jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200205 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LANDBECK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 février 2022, Mme B C, représentée par la SCP Chaton-Grillon-Brocard-Gire, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 août 2021 par lequel le maire de la commune de Chèvremont a, au nom de la commune, refusé de lui délivrer un permis d'aménager un lotissement ainsi que la décision rejetant implicitement son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Chèvremont de lui délivrer un permis d'aménager dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Chèvremont la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- elle bénéficiait de droits acquis par le certificat d'urbanisme opérationnel positif qui lui a été délivré le 17 février 2020 et qui était en cours de validité ;
- son projet ne s'inscrit pas en discontinuité du bâti existant, au sens de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme ;
- l'administration ne pouvait légalement lui opposer la compromission, par son projet, de l'exécution du futur plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2023, la commune de Chèvremont, représentée par Me Landbeck, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la requérante le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Besson,
- les conclusions de M. A,
- les observations de Me Lutz, pour Mme C et de Me Landbeck, pour la commune de Chèvremont.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est propriétaire d'un terrain situé sur la commune de Chèvremont, dans le Territoire de Belfort, composé de deux E L'intéressée a obtenu, le 17 février 2020, un certificat d'urbanisme positif en vue de la division de son terrain afin de construire deux maisons d'habitation, dont les effets ont été prorogés jusqu'au 9 juin 2021. Le 15 juin 2021, Mme C a déposé une demande de permis d'aménager en vue de la réalisation de ce projet. Par un arrêté du 27 août 2021, le maire de Chèvremont a refusé de faire droit à sa demande. L'intéressée a alors adressé un recours gracieux contre cet arrêté qui a été implicitement rejeté. Mme C demande l'annulation de l'arrêté du 27 août 2021 et de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu () ". En application de ces dispositions, le maire a compétence liée pour refuser un permis de construire en cas d'avis défavorable du préfet.
3. Il ressort des pièces du dossier que le préfet a, le 13 août 2021, rendu un avis conforme défavorable au projet de la pétitionnaire, au motif que celui-ci méconnaissait la règle de la constructibilité limitée fixée à l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme qui dispose que : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ".
4. Ces dispositions interdisent en principe, en l'absence de plan local d'urbanisme ou de carte communale opposable aux tiers ou de tout document d'urbanisme en tenant lieu, les constructions implantées " en dehors des parties actuellement urbanisées de la commune ", c'est-à-dire des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors du cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune.
5. D'une part, le maire ayant compétence liée, il était tenu de s'opposer au projet et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme est inopérant.
6. D'autre part, la requérante conteste le bien-fondé de l'avis du préfet lui opposant cette règle de la constructibilité limitée. A cet égard, si la parcelle en litige s'étend à l'ouest sur un vaste espace non construit, il ressort des pièces du dossier qu'elle est également bordée de constructions sur trois côtés, se situe à proximité du centre de la commune et est accessible depuis la voie publique par la parcelle Dformant une partie de l'assiette du projet. Par suite, en considérant que l'assiette du projet de la requérante se situait en dehors des parties actuellement urbanisées de la commune, le préfet a commis une erreur d'appréciation.
7. En second lieu, en refusant le permis d'aménager sollicité dès lors que le projet de la requérante était de nature à compromettre ou rendre plus onéreux l'exécution du futur plan local d'urbanisme, le maire a commis une erreur de droit, un tel motif pouvant seulement conduire à ce qu'un sursis à exécution soit opposé à une telle demande.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les deux motifs fondant l'arrêté attaqué sont entachés d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation. Mme C est, par suite, fondée à en demander l'annulation ainsi que de la décision rejetant son recours gracieux. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder cette annulation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. En l'espèce, les motifs de refus de délivrance du permis d'aménager en litige, sur lesquels repose l'arrêté attaqué, sont illégaux. Il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions applicables à la date de l'arrêté annulé s'opposeraient à la délivrance du permis ou qu'un changement de la situation de fait existant à la date du jugement y fasse obstacle. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Chèvremont de délivrer le permis d'aménager dont la demande a été déposée le 15 juin 2021 par Mme C, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la requérante, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande la commune au titre des frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Chèvremont la somme de 1 500 euros à verser à la requérante au titre de ces mêmes frais.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du 27 août 2021 du maire de Chèvremont ainsi que la décision rejetant le recours gracieux de Mme C contre cet arrêté sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Chèvremont de délivrer à Mme C le permis d'aménager demandé le 15 juin 2021 dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Chèvremont versera à Mme C la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Chèvremont au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la commune de Chèvremont.
Une copie du présent jugement sera adressée, pour information, au préfet du Territoire de Belfort.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- Mme Besson, conseillère,
- M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
La rapporteure,
M. BessonLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. PernotLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026