mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2101463 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MEIER-BOURDEAU LÉCUYER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 23 août et 9 septembre 2021 et le 10 mai 2022, M. B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer qui lui a été notifiée par cinq avis à tiers détenteur émis le 5 mars 2021 par le comptable du pôle de recouvrement spécialisé de Montbéliard auprès de la caisse d'assurance vieillesse des experts-comptables (CAVEC) pour obtenir le paiement de la somme de 682 547,03 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en application des dispositions combinées des articles R. 281-3-1, L. 274, L. 257-0 A et R. 257-0 A-1 du livre des procédures fiscales, ses créances fiscales antérieures au 26 mars 2011 sont prescrites ;
- aucun acte interruptif de prescription n'a pu intervenir dès lors qu'il n'a reçu ni les mises en demeure valant commandement de payer du 27 février 2013 ni les mises en demeure valant commandement de payer du 26 mars 2015 ;
- la décision de rejet de son opposition à poursuites est entachée d'insuffisance de motivation ;
- la décision de rejet de son opposition à poursuites est entachée d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de la prescription des créances fiscales en cause est irrecevable ;
- les mises en demeure valant commandement de payer du 27 février 2013 et du 26 mars 2015 ont bien été envoyées au requérant et réceptionnées par celui-ci ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kiefer, conseillère,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 mars 2021, le comptable du pôle de recouvrement spécialisé de Montbéliard a émis six avis à tiers-détenteur auprès de la CAVEC, pour avoir paiement de la somme totale de 734 437,03 euros. Le 28 avril 2021, M. A a formé opposition à poursuites à l'encontre de cinq de ces actes. Par une lettre du 24 juin 2021, le directeur départemental des finances publiques du Doubs a rejeté sa contestation. M. A demande au tribunal administratif de le décharger de l'obligation de payer la somme de 682 547,03 euros.
Sur la prescription :
2. Aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable ". Aux termes de l'article L. 281-1 du même livre : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites () ". Aux termes de l'article R. 281-1 du même livre : " Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 peuvent être formulées par le redevable lui-même ou la personne tenue solidairement ou conjointement. / Elles font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles, au chef de service compétent suivant : / a) Le directeur départemental ou régional des finances publiques du département dans lequel a été prise la décision d'engager la poursuite () ". Aux termes de l'article R. 281-3-1 du même livre: " La demande prévue à l'article R. 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée dans un délai de deux mois à partir de la notification : / a) De l'acte de poursuite dont la régularité en la forme est contestée ; / b) A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, de tout acte de poursuite si le motif invoqué porte sur l'obligation au paiement ou sur le montant de la dette ; / c) A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, du premier acte de poursuite permettant de contester l'exigibilité de la somme réclamée ".
3. D'une part, lorsque le redevable d'une imposition se prévaut de la prescription de l'action en recouvrement, il soulève une contestation qui ne porte pas sur l'obligation de payer mais qui a trait à l'exigibilité de l'impôt. La prescription de l'action en recouvrement doit, en application du c de l'article R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales, être invoquée à l'appui de la réclamation préalable adressée à l'administration compétente dans un délai de deux mois à partir de la notification du premier acte de poursuite permettant de s'en prévaloir.
4. D'autre part, lorsque le contribuable soutient que l'avis de réception d'un pli recommandé portant notification d'un premier acte de poursuite n'a pas été signé par lui, il lui appartient d'établir que le signataire de l'avis n'avait pas qualité pour recevoir le pli dont il s'agit. Lorsqu'il est constant que le pli a été remis à l'adresse indiquée par le destinataire et a été signé par le gardien de son immeuble et que le contribuable établit qu'il n'avait pas donné procuration à ce dernier pour recevoir les plis recommandés qui lui étaient destinés, la notification de ce pli ne peut être regardée comme régulière.
5. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à des mises en demeure valant commandement de payer en date du 27 février 2013, qui ne peuvent être regardées comme ayant été régulièrement notifiées, dès lors que le requérant conteste les avoir reçues et qu'elles ont été envoyées en lettre simple à une adresse que l'administration ne justifie pas être celle de ce dernier, M. A a été rendu destinataire d'autres mises en demeure valant commandement de payer en date du 26 mars 2015, qu'il n'a pas contestées. S'il soutient qu'il n'a pas reçu ces mises en demeure, il ressort des pièces du dossier que le pli lui ayant été adressé a été réceptionné le 3 avril 2015 par le gardien de son immeuble, qui a apposé son tampon de fonction sur l'accusé de réception retourné à l'administration. Le requérant ne produit aucun élément de nature à établir qu'il n'avait pas donné procuration à celui-ci pour recevoir les plis recommandés qui lui étaient destinés, alors que la charge de cette preuve lui appartient. Dans ces conditions, les mises en demeure du 26 mars 2015, régulièrement notifiées, doivent être regardées comme étant les premiers actes de poursuite tendant à obtenir le paiement des créances en litige. Par suite, le moyen tiré de la prescription de ces créances aurait dû être soulevé à l'appui de la contestation de ces mises en demeure, et doit être écarté comme étant irrecevable.
Sur les autres moyens de la requête :
6. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de rejet de l'opposition à poursuite, en date du 24 juin 2021, et le moyen tiré de l'erreur de fait contenue dans cette même décision, à les supposer soulevés, sont inopérants dans le cadre d'une contestation ayant trait à l'exigibilité de l'impôt.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la somme de 682 547,03 euros présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques du Doubs.
Délibéré après l'audience du 5 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Schmerber, présidente,
- Mme Diebold, première conseillère,
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
La rapporteure,
L. Kiefer
La présidente,
C. SchmerberLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026