mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200265 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2022, M. A B, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 décembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire ;
2°) d'annuler les décisions de retrait d'un point du capital affecté à son permis de conduire consécutives aux infractions commises les 19 septembre 2020, 2 novembre 2020, 9 décembre 2020, 22 janvier 2021, 20 février 2021, 1er, 16 et 26 mars 2021 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
M. B soutient que :
- les décisions de retrait de points sont entachées d'un vice de procédure tiré du défaut d'information prévue par l'article L. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions n'a pas été établie conformément aux dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route ;
- la décision d'invalidation du permis de conduire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions de retrait de points.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer en ce qui concerne les décisions de retrait d'un point consécutives aux infractions commises les 2 novembre 2020, 9 décembre 2020, 22 janvier 2021, 20 février 2021, 1er, 16 et 26 mars 2021 et la décision du 31 décembre 2021 prononçant l'invalidation du permis de conduire de M. B et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Le ministre soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Grossrieder, présidente, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'infractions au code de la route commises les 19 septembre 2020, 2 novembre 2020, 9 décembre 2020, 22 janvier 2021, 20 février 2021, 1er, 16 et 26 mars 2021, le ministre de l'intérieur a, pour chacune de ces infractions, retiré au capital affecté au permis de conduire de M. A B un point. Après avoir constaté que le nombre de points de ce permis de conduire, initialement crédité de huit points, était nul, le ministre de l'intérieur a décidé, le 31 décembre 2021, d'en prononcer l'invalidation. M. B demande l'annulation des décisions de retrait d'un point et de la décision du 31 décembre 2021.
Sur les conclusions aux fins de non-lieu à statuer :
2. Un recours dirigé contre une sanction administrative a en principe pour objet d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté. Il en va ainsi quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. Il ressort du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B, édité le 31 mars 2022, que les mentions relatives à la décision du 31 décembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation du permis de conduire de M. B ont été supprimées. Dès lors, le ministre de l'intérieur établit avoir retiré cette décision. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre cette décision sont devenues sans objet.
4. En ce qui concerne les décisions de retrait d'un point consécutives aux infractions commises les 2 novembre 2020, 9 décembre 2020, 22 janvier 2021, 20 février 2021, 1er, 16 et 26 mars 2021, il résulte de l'instruction qu'elles sont toujours mentionnées sur le relevé d'information intégral de M. B. Ces décisions, qui ont reçu exécution, n'ont donc pas été retirées. Dès lors, les conclusions aux fins de non-lieu à statuer présentées par le ministre sur la demande d'annulation dirigée contre ces décisions doivent être rejetées.
Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les huit décisions de retrait d'un point :
5. Il résulte du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale qu'en l'absence de paiement ou de requête en exonération, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Conformément aux dispositions de l'article A. 37-28 du même code, ce titre exécutoire est adressé au contrevenant sous forme d'avis d'amende forfaitaire majorée qui contient une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est constatée par radar automatique et dont il est établi qu'il a payé sans objection l'amende forfaitaire majorée correspondant à cette infraction ou n'a formé aucune réclamation dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, a nécessairement reçu le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit alors être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
6. Il résulte de l'instruction, et en particulier des mentions du relevé d'information intégral de M. B, que les infractions commises les 19 septembre 2020, 2 novembre 2020, 9 décembre 2020, 22 janvier 2021, 20 février 2021, 1er, 16 et 26 mars 2021 ont été relevées par l'intermédiaire d'un radar automatique et ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires d'amendes forfaitaires majorées devenues définitives. Le ministre de l'intérieur ne produit toutefois aucun élément de nature à établir que le requérant a effectivement reçu, pour chacune de ces infractions, l'avis de contravention et le titre exécutoire comprenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, compte tenu de ce qui a été dit au point 5, les décisions retirant chacune un point sur le capital affecté au permis de conduire de M. B à la suite des infractions précitées sont entachées d'illégalité.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation des décisions lui retirant huit points sur le capital affecté à son permis de conduire à la suite des infractions commises les 19 septembre 2020, 2 novembre 2020, 9 décembre 2020, 22 janvier 2021, 20 février 2021, 1er, 16 et 26 mars 2021.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
9. M. B demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'ordonner au ministre de l'intérieur de procéder à la reconstitution de son capital de points à hauteur des points illégalement retirés.
10. Le juge de l'exécution statue en tenant compte de la situation de droit et de fait existant au jour de sa décision. L'annulation contentieuse de plusieurs décisions de retrait de points implique nécessairement que l'administration reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés. Elle doit à cette fin les rétablir dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route et reconstituer le capital de points attaché au permis de conduire tel qu'il devrait être, à la date où le jugement est exécuté, si les retraits illégaux n'étaient jamais intervenus, le cas échéant en faisant application des règles relatives au permis probatoire et des règles de reconstitution automatique prévues à l'article L. 223-6 du code de la route. Le capital de points détenu à cette date résulte toutefois également des décisions de retrait ou de reconstitution de points qu'il appartient à l'administration de prendre à raison de circonstances qui n'avaient pu être prises en compte aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire, telles que des infractions autres que celles qui avaient fondé les retraits contestés devant le juge, et des conséquences de ces nouvelles décisions sur l'application des règles relatives au permis probatoire et aux reconstitutions automatiques.
11. Le présent jugement, qui annule les décisions de retrait de points du capital affecté au permis de conduire de M. B à la suite des infractions commises les 19 septembre 2020, 2 novembre 2020, 9 décembre 2020, 22 janvier 2021, 20 février 2021, 1er, 16 et 26 mars 2021, implique en principe nécessairement que le ministre de l'intérieur rétablisse le bénéfice des huit points illégalement retirés à M. B dans le système automatisé de l'intéressé.
12. Il résulte toutefois de l'instruction, sans que cela soit contesté par le requérant, que le ministre de l'intérieur, en application du 3ème alinéa de l'article L. 223-6 du code de la route, a restitué à M. B les sept points qu'il lui avait respectivement retirés à la suite des infractions commises les 2 novembre 2020, 9 décembre 2020, 22 janvier 2021, 20 février 2021, 1er, 16 et 26 mars 2021. Dès lors, à la date du présent jugement, il y a seulement lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de rétablir dans le système automatisé relatif au permis de conduire de M. B le bénéfice d'un point retiré à la suite de l'infraction commise le 19 septembre 2020 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 31 décembre 2021 prononçant l'invalidation du permis de conduire de M. B.
Article 2 : Les décisions de retrait de points sur le capital affecté au permis de conduire de M. B à la suite des infractions commises les 19 septembre 2020, 2 novembre 2020, 9 décembre 2020, 22 janvier 2021, 20 février 2021, 1er, 16 et 26 mars 2021 sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de rétablir dans le système automatisé relatif au permis de conduire de M. B le bénéfice d'un point à la suite de l'infraction commise le 19 septembre 2020.
Article 4 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au préfet du Doubs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.
La magistrate désignée,
S. CLa greffière,
N. Viennet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026