lundi 24 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200038 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BELIN - DAREY - ROBIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire récapitulatif, enregistrés les 7 janvier 2022 et 27 janvier 2023, M. A C, représenté par Me Darey, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 novembre 2021 par laquelle le directeur interrégional de l'administration pénitentiaire de Dijon a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident survenu le 8 septembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation et d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Le garde des sceaux, ministre de la justice soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bois,
- et les conclusions de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, surveillant pénitentiaire depuis 2004, exerce ses fonctions au sein de la maison d'arrêt de Montbéliard (Doubs). Après un signalement à la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Montbéliard le 2 septembre 2020, M. C a été placé en garde à vue le 8 septembre 2020 pour être entendu sur des faits de recel de remise illicite d'objets à des détenus. Aucune procédure judiciaire n'a toutefois été diligentée contre l'intéressé à l'issue de cette garde à vue qui a pris fin le 8 septembre 2020 à 19 h 05. Prétendant souffrir d'un " choc émotionnel ", M. C a bénéficié d'un congé maladie ordinaire entre le 10 septembre et le 16 septembre 2020, entre le 4 mars 2021 et le 27 septembre 2021 puis d'un congé de longue maladie à compter du 15 novembre 2021. Le 10 septembre 2020, M. C a demandé à ce que l'accident survenu le 8 septembre 2020 soit reconnu comme étant imputable au service. Par une décision du 9 novembre 2021, dont M. C demande l'annulation, le directeur interrégional de l'administration pénitentiaire de Dijon a rejeté sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, la décision du 9 novembre 2021, qui vise notamment la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et fait état des nombreux certificats médicaux produits par M. C et " du choc émotionnel " déclaré par l'intéressé, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle n'a dès lors pas méconnu les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
3. En second lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service (). Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. () / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Il appartient dans tous les cas au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un tel accident, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce. Par ailleurs, constitue un accident de service un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été interpellé et placé en garde à vue alors qu'il se trouvait à son domicile en dehors de son temps de travail. Si les faits à raison desquels il a été placé en garde à vue ont été commis sur les lieux et durant le temps du service, le choc émotionnel qu'aurait provoqué la garde à vue chez M. C ne présente pas de lien avec le service dès lors que, d'une part, le placement en garde à vue n'a pas eu lieu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par M. C de ses fonctions et que, d'autre part, un placement en garde à vue pour s'expliquer sur des faits constitutifs d'une infraction pénale ne saurait être regardé comme le prolongement normal de l'exercice de ses fonctions pour un agent public.
6. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que le syndrome dépressif dont souffre M. C résulte directement de son placement en garde à vue, l'intéressé ayant produit un arrêt de travail faisant état d'un traumatisme psychologique survenu le 10 septembre 2020 et non le 8 septembre 2020. Par ailleurs, la circonstance que la commission de réforme a émis un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 8 septembre 2020 n'a pas pour effet de lier l'administration et d'entacher la décision du 9 novembre 2021 d'une illégalité. Enfin, la circonstance alléguée par le requérant qu'il serait victime de faits constitutifs de harcèlement moral de la part de trois de ses collègues est sans incidence sur son placement en garde à vue. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 novembre 2021. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande M. C au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- Mme Bois, conseillère.
- M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2023.
La rapporteure,
C. BoisLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. PernotLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026