jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2100418 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BERTIN BRIGITTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mars 2021, Mme C B, représentée par Me Bertin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 novembre 2020 par laquelle le préfet du Jura a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Jura de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans un délai de huit jours suivant la même notification, une autorisation provisoire de séjour " avec droit au travail " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que la décision de refus de séjour attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation et d'une erreur de droit dès lors que le préfet n'a pas examiné sa situation professionnelle et lui a opposé des conditions de délivrance non légalement prévues par l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, enfin, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2022, le préfet du Jura conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante albanaise née le 30 septembre 1996, est entrée irrégulièrement en France avec ses parents et ses quatre frères et sœurs, le 10 avril 2017. L'intéressée a présenté une demande d'asile qui a été rejetée le 16 août 2017 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), puis le 26 décembre 2017 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par un arrêté du 2 février 2018, le préfet du Jura a fait obligation à Mme B, ainsi qu'à ses parents, de quitter le territoire français. Par un nouvel arrêté du 8 septembre 2020, le préfet du Jura a une nouvelle fois fait obligation à Mme B de quitter le territoire français en fixant le pays de renvoi et a, en outre, prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un deuxième arrêté du 22 septembre 2020, le préfet du Jura a assigné l'intéressée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Les requêtes de Mme B tendant à l'annulation des arrêtés des 8 et 22 septembre 2020 ont été rejetées par un jugement du tribunal administratif de Besançon rendu le 29 septembre 2020 sous les nos 2001384 et 2001438, confirmé par la cour administrative d'appel de Nancy, par un arrêt du 5 octobre 2021. Enfin, le 22 septembre 2020, Mme B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile désormais codifié à l'article L. 435-1 de ce code. Par une décision du 9 novembre 2020, dont l'intéressée demande l'annulation, le préfet du Jura a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, la décision de refus de séjour relate les conditions et la durée de séjour de l'intéressée en France. Alors même qu'elle ne reprendrait pas l'ensemble des arguments de l'intéressée tenant à sa maîtrise du français, les risques encourus dans son pays et son expérience bénévole et professionnelle, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle n'a dès lors pas méconnu les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifié à l'article L. 435-1 de ce code : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 () ".
4. D'une part, bien qu'en mentionnant, dans sa décision, que la requérante ne disposait pas de " ressources pérennes " et qu'elle ne remplissait " pas les critères de séjour en France ", le préfet du Jura ne saurait être regardé comme ayant omis de procéder à un examen complet de la situation de Mme B mais a au contraire pris en compte la situation d'ensemble de l'intéressée, et, notamment, ses conditions de séjour, pour considérer que son admission au séjour ne répondait pas à des considérations humanitaires et n'était pas davantage justifiée au regard de motifs exceptionnels. Dans cet examen, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas également pris en considération sa situation professionnelle ou lui aurait opposé des conditions non légalement prévues par les dispositions précitées. Les moyens invoqués à ce titre par la requérante doivent par suite être écartés.
5. D'autre part, la requérante soutient qu'elle bénéficie d'une solide expérience professionnelle en qualité, notamment, d'agent polyvalent dans un bar ainsi que dans la restauration rapide en Albanie, qu'elle a suivi des cours de français et qu'elle participe à diverses activités associatives et sportives. Toutefois, au regard de ces seuls éléments et des conditions de séjour de Mme B telles qu'elles ont été évoquées au point 1, le préfet du Jura n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que son admission au séjour ne répondait pas à des considérations humanitaires et n'était pas davantage justifiée au regard de motifs exceptionnels et en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'a pas davantage, dans les circonstances particulières de l'espèce, commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cet arrêté sur la situation personnelle de l'intéressée.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 9 novembre 2020 attaqué. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au préfet du Jura.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022 à laquelle siégeaient :
- Mme Grossrieder, présidente,
- Mme Besson, conseillère,
- M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
M. ALa présidente,
S. GrossriederLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026