jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2101346 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juillet 2021, 10 octobre 2022 et 8 février 2023, M. A C, Mme D F et M. G E demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 mars 2021 par laquelle le maire de la commune de Petitmagny a accordé à la société Free Mobile une déclaration préalable de travaux portant sur la création d'un relais de radiotéléphonie sur le territoire de sa commune ;
2°) d'annuler la convention conclue le 22 décembre 2020 par laquelle le syndicat intercommunal des Eaux de Giromagny a mis à la disposition de la société Free Mobile une emprise située sur le territoire de la commune de Petitmagny.
Les requérants soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
En ce qui concerne la déclaration préalable :
- le projet devait être précédé de la délivrance d'un permis de construire en application de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme ;
- la décision attaquée n'a pas été précédée d'une consultation du public dans les conditions fixées par le code des postes et des communications électroniques ;
- le dossier de la demande préalable de travaux comporte des photographies " de nature à induire en erreur " l'autorité compétente ;
- le projet en litige ne répond à aucun objectif d'utilité publique dès lors qu'il a pour seule fin les intérêts économiques et patrimoniaux du bénéficiaire de la décision ;
- la décision attaquée est illégale dès lors qu'elle ne peut pas être retirée en application des dispositions de l'article 222 de la loi du 31 décembre 2022 ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 111-27 du code de l'urbanisme ;
En ce qui concerne la convention d'occupation du domaine public :
- le syndicat intercommunal des Eaux de Giromagny n'était pas compétent pour conclure la convention contestée ;
- les membres du comité syndical ne disposaient pas d'une information suffisante lorsqu'ils se sont prononcés sur cette convention.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2022, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société Free Mobile soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à la commune de Petitmagny et au syndicat intercommunal des Eaux de Giromagny qui n'ont pas produit de mémoire.
Par un courrier du 26 avril 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité, en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, du moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme, qui a été soulevé pour la première fois dans le mémoire enregistré le 10 octobre 2022, soit plus de deux mois après la communication le 16 février 2022 du premier mémoire en défense.
Par un mémoire, enregistré le 28 avril 2023, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, a présenté des observations à ce moyen relevé d'office.
Les requérants ont présenté des observations qui ont été enregistrées le 3 mai 2023, soit postérieurement à la clôture d'instruction fixée trois jours francs avant l'audience.
Une note en délibéré présentée pour les requérants a été enregistrée le 8 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 ;
- le code des postes et des communications électroniques ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- et les conclusions de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par une convention conclue le 22 décembre 2020, le syndicat intercommunal des Eaux de Giromagny a mis à la disposition de la société Free Mobile une emprise située au lieudit "Sur la Côte" sur le territoire de la commune de Petitmagny. Le 14 décembre 2020, la société Free Mobile a déposé une demande de déclaration préalable de travaux portant sur la création d'un relais de radiotéléphonique comportant l'installation d'un pylône de treillis situé sur l'emprise objet de la convention d'occupation du domaine public, qui a été acceptée par une décision du 8 mars 2021 du maire de la commune. Le 6 avril 2021, les requérants ont formé un recours gracieux contre cette décision. Les requérants demandent l'annulation de la convention d'occupation du domaine public conclue le 22 décembre 2020 et de la déclaration préalable de travaux accordée le 8 mars 2021.
Sur la fin de non-recevoir opposée à la demande d'annulation de la convention d'occupation du domaine public :
2. Lorsque l'auteur du recours tendant à l'annulation d'une convention d'occupation du domaine public se prévaut de sa qualité de contribuable local, il lui revient d'établir que la convention ou les clauses dont il conteste la validité sont susceptibles d'emporter des conséquences significatives sur les finances ou le patrimoine de la collectivité.
3. En l'espèce, il est constant que l'exécution de la convention attaquée permet à la société Free Mobile d'implanter un pylône de 36,35 mètres de haut sur une emprise qui relève du domaine public du syndicat mixte des Eaux de Giromany. Toutefois, il ressort de cette convention que l'implantation de cette installation se limite à la durée de la convention et qu'en tout état de cause, cette seule circonstance ne permet pas aux requérants d'établir que l'exécution de cette convention emporte des conséquences significatives sur le patrimoine du syndicat mixte des Eaux de Giromany. Dans ces conditions, la société Free Mobile est fondée à soutenir que les requérants ne disposent pas de la qualité leur donnant intérêt à agir pour demander l'annulation de la convention attaquée. Par suite, les conclusions présentées contre la convention du 22 décembre 2020 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur la légalité de la déclaration préalable de travaux :
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, les tiers qui contestent une décision d'occupation ou d'utilisation du sol ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Dès lors, le moyen tiré de ce que le projet était soumis au régime du permis de construire en application de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme, soulevé par les requérants pour la première fois dans leur mémoire enregistré le 10 octobre 2022 alors que le 16 février 2022 leur avait été communiqué le mémoire en défense produit par la société Free Mobile, est tardif. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance par le projet des dispositions de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme doit être écarté comme étant irrecevable.
5. En deuxième lieu, il n'appartient pas à l'autorité en charge de la délivrance des autorisations d'urbanisme de veiller au respect des dispositions du code des postes et communications électroniques, qui est sans application dans le cadre de l'instruction d'une déclaration préalable. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent invoquer, à l'encontre d'une autorisation d'urbanisme, la méconnaissance des articles L. 34-9-1 et R. 20-29 du code des postes et des communications électroniques, qui disposent que le maire d'une commune peut recueillir les observations de ses habitants sur les dossiers établissant l'état des lieux des installations radioélectriques sur le territoire de sa commune. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.
6. En troisième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose que les photographies fournies dans un dossier de demande de permis de construire respectent une perspective particulière. En tout état de cause, si les photographies produites à l'appui de la demande de déclaration préalable de travaux ont été réalisées selon des prises de vue laissant apparaitre que le pylône objet du projet est d'une taille équivalente aux arbres à proximité desquels il sera situé, il ressort toutefois de la demande de déclaration préalable que la hauteur de l'installation a été précisée. Dès lors, les pièces du dossier de déclaration préalable de travaux en litige n'ont pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.
7. En quatrième lieu, la délivrance d'une autorisation d'urbanisme n'est pas subordonnée à la satisfaction d'un objectif d'utilité publique. Dès lors, les requérants ne peuvent utilement soutenir que la décision attaquée est illégale en raison des avantages économiques et patrimoniaux qu'elle procure au bénéficiaire de l'autorisation en litige. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.
8. En cinquième lieu, la circonstance qu'une autorisation d'urbanisme ne puisse plus être retirée, en application de l'article 222 de la loi du 31 décembre 2022 ou de toute autre disposition législative ou réglementaire, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
10. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte aux paysages naturels avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité des permis de construire délivrés, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés à l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
11. En l'espèce, les requérants soutiennent que le terrain d'assiette du projet surplombe le Ballon des Vosges, en partie compris dans le site Natura 2000 du Piémont Vosgien et qu'en tout état de cause le projet constitué d'un pylône d'une hauteur de 36,35 mètres risque d'altérer la qualité paysagère du site dans lequel il sera implanté, lequel est composé essentiellement d'arbres d'une hauteur allant de 15 à 25 mètres. Toutefois, il ne résulte pas des pièces du dossier que le projet en litige sera visible depuis le site Natura 2000 du Piémont Vosgien. Ainsi, compte tenu de la nature et des effets du projet sur le site dans lequel il sera implanté, le maire de la commune de Petitmagny n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la déclaration préalable de travaux qu'ils contestent.
Sur les frais liés à l'instance :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société Free Mobile présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C, Mme F et M. E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Free Mobile sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la commune de Petitmagny, au syndicat intercommunal des Eaux de Giromagny et à la société Free Mobile.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Grossrieder, présidente,
Mme Besson, conseillère,
M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.
Le rapporteur,
J. Seytel
La présidente,
S. GrossriederLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026