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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2101595

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2101595

mercredi 28 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2101595
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 septembre 2021, Mme B demande au tribunal la décision du 2 juillet 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Doubs a rejeté sa demande de remise de dette pour un indu de prime d'activité.

Elle soutient que :

- elle n'a commis aucune erreur puisque ses heures supplémentaires apparaissent sur ses salaires ;

- on ne lui a pas expliqué où en était son dossier ;

Par un mémoire en défense, enregistrés le 14 octobre 2022, la Caisse d'allocations familiales du Doubs conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Grossrieder, présidente, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme C a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Après s'être aperçue, à la suite d'un contrôle administratif en décembre 2020, que Mme B, bénéficiaire de la prime d'activité avait omis de déclarer les heures supplémentaires qui lui ont été rémunérées, la CAF a procédé à une rectification de ses ressources. Un indu de prime d'activité a donc été notifié à Mme B par courrier du 12 janvier 2021 pour la période de janvier à décembre 2019, d'un montant de 485,61 euros. Le 18 janvier 2021, l'intéressée a demandé à la CAF du Doubs de lui accorder une remise gracieuse de cette dette. Par décision du 2 juillet 2021, dont Mme B demande l'annulation, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Doubs a rejeté son recours tendant à une remise de dette pour un indu de prime d'activité.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 du même code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article L. 845-3 du même code : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. D'une part, il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité de Mme B a pour origine une absence de déclaration par l'intéressée des gains résultant des heures supplémentaires effectuées au cours de l'année 2019. Si la requérante indique qu'elle n'a commis aucune erreur dès lors que les heures supplémentaires sont rémunérées et apparaissent sur son bulletin de paie, il résulte des déclarations trimestrielles établies au titre de février 2019 pour la CAF que Mme B n'a pas déclaré les gains obtenus en février 2019 par ces heures supplémentaires exonérées d'impôts pour un montant de 982 euros. Mme B ne saurait donc être regardée comme étant de bonne foi.

5. D'autre part, la requérante n'allègue ni même établit qu'elle se trouverait actuellement dans un état de précarité justifiant que lui soit accordée une remise de sa dette. Par suite, Mme B n'est pas fondée à demander la remise de l'indu de prime d'activité mis à sa charge.

6. En second lieu, il n'appartient pas au juge de fournir aux requérants des explications sur la manière de déclarer les revenus pour percevoir la prime d'activité, des explications détaillées sur la dette de 2019 ni même de mettre à jour leur dossier.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Doubs.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.

La magistrate désignée,

S. CLa greffière,

N. VIENNET

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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