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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2200583

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2200583

vendredi 3 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2200583
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre
Avocat requérantCHOLLET CHARLINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 4 avril 2022 et le 9 février 2023, Mme A B, représentée par Me Chollet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 octobre 2021 par laquelle Pôle emploi a refusé de lui accorder une aide individuelle à la formation ainsi que la décision rejetant implicitement son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre Pôle emploi à lui verser l'aide individuelle à la formation d'assistante de ressources humaines et de l'inscrire à sa prochaine session ;

3°) de mettre à la charge de Pôle emploi la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que la décision du 13 octobre 2021 a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, faute d'être passée en commission, ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 juillet 2022 et le 10 février 2023, Pôle emploi Bourgogne-Franche-Comté conclut au rejet de la requête.

Pôle emploi Bourgogne-Franche-Comté soutient que :

- à titre principal, la requête de Mme B est irrecevable car ne comporte l'exposé d'aucun moyen de droit au sens de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- à titre subsidiaire, les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- l'instruction de Pôle emploi n°2017-5 du 10 janvier 2017 relative à la mise en œuvre de l'aide individuelle à la formation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Besson, conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Besson,

- et les observations de Me Chollet pour Mme B.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 13 octobre 2021, le directeur de l'agence Pôle emploi de Belfort-Thiers a rejeté la demande de Mme B visant à bénéficier de l'aide individuelle à la formation pour effectuer la formation " Titre Professionnel Assistant Ressources Humaines ". L'intéressée demande l'annulation de cette décision et de celle rejetant implicitement son recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 5312-1 du code du travail : " Pôle emploi est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : () 2° Accueillir, informer, orienter et accompagner les personnes, qu'elles disposent ou non d'un emploi, à la recherche d'un emploi, d'une formation ou d'un conseil professionnel, prescrire toutes actions utiles pour développer leurs compétences professionnelles et améliorer leur employabilité () ". Aux termes de l'article L. 6121-4 du même code : " Pôle emploi attribue des aides individuelles à la formation () ". L'aide individuelle à la formation (AIF) a été créée par la délibération Pôle emploi n° 2010 /18 du 16 avril 2010, remplacée en dernier lieu par la délibération n° 2015-10 du 3 février 2015 du conseil d'administration de Pôle emploi, applicable en l'espèce.

3. D'autre part, aux termes de l'article 1 de la délibération du 3 février 2015 du conseil d'administration de Pôle emploi : " Une aide individuelle à la formation (AIF) peut être attribuée afin de financer ou cofinancer les frais pédagogiques des formations suivies par des demandeurs d'emploi () ". Aux termes de l'article II de la même délibération : " () Seules les formations validées par Pôle emploi (contenu, coûts pédagogiques, durée) dans le cadre du projet professionnel du demandeur d'emploi peuvent donner lieu à l'attribution de l'AIF () ". Aux termes de l'article 3 de l'instruction nationale de Pôle emploi n° 2017-5 du 10 janvier 2017 relative à la mise en œuvre de l'AIF : " Seules les actions de formation ayant été validées par Pôle emploi dans le cadre du projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE) du demandeur d'emploi peuvent donner lieu à l'attribution de l'aide individuelle de formation. () La validation de la demande d'aide individuelle à la formation se fait au regard notamment : () du fait que la formation apparaisse nécessaire et/ou adaptée au reclassement du demandeur d'emploi tel que défini dans son projet professionnel () L'aide individuelle à la formation sert à financer des actions de formation qui ont pour vocation un retour rapide et durable à l'emploi. () ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur une demande d'aide destinée à prendre en charge tout ou partie d'une dépense spécifique, soit le requérant a effectivement exposé cette dépense et le juge doit rechercher s'il satisfaisait alors aux conditions pour obtenir l'aide sollicitée, soit il n'a pas été en mesure de le faire et le juge doit rechercher si la demande d'aide conserve un objet et si le requérant remplit les conditions pour l'obtenir, au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il statue. Dans les deux cas il doit, le cas échéant, prendre en considération la marge d'appréciation dont l'administration dispose pour accorder l'aide en litige.

5. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 4 du présent jugement que le moyen relatif au vice de procédure invoqué est inopérant. Par suite, il doit donc être écarté.

6. En second lieu, il résulte des dispositions citées aux points 2 et 3, que l'aide individuelle à la formation (AIF) ne peut être mobilisée que dans la mesure où le projet de formation est validé dans le cadre du projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE) du demandeur d'emploi et que l'action de formation a pour vocation un retour rapide et durable à l'emploi.

7. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et en particulier du PPAE de Mme B, qu'au 21 janvier 2021, celle-ci recherchait un emploi d'assistante qualité en industrie. Par suite, la formation " Titre professionnel Assistant ressources humaines " pour laquelle l'intéressée a demandé à obtenir l'aide individuelle à la formation au cours du mois d'octobre 2021, est sans aucun rapport avec son projet personnalisé d'accès à l'emploi, quand bien même elle aurait pour vocation un retour rapide et durable à l'emploi. Dès lors, et contrairement à ce que soutient la requérante, Pôle emploi était fondé à refuser l'AIF demandée pour une formation sans rapport avec son PPAE.

8. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 13 octobre 2021 et de celle rejetant son recours gracieux. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent, par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande Mme B au titre des frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

Copie en sera adressée pour information à Pôle emploi, direction régionale Bourgogne-Franche-Comté.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mars 2023.

La magistrate désignée,

M. Besson La greffière,

C. Chiappinelli

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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