jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200105 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FIDAL / BESANCON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 janvier 2022, 5 mai 2022 et 10 novembre 2022, M. C A demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 8 octobre 2021, 13 décembre 2021 et 13 janvier 2022 par lesquelles le directeur de l'Ecole nationale supérieure de mécanique et des microtechniques (ENSMM) a refusé ses demandes de prolongation d'activité au-delà de l'âge limite de départ en retraite et de maintien en activité jusqu'à la fin de l'année universitaire en cours ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'ENSMM de réexaminer ses demandes.
M. A soutient que :
- les décisions attaquées ne sont pas motivées ;
- elles reposent sur des faits qui sont matériellement inexacts ;
- elles sont entachées " d'une erreur de droit dès lors qu'elles ne reposent pas sur l'intérêt du service " ;
- elles ont des effets préjudiciables sur sa situation financière.
Par des mémoires, enregistrés les 18 mars 2022 et 4 octobre 2022, l'Ecole nationale supérieure de mécanique et des microtechniques (ENSMM), représentée par Me Amizet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'ENSMM soutient que la décision du 13 janvier 2022 est une décision confirmative des avis défavorables des 8 octobre 2021 et 13 décembre 2021 et ajoute que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- les conclusions de M. B,
- les observations de M. A et de Me Amizet,pour l'ENSMM.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, maître de conférences, a exercé ses fonctions au sein de l'ENSMM depuis le 1er septembre 1989. Le 14 septembre 2021, l'intéressé a présenté une demande de prolongation d'activité de dix trimestres au-delà de l'âge limite de départ à la retraite. Le 8 octobre 2021, le directeur de l'ENSMM a émis un avis défavorable à cette demande. Le 2 décembre suivant, M. A a alors présenté une demande de maintien en activité jusqu'à la fin de l'année universitaire 2021/2022. Le 13 décembre 2021, le directeur de l'ENSMM a émis un avis défavorable à cette demande. Le 7 janvier 2022, M. A a réitéré sa demande de maintien en activité. Par une décision du 13 janvier 2022, le directeur de l'ENSMM a rejeté cette dernière demande. M. A demande l'annulation de ces trois décisions.
Sur la légalité des décisions attaquées :
2. D'une part, aux termes de l'article 1-1 de la loi du 13 septembre 1984, applicable à la date des décisions attaquées : " Sous réserve des droits au recul des limites d'âge reconnus au titre des dispositions de la loi du 18 août 1936 concernant les mises à la retraite par ancienneté, les fonctionnaires dont la durée des services liquidables est inférieure à celle définie à l'article L. 13 du code des pensions civiles et militaires de retraite peuvent, lorsqu'ils atteignent les limites d'âge applicables aux corps auxquels ils appartiennent, sur leur demande, sous réserve de l'intérêt du service et de leur aptitude physique, être maintenus en activité. / La prolongation d'activité prévue à l'alinéa précédent ne peut avoir pour effet de maintenir le fonctionnaire concerné en activité au-delà de la durée des services liquidables prévue à l'article L. 13 du même code ni au-delà d'une durée de dix trimestres. / Cette prolongation d'activité est prise en compte au titre de la constitution et de la liquidation du droit à pension ".
3. D'autre part, aux termes de l'alinéa 3 de l'article L. 952-10 du code de l'éducation : " Les professeurs de l'enseignement supérieur, les directeurs de recherche des établissements publics à caractère scientifique et technologique et les autres personnels enseignants qui relèvent du ministre chargé de l'enseignement supérieur restent en fonctions jusqu'au 31 août quand ils atteignent la limite d'âge en cours d'année universitaire, si les besoins du service d'enseignement le justifient ".
4. Il est constant que M. A est professeur de l'enseignement supérieur et a atteint la limite d'âge pour exercer cette activité le 21 janvier 2022. Pour refuser sa demande de prolongation d'activité, le directeur de l'ENSMM a estimé, en se fondant sur le décret du 6 juin 1984, que l'intéressé " n'a plus de production scientifique justifiant d'une activité de recherche depuis 2006 soit près de 15 années, alors même que l'ENSMM est tutelle de l'UMR FEMTO-ST, l'un des plus gros laboratoires français en sciences pour l'ingénieur et fortement multidisciplinaire ". Et pour refuser la demande de maintien en activité présentée par M. A, l'ENSMM a fait reposer sa décision du 13 décembre 2021, d'une part, sur la prise en considération des enquêtes d'évaluation des enseignements par les élèves et, d'autre part, sur la possibilité pour l'école d'assurer la continuité des enseignements en l'absence de M. A.
5. En premier lieu, et ainsi qu'il a été exposé au point précédent, la décision du 8 octobre 2021 comporte les considérations de droit et les éléments de fait qui constituent le fondement de la décision refusant à M. A sa demande de prolongation d'activité.
6. Par ailleurs, le maintien d'activité au-delà de l'âge limite ne constitue pas un droit pour les fonctionnaires qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir. Dès lors, M. A ne peut utilement soutenir que les décisions qui refusent sa demande de maintien en activité devaient être motivées.
7. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions attaquées doit être écarté.
8. En deuxième lieu, en se bornant à soutenir qu'il a entrepris des démarches pour intégrer un laboratoire de recherche et qu'en tout état de cause, il a poursuivi une activité de recherche postérieurement à 2005, M. A n'apporte aucun élément de nature à réfuter l'absence de production de travaux scientifiques depuis 2005.
9. De plus, il ressort des pièces du dossier que les évaluations des élèves ayant suivi ses cours au titre de l'année 2020/2021 sont insatisfaisantes notamment en raison du manque d'interactivité entre M. A et ses élèves, les difficultés à obtenir des réponses aux questions posées et une méthodologie peu adaptée à l'enseignement en raison notamment de l'utilisation de vidéos enregistrées comme support principal de cours. A cet égard, la circonstance que M. A soit contraint, pour des raisons de santé, de dispenser ses cours depuis son domicile ne permet pas de réfuter la matérialité des faits sur lesquels s'est fondée l'ENSMM pour adopter les décisions refusant les demandes de maintien en activité présentées par l'intéressé.
10. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées reposent sur des faits matériellement inexacts doit être écarté.
11. En troisième lieu, en retenant le motif tiré de l'absence de travaux de recherche réalisés par M. A depuis 2006, le directeur de l'ENSMM a pu, sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, décider que faire droit à la demande de prolongation d'activité de l'intéressé ne concourrait pas à l'intérêt du service.
12. De plus, en fondant les décisions de refus de maintien en activité contestées sur les évaluations insatisfaisantes de M. A au titre de l'année 2020/2021, exposées au point 9, le directeur de l'ENSMM n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation en décidant que le maintien en activité de M. A ne répondait pas au besoin du service. A cet égard, la circonstance que M. A ait été amené à remplir le tableau de service au titre de l'année universitaire 2020/2021 ne saurait suffire à justifier le maintien en activité de l'intéressé jusqu'à la fin de l'année universitaire correspondante.
13. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision de refus de prolongation d'activité méconnaît les dispositions de l'article 1-1 de la loi du 13 septembre 1984 et que les décisions refusant le maintien en activité méconnaissent les dispositions de l'article L. 952-10 du code de l'éducation, rappelées aux points 2 et 3, doit être écarté.
14. En dernier lieu, les conséquences pécuniaires des décisions attaquées sont sans incidence sur leur légalité. Par suite, le moyen soulevé en ce sens ne peut être qu'écarté.
15. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. A n'est pas fondé à demande l'annulation des décisions qu'il conteste.
Sur la demande d'injonction :
16. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, la demande d'injonction présentée par M. A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
17. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. A la somme demandée par l'ENSMM au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'ENSMM sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à l'Ecole supérieure nationale de mécanique et des microtechniques (ENSMM).
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- Mme Besson, conseillère,
- M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023 ;
Le rapporteur,
J. SeytelLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. Pernot
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026