jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2101363 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DEVEVEY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 30 juillet 2021 et 21 octobre 2022, M. A D, représenté par Me Devevey, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 16 février 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Bourogne a approuvé le plan local d'urbanisme communal en tant que ce plan classe la parcelle cadastrée ZR n°32en zone agricole à préserver (Ae), ainsi que la décision du 7 juin 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bourogne le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
- le rapport de présentation du PLU est insuffisant au regard de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme dès lors qu'il ne s'appuie sur aucune étude de diagnostics justifiant le classement de la parcelle cadastrée ZR n°32, alors classée en zone à urbaniser, en zone agricole ;
- le règlement du PLU est incomplet au regard des quatrième et huitième alinéas de l'article R. 151-43 du code de l'urbanisme dès lors qu'aucune continuité écologique n'est identifiée ;
- le classement en zone agricole de la parcelle cadastrée ZR n°32 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 décembre 2021 et 4 novembre 2022, la commune de Bourogne, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. E le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que les moyens invoqués par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. C,
- les observations de Me Devevey, pour M. D et de Me Primus, pour la commune de Bourogne.
Considérant ce qui suit :
1. M. D est propriétaire de la parcelle cadastrée section ZR n°32située sur le territoire de la commune de Bourogne. Par délibération du conseil municipal du 16 février 2021, le plan local d'urbanisme (PLU) communal a été approuvé. Le 12 avril 2021, M. D a exercé un recours gracieux contre cette délibération, en tant que le PLU alors approuvé classe la parcelle ZR n°32 en zone agricole. Son recours a été rejeté par un courrier du 7 juin 2021. M. D demande au tribunal d'annuler la délibération du 16 février 2021 approuvant le PLU en tant que celui-ci classe la parcelle ZR n°32 en zone A ainsi que la décision du 7 juin 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme, dans sa version alors en vigueur : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientation d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévision économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière () de surfaces et de développement agricoles () ".
3. D'une part, il ne résulte pas des dispositions citées au point 2 que le rapport de présentation doive exposer les raisons ayant spécialement motivé le changement de zonage de la parcelle en litige. Le moyen, tel qu'il est invoqué par le requérant, est donc inopérant. D'autre part, et en tout état de cause, il ressort des pièces du dossier qu'après avoir établi un diagnostic détaillé des surfaces agricoles communales avec une carte recensant la valeur agricole du territoire communal, le rapport de présentation explique que la zone agricole comprend deux sous-secteurs dont l'un, le secteur Ae, a pour objet de préserver le fonctionnement global des continuités écologiques sur le territoire communal. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 151-43 du code de l'urbanisme : " Afin de contribuer à la qualité du cadre de vie, assurer un équilibre entre les espaces construits et les espaces libres et répondre aux enjeux environnementaux, le règlement peut : () 3° Fixer, en application du 3° de l'article L. 151-41 les emplacements réservés aux espaces verts ainsi qu'aux espaces nécessaires aux continuités écologiques, en précisant leur destination et les collectivités, services et organismes publics bénéficiaires ; / () 8° Imposer pour les clôtures des caractéristiques permettant de préserver ou remettre en état les continuités écologiques ou de faciliter l'écoulement des eaux ".
5. D'une part, si le 4° de l'article R. 151-43 du code de l'urbanisme permet aux auteurs du PLU de fixer des " emplacements réservés aux espaces verts ainsi qu'aux espaces nécessaires aux continuités écologiques, en précisant leur destination et les collectivités, services et organismes publics bénéficiaires " et ce, afin de " contribuer à la qualité du cadre de vie, assurer un équilibre entre les espaces construits et les espaces libres et répondre aux enjeux environnementaux ", il n'en consacre toutefois pas l'obligation. D'autre part, l'article R. 151-43 du code de l'urbanisme prévoyant qu'un règlement peut " imposer pour les clôtures des caractéristiques permettant de préserver ou remettre en état les continuités écologiques ou de faciliter l'écoulement des eaux ", ces dispositions sont parfaitement inopérantes au cas d'espèce et le requérant ne peut donc pas utilement s'en prévaloir à l'appui de ses conclusions. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance du règlement du PLU doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
6. Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
7. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation peut être censurée par le juge administratif au cas où elle serait fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste ou d'un détournement de pouvoir.
8. Selon le rapport de présentation du PLU, la zone A " comprend les espaces à vocation agricole (cultures, prairies) ayant un potentiel agronomique, biologique ou économique. Elle comprend deux sous-secteurs. Le premier secteur, Ae, est défini afin de préserver le fonctionnement global des continuités écologiques sur le territoire communal de Bourogne. Le projet d'aménagement et de développement durable (PADD) a, pour sa part, fixé un objectif de consolider l'offre résidentielle en densifiant le tissu urbain, d'une part, dans les espaces libres du village et, d'autre part, dans le secteur des Chenevières, dit en extension, mais également un objectif de préserver les milieux riches en biodiversité et les paysages, en préservant de l'urbanisation notamment certains secteurs agricoles et les milieux de bonne qualité écologique.
9. Le requérant soutient que la parcelle ne présente pas de potentiel particulier agronomique, biologique ou économique, que le terrain n'a par ailleurs aucune vocation agricole dès lors qu'il n'a jamais été cultivé ou exploité, qu'il jouxte une zone urbaine et est desservi par les réseaux.
10. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle en litige est vierge de toute construction et bordée en majeure partie par des espaces verts et boisés. Si elle est desservie, elle ne fait toutefois pas partie des zones concernées par les objectifs de densification urbaine de la commune décrits au point précédent, mais présente au contraire une qualité écologique qualifiée par le bureau d'études " Etudes environnement " entre " bonne " et " très bonne à exceptionnelle ". Par suite, et sans qu'il soit besoin de rechercher si la parcelle en cause présente, par elle-même, une vocation agricole ou un potentiel particulier agronomique, biologique ou économique, il n'est pas établi que le classement en zone A de cette parcelle serait entaché d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 16 février 2021 approuvant le PLU en tant que celui-ci classe la parcelle ZR n°32 en zone A ainsi que de la décision du 7 juin 2021 rejetant son recours gracieux. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Bourogne, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D le versement de la somme que la commune de Bourogne demande sur le fondement des mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bourogne sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la commune de Bourogne.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
- Mme Grossrieder, présidente,
- Mme Besson, conseillère,
- M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 1er décembre 2022.
La rapporteure,
M. BLa présidente,
S. GrossriederLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026