel du 20 mai 2020, le responsable des pôles économie et urbanisme planification de la communauté de communes a informé l'association Arbois ULM qu'eu égard au montant élevé du devis d'entretien du chalet, il lui était proposé de prendre en charge le montant de 3 940,36 euros de la facture d'eau établie le 14 mai 2019 au nom de l'association et correspondant à une surconsommation générée par une fuite survenue en 2019 ainsi que l'achat de la lasure et du petit matériel pour la réfection de l'extérieur du chalet dans l'hypothèse où des membres de l'association pourraient réaliser eux-mêmes cette réfection. Par ce courriel, la communauté de communes souhaitait recueillir l'accord de l'association sur cette proposition. Par un courriel du 1er juillet 2020, le responsable des pôles économie et urbanisme planification de la communauté de communes a informé le défenseur des droits, qui avait été saisi par l'association, qu'à la suite d'une " récente rencontre " entre les représentants de la communauté de communes et ceux de l'association, il avait été décidé que la communauté de communes prendrait à sa charge la facture d'eau précitée. Par un courrier du 2 novembre 2020, le président de la communauté de communes Arbois Poligny Salins Cœur du Jura a toutefois informé la présidente de l'association Arbois ULM que la communauté de communes avait décidé, le 20 octobre 2020, de ne pas prendre en charge la facture d'eau précitée, déjà réglée par l'association à la société de gérance de distribution d'eau (SOGEDO), mais d'assumer, en sa qualité de propriétaire, les dépenses liées à l'entretien du chalet. L'association Arbois ULM demande au tribunal d'annuler le retrait par la communauté de communes Arbois Poligny Salins Cœur du Jura de sa décision de prendre en charge la facture d'eau précitée.
2. Il résulte de ce qui précède que la contestation de l'association Arbois ULM porte sur une décision par laquelle la communauté de communes Arbois Poligny Salins Cœur du Jura a refusé de prendre en charge la facture d'eau de sa locataire et non directement sur la facturation par la SOGEDO de la consommation d'eau des locaux loués par la requérante. Une telle décision n'est pas détachable du contrat de bail conclu pour un bien appartenant au domaine privé de la collectivité territoriale et n'affecte ni le périmètre ni la consistance dudit domaine privé. Dès lors, cette contestation ressortit à la compétence de l'ordre de juridiction judiciaire. Par suite, la requête de l'association Arbois ULM doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
DECIDE :
Article 1er : La requête de l'association Arbois ULM est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Arbois ULM et à la communauté de communes Arbois Poligny Salins Cœur du Jura.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Trottier, président,
- M. Charret, premier conseiller,
- Mme Guitard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 4 juillet 2022.
La rapporteure,
F. GuitardLe président,
T. Trottier
La greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026