mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2102069 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BERTIN BRIGITTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 novembre et 29 décembre 2021, M. D A B et Mme C E B, représentés par Me Bertin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 22 juin et 9 juillet 2021 par lesquelles le préfet du Doubs a refusé de faire droit à sa demande de changement de statut au titre du regroupement familial ;
2°) d'enjoindre au préfet du Doubs, à titre principal, de délivrer à Mme A B un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois suivant notification du jugement à intervenir avec, sous huit jours, remise d'une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail dont le renouvellement sera assuré jusqu'à délivrance effective du titre ou, à titre subsidiaire, d'autoriser M. A B à faire procéder à l'instruction d'une demande de regroupement familial sur place et ce, dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir avec remise, sous huit jours, au bénéfice de l'épouse, d'une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail à renouveler jusqu'à la notification de la décision définitive sur la demande de regroupement familial ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les décisions attaquées sont entachées d'une insuffisance de motivation ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé en situation de compétence liée par les circonstances tenant à la date de célébration du mariage et à la présence déjà effective de l'épouse sur le territoire français ;
- elles ont été prises en violation de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'Homme et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision du 9 décembre 2021 n'a pas pour effet d'anéantir rétroactivement les décisions attaquées et ne répond qu'à la demande de titre de séjour présentée par l'épouse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2021, le préfet du Doubs conclut à un non-lieu à statuer.
Il soutient que sa nouvelle décision datée du 9 décembre 2021 et portant refus de la demande d'admission au séjour abroge les précédentes décisions.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 10 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Diebold, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A B et Mme C E B sont nés respectivement le 1er février 1995 et le 28 février 1995 au Brésil. Ils s'y sont mariés le 15 décembre 2018 et sont entrés le 22 avril 2019 sur le territoire français. M. A B s'est alors vu délivrer un visa D salarié et est désormais titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 21 janvier 2021 au 20 janvier 2025. Mme E B s'était vu délivrer un visa D visiteur valable du 20 avril 2019 au 20 avril 2020 et était titulaire, lors du dépôt de la requête, d'une carte de séjour temporaire valable du 22 janvier 2021 au 21 janvier 2022. M. A B a déposé le 4 novembre 2020 une demande de regroupement familial en faveur de son épouse. Par une décision du 20 juin 2021, le préfet du Doubs a adressé à Mme E B une décision de rejet de changement de statut et de délivrance d'une carte de séjour au titre du regroupement familial sur place. Mme E B a formé un recours gracieux contre cette décision le 25 juin 2021. Par un courrier adressé à cette dernière le 9 juillet 2021, le préfet a confirmé sa décision de refus de changement de statut. Par une requête du 18 novembre 2021, les requérants ont saisi le TA en sollicitant l'annulation des décisions du 22 juin et 9 juillet 2021 par lesquelles la préfecture du Doubs a rejeté la demande de changement de statut de l'épouse tendant à l'octroi d'un titre de séjour VPF à la place d'un titre de séjour visiteur. Par une décision du 9 décembre 2021, le préfet du Doubs a de nouveau rejeté la demande de Mme E B tendant au changement de statut pour la délivrance d'une carte de séjour au titre du regroupement familial sur place. Au regard des termes du mémoire en réplique du 29 décembre 2021, les conclusions des requérants doivent être regardées comme étant également dirigées contre la décision du 9 décembre 2021.
2. Il ressort tout d'abord de l'examen des pièces du dossier, sans que cela ne soit contesté, que M. A B a déposé une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse tandis que cette dernière sollicitait, elle, un changement de statut à l'occasion du renouvellement de son titre de séjour. Les décisions de rejet attaquées doivent être regardées comme étant des décisions explicites à l'égard de Mme E B, à laquelle le préfet les a notifiées, et par conséquent comme des décisions implicites de rejet à l'égard de M. A B.
Sur l'exception de non-lieu opposée par le préfet :
3. Le préfet soutient que l'abrogation, le 9 décembre 2021, de ses décisions des 22 juin 2021 et 9 juillet 2021 par lesquelles il a rejeté les demandes des parties tendant à l'obtention du bénéfice du regroupement familial et en conséquence d'un titre de séjour au profit de Mme E B, aurait privé d'objet les conclusions des requérants tendant à l'annulation de ces décisions. Toutefois, ces dernières ont bien reçu une exécution dans la mesure où Mme E B n'a pas obtenu le titre de séjour sollicité. Dès lors, l'exception de non-lieu soulevée par le préfet ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne les décisions des 22 juin 2021 et 9 juillet 2021 :
4. Il résulte des termes même des décisions attaquées, et principalement de la décision du 22 juin 2021, que le préfet du Doubs s'est estimé en situation de compétence liée en refusant d'octroyer le bénéfice du regroupement familial sur place et l'octroi en conséquence d'un titre de séjour, sans examiner si un tel refus portait atteinte ou non à sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être accueilli et ces décisions annulées sans qu'il n'y ait lieu d'examiner les autres moyens de la requête.
En ce qui concerne la décision du 9 décembre 2021 :
5. En premier lieu, la décision comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.
6. En deuxième lieu, la motivation de cette décision comporte des développements sur l'absence d'atteinte disproportionnée portée au droit au respect de la vie privée et familiale de la requérante de sorte que le préfet ne s'est pas placé en situation de compétence liée par rapport à la date de célébration du mariage des parties. Le moyen sera par conséquent écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Il ressort des pièces du dossier que le couple se trouve sur le territoire français depuis deux ans et que Mme E B peut résider en France avec son époux au bénéfice d'un titre de séjour " visiteur ". Les requérants ne sont par conséquent pas fondés à soutenir que la décision du 9 décembre 2021 aurait été pris en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés à l'article 8 ci-dessus, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans son appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de Mme E B ou sur celle de son époux.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des requérants doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1 : Les décisions du préfet du Doubs en date des 22 juin et 9 juillet 2021 sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B et Mme E B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B, Mme C E B et au préfet du Doubs.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Trottier, président,
- Mme Guitard, première conseillère,
- Mme Diebold, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 29 novembre 2022.
La rapporteure,
N. DieboldLe président,
T. Trottier
La greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026