jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2101676 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BERTIN BRIGITTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 septembre 2021 et 9 décembre 2021, M. D A B, représenté par Me Bertin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé plus de quatre mois par le préfet de la Haute-Saône sur sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Saône de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de cette même notification et, à défaut, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A B soutient que :
- sa requête est recevable.
En ce qui concerne sa demande présentée à titre principal :
- le préfet de la Haute-Saône a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le préfet de la Haute-Saône a méconnu les dispositions de l'article R. 311-4 du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer un récépissé l'autorisant à séjourner sur le territoire français pour une durée déterminée.
En ce qui concerne sa demande présentée à titre subsidiaire :
- il a demandé communication des motifs de la décision de refus implicite et, en l'absence de réponse du préfet, la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- la demande de pièces complémentaires adressée par le préfet le 14 décembre 2020 est tardive.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2021, le préfet de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que la requête est irrecevable dès lors qu'elle est formée contre une décision inexistante et fait valoir que les moyens soulevés par M. A B sont infondés.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain est, selon ses déclarations, entré en France sous couvert d'un visa court séjour le 7 juillet 2015 et s'est maintenu sur le territoire français depuis lors. Le 12 mars 2020, M. A B a sollicité une demande de titre de séjour auprès du préfet de la Haute-Saône, confirmée par courrier du 1er avril 2020 adressé au préfet par son conseil. M. A B demande l'annulation de la décision implicite née du silence gardé plus de quatre mois par le préfet de la Haute-Saône sur sa demande de titre de séjour.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes, d'une part, de l'article R. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 311-12-1 du même code, alors en vigueur : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 312-11 naît au terme d'un délai de quatre mois ". Aux termes de l'article 7 de l'ordonnance n°2020-360 du 25 mars 2020 : " Sous réserve des obligations qui découlent d'un engagement international ou du droit de l'Union européenne, les délais à l'issue desquels une décision, un accord ou un avis de l'un des organismes ou personnes mentionnés à l'article 6 peut ou doit intervenir ou est acquis implicitement et qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020 sont, à cette date, suspendus jusqu'à la fin de la période mentionnée au I de l'article 1er. / Le point de départ des délais de même nature qui auraient dû commencer à courir pendant la période mentionnée au I de l'article 1er est reporté jusqu'à l'achèvement de celle-ci () ". Enfin, il résulte des articles 1 et 6 de cette même ordonnance que les dispositions suscitées s'appliquent aux décisions prises par les administrations de l'Etat pour les délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020.
3. Il est constant que M. A B a sollicité le 12 mars 2020 une demande d'admission au séjour. Le délai de traitement de sa demande a été, en application des dispositions citées au point précédent, suspendu jusqu'au 23 juin 2020. En l'absence de réponse de l'administration dans les quatre mois qui ont suivi, M. A B est depuis lors en possession d'une décision implicite de refus. Contrairement à ce que soutient le préfet de la Haute-Saône, cette décision implicite de rejet fait grief. Ainsi, la requête présentée par M. A B et tendant à l'annulation de la décision implicite née du silence gardé par le préfet de la Haute-Saône sur sa demande de titre de séjour est recevable.
Sur la légalité de la décision implicite de refus :
4. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ".
5. D'une part, il a été établi au point 3 qu'une décision de refus est née du silence gardé par le préfet de la Haute-Saône sur la demande d'admission au séjour présentée par M. A B le 12 mars 2020. Cette décision constitue une décision de police individuelle défavorable qui concerne M. A B. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, par courrier électronique du 4 novembre 2020, M. A B a demandé au préfet de la Haute-Saône les motifs de cette décision. Or, il est constant que le préfet n'a jamais donné suite à cette demande. Par suite, M. A B est fondé à soutenir que la décision implicite de refus est entachée d'un défaut de motivation.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés dans la requête, que la décision implicite de refus attaquée doit être annulée.
Sur la demande d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement que le préfet délivre un titre de séjour à M. A B. Il doit, en revanche, réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, délivrer un récépissé l'autorisant à séjourner sur le territoire français pour une durée déterminée dans un délai de huit jours à compter de cette même notification.
Sur les frais liés au litige :
8. M. A B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1200 euros au titre des frais liés au litige exposés par
M. A B.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite née du silence gardé par le préfet de la Haute-Saône sur la demande de titre de séjour de M. A B sollicitée le 12 mars 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Saône de procéder au réexamen de la demande de
M. A B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour dans un délai de huit jours.
Article 3 : L'Etat versera à Me Bertin la somme de 1 200 euros HT en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B et au préfet de la Haute-Saône.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Grossrieder, présidente,
Mme Besson, conseillère,
M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
Le rapporteur,
J. C
La présidente,
S. Grossrieder
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026