jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2101678 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | RACINE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi du 16 septembre 2021, le tribunal administratif de Dijon a transmis la requête, enregistrée le 26 août 2021, de Mme D A au tribunal administratif de Besançon. Par cette requête et un mémoire, enregistré le 24 janvier 2023, Mme A, représentée par Me Angel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 12 juillet 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier spécialisé (CHS) Saint-Ylie Jura a refusé la demande qu'elle a présentée tendant à la reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident survenu le 30 avril 2021 ;
2°) d'enjoindre au directeur du CHS Saint-Ylie Jura de réexaminer la demande de reconnaissance d'accident de service qu'elle a présentée le 30 avril 2021, sans délai à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CHS Saint-Ylie Jura la somme de 1 600 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- l'administration ne pouvait pas prendre la décision attaquée dès lors que l'instruction de sa situation par un expert médical était en cours ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que l'accident qu'elle a subi le 30 avril 2021 est imputable au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2022, le CHS Saint-Ylie Jura, représenté par Me Muller-Pistré, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le CHS fait valoir que la requête est irrecevable et soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Le CHS Saint-Ylie Jura, représenté par Me Muller-Pistré, a présenté un mémoire qui a été enregistré le 28 février 2023, soit postérieurement à la clôture d'instruction fixée au 27 janvier 2023.
Par un courrier du 30 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de faire usage des pouvoirs d'injonction d'office qu'il tient des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative en enjoignant la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident de Mme A survenu le 30 avril 2021.
Par un courrier du 4 avril 2023, Mme D A, représentée par Me Angel, a présenté des observations à cette injonction d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ouvrière principale 2ème classe, a été recrutée par le centre hospitalier spécialisé (CHS) Saint-Ylie Jura et affectée au service de la blanchisserie. Le 30 avril 2021, elle a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident survenu le même jour. Par une décision du 12 juillet 2021, dont Mme A demande l'annulation, le directeur du CHS Saint-Ylie Jura a rejeté cette demande.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " () L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
3. En soutenant dans sa requête présentée le 26 août 2021 que la décision attaquée contredit la décision de la commission de réforme et qu'elle a été prise avant une expertise médicale diligentée pour examiner sa situation, Mme A doit être regardée comme soulevant l'erreur de droit commise par l'administration de ne pas avoir suivi l'avis de cette commission de réforme et l'avis du médecin expert. Dès lors, la requête contient l'exposé de moyens et par suite la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur la légalité de la décision attaquée :
4. Il résulte de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, alors applicable, qu'un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Il appartient dans tous les cas au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un tel événement, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a déclaré le 30 avril 2021 un accident survenu le même jour. Pour refuser de reconnaitre l'imputabilité au service de cet accident, le directeur du CHS Saint-Ylie Jura s'est fondé sur l'absence de témoin présent sur les lieux et la circonstance que l'accident survenu le 30 avril 2021 est sans lien avec l'activité de Mme A. Toutefois, il est constant que Mme A a déclaré l'accident le jour même et a immédiatement été placée en congé maladie par son médecin traitant. Dès lors, l'accident subi par Mme A, dont il ressort des pièces du dossier qu'il a été subi pendant et à l'occasion de son service, doit être regardé comme matériellement établi. Par suite, en refusant de reconnaitre comme imputable au service l'accident subi par Mme A le 30 avril 2021, le directeur du CHS Saint-Ylie Jura a fait une inexacte application des dispositions rappelées au point précédent.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision qu'elle conteste.
Sur l'injonction d'office et la demande d'astreinte :
7. L'exécution du présent jugement implique que le directeur du CHS Saint-Ylie Jura reconnaisse l'imputabilité au service de l'accident de Mme A survenu le 30 avril 2021 à compter de cette même date. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge CHS Saint-Ylie Jura la somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
9. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de Mme A, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 12 juillet 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du centre hospitalier spécialisé Saint-Ylie Jura, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident de Mme A survenu le 30 avril 2021.
Article 3 : Le centre hospitalier spécialisé Saint-Ylie Jura versera à Mme A la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier spécialisé Saint-Ylie Jura sur le fondement de ces mêmes dispositions sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au centre hospitalier spécialisé Saint-Ylie Jura.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Grossrieder, présidente,
Mme Besson, conseillère,
M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
Le rapporteur,
J. C
La présidente,
S. Grossrieder
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026