jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2101330 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | VEDESI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 juillet 2021, 24 mars, 14 octobre et 4 novembre 2022 la SCI Fralio et la SCI Dole Fin Invest, représentées par Me Tissot, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mars 2021, modifié le 1er août 2022, par lequel le maire de la commune de Dole a délivré un permis à la SASU Burger King Construction en vue de construire un bâtiment destiné à la restauration rapide, ainsi que la décision notifiée le 31 mai 2021 rejetant le recours gracieux qu'elles ont formé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Dole et de la SAS Burger King Construction la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérantes soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- le permis de construire attaqué méconnait les dispositions de l'article UZ 2.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le projet ne prévoit pas de sas de livraison alors que la construction envisagée est d'une superficie supérieure à 400 m² ;
- il méconnait les dispositions de l'article UZ 2.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que les places de stationnement prévues par le projet sont insuffisantes au regard des besoins du projet.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 novembre 2021 et 14 octobre 2022, la SASU Burger King Construction, représentée par Me Simon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérantes la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SASU Burger King Construction soutient que les requérantes n'ont pas qualité leur donnant intérêt à agir et elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 novembre 2021 et 28 septembre 2022, la commune de Dole, représentée par la SCP Chaton-Grillon-Brocard-Gire, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérantes la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Dole soutient que les requérantes n'ont pas qualité leur donnant intérêt à agir et elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. A,
- les observations de Me Brocard, pour la commune de Dole et de Me Simon, pour la SASU Burger King.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 décembre 2020, la SASU Burger King Construction a déposé une demande de permis de construire en vue d'édifier un bâtiment destiné à la restauration rapide, accordé par un arrêté du maire de la commune de Dole du 19 mars 2021. Le 17 mai 2021, la SCI Fralio et la SCI Dole Fin Invest ont formé un recours gracieux contre ce permis de construire, rejeté par le maire de la commune de Dole par une décision du 20 mai 2021, notifiée le 31 mai suivant. Le 11 avril 2022, postérieurement à l'enregistrement de la requête, la SASU Burger King Construction a déposé une demande de permis de construire afin de modifier l'autorisation délivrée le 19 mars 2021. Par un arrêté du 1er août 2022, le maire de la commune de Dole a accordé le permis de construire modificatif. Les requérantes demandent l'annulation de ces décisions.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
2. En premier lieu, l'article UZ 2.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit, d'une part, que : " le stationnement des véhicules répondant aux besoins des constructions ou installations, doit être assuré en dehors du domaine public. " et, d'autre part, que : " Les règles applicables aux établissement et constructions non prévus ci-dessous sont celles auxquelles ces établissements sont le plus directement assimilables : () pour les livraisons et enlèvement de marchandises : dans les opérations commerciales de plus de 400 m² de vente, et les opérations d'activité de plus de 400 m² de surface plancher, il doit être prévu un ou des sas de livraison insérés dans le volume de construction ()".
3. Il est constant que le projet sera le siège d'une activité de restauration rapide. Cette activité doit alors être regardée comme une opération commerciale au sens des dispositions citées au point précédent. Dès lors, la création d'un sas de livraison n'est obligatoire que si la surface de vente est supérieure à 400 m². Or il ressort des pièces du dossier que, dans le projet en litige, la surface de vente, constituée des surfaces destinées au public, est intérieure à 400 m². Dans ces conditions, le pétitionnaire n'était pas tenu de prévoir un sas dans le volume de construction de son projet. Par suite, le moyen ainsi soulevé doit être écarté.
4. En second lieu, l'article UZ 2.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit également que : " le stationnement des véhicules répondant aux besoins des constructions ou installations, doit être assuré en dehors du domaine public. " et, d'autre part, que : " Les règles applicables aux établissement et constructions non prévus ci-dessous sont celles auxquelles ces établissements sont le plus directement assimilables : () Pour les constructions des secteurs secondaires et tertiaires et d'activité de service (hors artisanat et commerce de détail avec surface de vente) appelées à recevoir du public : maximum 1 place par 50 m² de surface de plancher au-delà de 200 m² de surface de plancher ". Il résulte de ces dispositions que, pour toute construction siège d'une activité secondaire ou tertiaire, l'autorité compétente ne peut imposer qu'un maximum d'1 place pour 50 m² de surface de plancher au-delà de 200 m². De plus, l'activité du projet doit être sans incidence sur le stationnement sur le domaine public.
5. Il est constant que la surface de plancher du projet est de 496,55 m² et prévoit la création de 10 places de stationnement portant le total à 20 places disponibles exclusivement destinées à l'activité du projet. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige est le plus directement assimilable " aux constructions des secteurs secondaires et tertiaires et d'activités de service ". Il s'ensuit que le nombre maximal de places de stationnement que pouvait imposer l'autorité compétente se limitait à 5. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des différentes études produites par les parties, que les besoins du projet entraîneraient un stationnement de véhicules sur le domaine public. Dans ces conditions, le maire de la commune de Dole n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent en accordant le permis de construire en litige. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Dole et de la SASU Burger King Construction, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la SCI Fralio et la SCI Dole Fin Invest les sommes réclamées par la commune de Dole et la SASU Burger King Construction au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Fralio et la SCI Dole Fin Invest est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Dole et la SASU Burger King Construction sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Dole Invest, à la SCI Fralio, à la commune de Dole et à la SASU Burger King Construction.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Grossrieder, présidente,
Mme Besson, conseillère,
M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
Le rapporteur,
J. B
La présidente,
S. Grossrieder
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
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