mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2100537 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SOLER-COUTEAUX SELARL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 mars, 26 mai, 11 juin 2021 et 18 mai 2022, Mme B C et M. D A, représentés par Me Gillig, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision révélée par le document du 19 mars 2021 par laquelle la maire de la commune de Mailleroncourt-Charette a décidé de remettre en fonctionnement les cloches de l'église entre 23 heures et 7 heures ;
2°) d'enjoindre au maire de faire cesser le tintement des cloches entre 23 heures et 7 heures ;
3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision actant la remise en fonctionnement des cloches de 23 heures à 7 heures a été prise par le conseil municipal, autorité incompétente, et non par le maire ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles R. 1334-30 à R. 1334-7 du code de la santé publique ;
- elle méconnaît les dispositions de la loi du 29 janvier 2021 visant à définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises ;
- elle est constitutive d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 mai et 30 juin 2021, la commune de Mailleroncourt-Charette conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 mai 2023.
Un mémoire produit par la commune de Mailleroncourt-Charrette a été enregistré le 6 novembre 2023 soit postérieurement à la clôture d'instruction
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Poitreau, premier conseiller, pour présider la première chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Diebold, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C et M. A sont propriétaires depuis 2001, sur le territoire de la commune de Mailleroncourt-Charrette, d'une maison d'habitation qui jouxte l'église. Les habitants de la commune ont été consultés afin de savoir s'ils étaient favorables à ce que les cloches de l'église sonnent à nouveau toutes les heures. Ils ont été invités à répondre à cette consultation par un bulletin dédié avant le 19 mars 2021. Les résultats de cette consultation ont été annoncés dans un document signé par la Maire, daté du 19 mars 2021, et annonçant la reprise du tintement des cloches compte-tenu du résultat favorable de la consultation. Par une délibération du 9 avril 2021, affichée le 15 avril 2021, le conseil municipal a décidé de remettre en fonctionnement les cloches, au motif que le référendum ayant abouti à 108 réponses favorables sur 130 bulletins distribués. Les requérants demandent l'annulation la décision révélée dans le document du 19 mars 2021 et par laquelle la maire de la commune de Mailleroncourt-Charette a décidé de remettre en fonctionnement les cloches de l'église entre 23 heures et 7 heures.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 50 du décret du 16 mars 1906 : " L'arrêté pris dans chaque commune par le maire à l'effet de régler l'usage des cloches tant pour les sonneries civiles que pour les sonneries religieuses est communiqué au président ou directeur de l'association cultuelle ". Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique () ".
3. En l'espèce, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision qu'ils attaquent, soit la décision du 19 mars 2021 prise par la maire de la commune, aurait été prise par une autorité incompétente en faisant état, au soutien de leur argumentation, de la délibération du conseil municipal adoptée, ainsi qu'il a été précédemment exposé, le 9 avril 2021. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise par une autorité incompétente au regard des dispositions visé au point 2 ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 1336-4 du code de la santé publique, dans sa version applicable depuis le 10 août 2017 : " Les dispositions des articles R. 1336-5 à R. 1336-11 s'appliquent à tous les bruits de voisinage à l'exception de ceux qui proviennent des infrastructures de transport et des véhicules qui y circulent, des aéronefs, des activités et installations particulières de la défense nationale, des installations nucléaires de base, des installations classées pour la protection de l'environnement ainsi que des ouvrages des réseaux publics et privés de transport et de distribution de l'énergie électrique soumis à la réglementation prévue à l'article 19 de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie ".
Aux termes de l'article R. 1336-5 du même code, dans sa version applicable depuis le 10 août 2017 : " Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme, dans un lieu public ou privé, qu'une personne en soit elle-même à l'origine ou que ce soit par l'intermédiaire d'une personne, d'une chose dont elle a la garde ou d'un animal placé sous sa responsabilité ". Aux termes de l'article R. 1336-7 du même code, dans sa version applicable depuis le 10 août 2017 : " Les valeurs limites de l'émergence sont de 5 décibels pondérés A en période diurne (de 7 heures à 22 heures) et de 3 décibels pondérés A en période nocturne (de 22 heures à 7 heures), valeurs auxquelles s'ajoute un terme correctif en décibels pondérés A, fonction de la durée cumulée d'apparition du bruit particulier :/ 1° Six pour une durée inférieure ou égale à 1 minute, la durée de mesure du niveau de bruit ambiant étant étendue à 10 secondes lorsque la durée cumulée d'apparition du bruit particulier est inférieure à 10 secondes ; / 2° Cinq pour une durée supérieure à 1 minute et inférieure ou égale à 5 minutes ; / 3° Quatre pour une durée supérieure à 5 minutes et inférieure ou égale à 20 minutes ; / 4° Trois pour une durée supérieure à 20 minutes et inférieure ou égale à 2 heures ; . 5° Deux pour une durée supérieure à 2 heures et inférieure ou égale à 4 heures ; /6° Un pour une durée supérieure à 4 heures et inférieure ou égale à 8 heures ; / 7° Zéro pour une durée supérieure à 8 heures ".
5. Il appartient au maire, en vertu des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales et du code de la santé publique, de prendre les mesures appropriées pour empêcher ou faire cesser, sur le territoire de sa commune, les bruits excessifs de nature à troubler le repos des habitants.
6. Il ne ressort pas des pièces versées au dossier, que la sonnerie horaire en période nocturne au sens des dispositions précitées du code de la santé publique est, par son niveau sonore et sa durée, constitutive d'une nuisance de nature à troubler la tranquillité du voisinage. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la maire a méconnu ces dispositions en décidant la reprise de ces sonneries.
7. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée soit fondée sur les dispositions de la loi du 29 janvier 2021 visant à définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises, et ce alors même qu'elles auraient été évoquées par un conseiller municipal à l'occasion de l'adoption de la délibération précédemment évoquée du 9 avril 2021. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut donc qu'être écarté.
8. En dernier lieu, si les requérants inscrivent la décision de reprise de la sonnerie nocturne des cloches dans un contexte de tensions relationnelles avec la maire de la commune, il résulte de l'instruction que la décision de restaurer cette sonnerie fait suite à une consultation des habitants de la commune qui se sont déclarés très majoritairement favorables à une telle mesure. Dans ce contexte et alors que les requérants ne font état d'aucun élément propre à justifier de ce que la décision attaquée aurait été inspirée par d'autres considérations que celles consistant à se conformer à un souhait majoritaire de la population, le moyen tiré de ce que cette décision procéderait d'un détournement de pouvoir doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des requérants doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
11. Les conclusions principales étant rejetées, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction le seront également.
Sur les frais liés au litige :
12. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
13. Ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Mailleroncourt-Charette, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée par les requérants.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme C et de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, M. D A et à la commune de Mailleroncourt-Charette.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Poitreau, premier conseiller faisant fonction de président,
- Mme Diebold, première conseillère,
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.
La rapporteure,
N. DieboldLe premier conseiller faisant fonction de président,
G. Poitreau
La greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026