jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2100869 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PHILIPPE PETIT ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 mai et 26 octobre 2021, la commune de Lavans-Quingey, représentée par DSC avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté conjoint du 21 janvier 2021 par lequel la présidente du conseil départemental du Doubs et le préfet du Doubs ont approuvé le schéma départemental pour l'accueil et l'habitat des gens du voyage du Doubs pour la période 2021-2026, ensemble la décision du 30 mars 2021 par laquelle le préfet du Doubs a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge du département du Doubs et de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Lavans-Quingey soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il appartient aux auteurs de la décision de démontrer que la commission départementale consultative des gens du voyage du 23 septembre 2019 s'est réunie avec une composition régulière et que le quorum était atteint, et qu'elle n'était pas suffisamment informée sur le contenu du projet ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que le schéma ne comporte pas les annexes prévues aux dispositions de l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 qui subordonne l'élaboration du schéma départemental à une évaluation préalable des besoins existants ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la localisation de l'aire d'accueil sur le territoire de la commune de Lavans-Quingey et au regard du nombre d'habitants de cette commune.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2021, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que l'avocat représentant la commune ne disposait pas d'un mandat lui permettant d'agir au nom et pour le compte de la requérante et fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2021, le département du Doubs, représenté par la SELARL cabinet d'avocats Philippe Petit et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la commune de Lavans-Quingey la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le département du Doubs soutient que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- la loi du n° 2000-614 du 5 juillet 2000 ;
- le décret n° 2001-540 du 25 juin 2001;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. A,
- les observations de Me Maillard-Salin, pour la commune de Lavans-Quingey et de Me Villard, pour le département du Doubs.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté conjoint du 21 janvier 2021, la présidente du conseil départemental du Doubs et le préfet du Doubs ont approuvé le schéma départemental pour l'accueil et l'habitat des gens du voyage du Doubs pour la période 2021-2026. Le 5 mars 2021, la commune de Lavans-Quingey a formé contre cet arrêté un recours gracieux, qui a été rejeté par le préfet du Doubs le 30 mars 2021. La commune de Lavans-Quingey demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur la légalité de la décision attaquée :
2. En premier lieu, en se bornant à soutenir qu'il appartient au préfet et au conseil départemental du Doubs de justifier de la régularité de la composition de la commission départementale consultative réunie le 23 septembre 2021 et du respect de la règle de quorum fixée par les articles 1er et 4 du décret du 25 juin 2001, la commune de Lavans-Quingey n'apporte aucune précision permettant au juge d'apprécier le bien-fondé du moyen. Par suite, la première branche du moyen tiré du vice de procédure doit être écartée.
3. En deuxième lieu, aux termes du deuxième paragraphe du B de l'article 2 de la loi du 5 juillet 2000 : " L'établissement public de coopération intercommunale compétent remplit ses obligations en créant, en aménageant, en entretenant et en assurant la gestion des aires et terrains dont le schéma départemental a prévu la réalisation sur son territoire. Il peut retenir un terrain d'implantation pour une aire ou un terrain situé sur le territoire d'une commune membre autre que celle figurant au schéma départemental, à la condition qu'elle soit incluse dans le même secteur géographique d'implantation ". Il résulte de ces dispositions que l'objet du schéma départemental n'est pas de déterminer l'emplacement précis des aires d'accueil destinées aux gens du voyage. Ainsi, la commune requérante ne peut utilement soutenir qu'elle devait être informée du lieu d'implantation du terrain familial locatif envisagé lors de la réunion au cours de laquelle la commission consultative s'est prononcée sur le projet de schéma. Par suite, la seconde branche du moyen tiré du vice de procédure doit également être écartée.
4. En troisième lieu, il résulte du quatrième paragraphe du II de l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 que, lorsqu'il existe sur le territoire du département des terrains privés aménagés pour l'installation de résidences mobiles et des terrains mis à la disposition des gens du voyage par leurs employeurs, ces terrains doivent être recensés en annexe du schéma départemental pour l'accueil et l'habitat des gens du voyage. À ce titre, le préfet du Doubs et la présidente du conseil départemental du Doubs font valoir, dans leurs écritures, sans être utilement contestés, qu'il n'existe aucun terrain de cette nature sur le territoire du département. Dans ces conditions, la décision attaquée n'avait pas à inclure un quelconque terrain dans les annexes prévues par l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 et le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes du II de l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 : " Dans chaque département, au vu d'une évaluation préalable des besoins et de l'offre existante, notamment () des possibilités de scolarisation des enfants, d'accès aux soins et d'exercice des activités économiques, () ". Il ressort des pièces du dossier que le schéma départemental pour l'accueil et l'habitat des gens du voyage du Doubs pour la période 2021-2026 comprend une première partie intitulée " état des lieux " qui fait état d'un point IV.5 " conditions de scolarité des enfants ". Les développements de ce point exposent des réalités et des difficultés de scolarité pour les enfants issus de famille des gens du voyage sur le territoire. Le schéma directeur prévoit également dans sa troisième partie " analyse des besoins qui restent à satisfaire " un point II. 4 qui expose les " activités économiques pratiquées ", un point II. 5 relatif aux " types de ressources des ménages " et un point II. 6 relatif à " l'état de santé des ménages ". Si ces derniers développements ne figurent pas dans la partie relative à l'état des lieux, il n'en demeure pas moins qu'ils sont contenus dans le schéma départemental et exposent, à l'appui d'informations et de données obtenues auprès de partenaires institutionnels et associatifs, les besoins des gens du voyage du département en matière d'accès aux soins et d'exercice des activités économiques. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du II de l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 doit être écarté.
6. En dernier lieu, les dispositions de l'article 2 de la loi du 5 juillet 2000 précédemment citées et les dispositions, alors applicables, du I de l'article L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales prévoient que la création, l'aménagement, l'entretien et la gestion des aires d'accueil des gens du voyage relèvent de la compétence des communautés de communes. Il résulte de ces dispositions que les établissements publics de coopération intercommunale disposent d'un délai de deux ans pour mettre en place les objectifs du schéma départemental. Par ailleurs, l'autorité compétente qui doit créer une aire d'accueil peut retenir un terrain d'implantation sur le territoire d'une commune membre autre que celle figurant au schéma départemental, à la condition qu'elle soit incluse dans le même secteur géographique d'implantation. Ainsi, si la décision attaquée prévoit la création d'un terrain familial locatif sur le territoire de la commune de Lavans-Quingey, il appartient à la communauté de communes à laquelle est membre la commune de créer, d'aménager, d'entretenir et de gérer cette aire d'accueil. Dans ces conditions, les prescriptions du schéma départemental n'ont, par nature, pas pour objet de permettre d'apprécier la mise en œuvre qui en sera faite par l'autorité compétente. Il s'ensuit que la commune de Lavans-Quingey ne peut valablement soutenir, à l'appui d'une requête dirigée contre un schéma départemental pour l'accueil et l'habitat des gens du voyage, qu'une aire d'accueil sera créée dans une zone non constructible ou à proximité d'une déchetterie ou encore d'une zone humide. En tout état de cause, la seule comparaison du nombre d'habitants des communes qui disposent d'un terrain familial locatif ne saurait révéler l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut être qu'écarté.
7. Pour ces raisons, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la préfecture du Doubs, la commune de Lavans-Quingey n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision qu'elle conteste.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Lavans-Quingey la somme de 1 000 euros à verser au département du Doubs au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'Etat et du département du Doubs, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la commune de Lavans-Quingey est rejetée.
Article 2 : La commune de Lavans-Quingey versera au département du Doubs la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Lavans-Quingey, à la préfecture du Doubs et au département du Doubs.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Grossrieder, présidente,
Mme Besson, conseillère,
M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
J. B
La présidente,
S. Grossrieder
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026