mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2100691 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GAY YANNICK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 avril 2021 et 27 juin 2022, Mme A C, veuve B, représentée par Me Gay, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mars 2021 par lequel le maire de Saligney a créé deux places de stationnement pour véhicules de tourisme sur le chemin de la Source situé sur le territoire de cette commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saligney la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;
- la création des places de stationnement, qui réduit la largeur de la voie publique à moins de trois mètres, en violation de l'article 4 de l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation, et ne permet plus le passage et le retournement des engins de secours et de lutte contre l'incendie, porte atteinte à la sécurité publique ;
- l'arrêté est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2022, le maire de la commune de Saligney conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guitard, première conseillère,
- les conclusions de M. Poitreau, rapporteur public,
- et les observations de Me Lutz, pour la commune de Saligney.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 15 mars 2021, le maire de Saligney a créé deux places de stationnement pour véhicules de tourisme sur le chemin de la Source, voie publique communale située sur le territoire de sa commune. Mme B, riveraine de cette voie, demande l'annulation de cet arrêté municipal.
Sur l'étendue du litige :
2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
3. Il ressort des pièces du dossier qu'en cours d'instance, le maire de Saligney a retiré l'arrêté contesté du 15 mars 2021 et l'a remplacé par un arrêté ayant la même portée en date du 23 décembre 2021. Ce retrait étant devenu définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande tendant à l'annulation de l'arrêté municipal du 15 mars 2021 mais les conclusions de la requête doivent être regardées comme dirigées contre l'arrêté du 23 décembre 2021.
Sur la légalité de l'arrêté municipal du 23 décembre 2021 :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation et de la protection de l'environnement : () 2° Réglementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains ; () ". Dans l'exercice des pouvoirs de police qui lui sont ainsi confiés, il appartient au maire de prendre les mesures nécessaires pour concilier les droits de l'ensemble des usagers de la voie publique et les contraintes liées, le cas échéant, à la circulation et au stationnement de leurs véhicules.
5. D'autre part, en application des dispositions combinées des articles 3 et 4 de l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation, les voies utilisables par les engins des services de secours et de lutte contre l'incendie doivent être d'une largeur de trois mètres, hors bandes réservées au stationnement.
6. Il ressort des pièces du dossier et en particulier du constat dressé par un huissier de justice à la demande de Mme B le 14 avril 2021, que le chemin de la Source, sur sa partie carrossable, voit sa largeur varier entre 4,16 m et 5,62 m. Le plan produit par la commune matérialisant les emplacements de stationnement créés par l'arrêté contesté fait apparaître que ceux-ci, d'une largeur de 2,30 m, sont positionnés sur une portion de la voie qui, à son point le plus étroit, fait cinq mètres de large, ce qui ne permet pas de conserver la largeur minimale de voie de circulation de trois mètres requise pour le passage des engins des services de secours et de lutte contre l'incendie et de garantir l'accès par ceux-ci à la dernière propriété située sur cette voie, soit l'habitation de la requérante. Par suite, la création des deux places de stationnement sur le chemin de la Source par l'arrêté contesté ne répond pas aux nécessités de la circulation et, en prenant cet arrêté, le maire de Saligney a commis une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté municipal contesté.
Sur les frais liés au litige :
8. D'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saligney la somme de 1 500 euros que Mme B demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
9. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante à l'instance, quelque somme que ce soit au profit de la commune de Saligney au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du maire de Saligney en date du 15 mars 2021.
Article 2 : L'arrêté du 23 décembre 2021 par lequel le maire de Saligney a créé deux places de stationnement pour véhicules de tourisme sur le chemin de la Source situé sur le territoire de cette commune est annulé.
Article 3 : La commune versera la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Saligney au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, veuve B et à la commune de Saligney.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Jura.
Délibéré après l'audience du 21 février 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Trottier, président,
- Mme Guitard, première conseillère,
- Mme Diebold, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 mars 2023.
La rapporteure,
F. GuitardLe président,
T. Trottier
La greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
1
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026