jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200697 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SOLER-COUTEAUX SELARL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 avril 2022 et 28 décembre 2022, M. C A, représenté par Me Gillig, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Morvillars a opposé un sursis à statuer à la demande de permis de construire 16 logements dans un bâtiment existant déposée par la SCI ZI du Port, ensemble la décision du maire de la commune de Morvillars du 22 février 2022 ayant rejeté implicitement son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Morvillars de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Morvillars une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- une précédente demande de permis de construire similaire a déjà fait l'objet d'un sursis à statuer pour les mêmes motifs ;
- certains motifs de la décision contestée sont sans lien avec la légalité du sursis à statuer ;
- la demande de permis n'est pas de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 juillet 2022 et 21 avril 2023, la commune de Morvillars, représentée par Me Suissa, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pernot,
- les conclusions de Mme B,
- les observations de Me Primus, pour M. A et de Me Suissa pour la commune de Morvillars.
Une note en délibéré, présentée pour la commune de Morvillars par Me Suissa, a été enregistrée le 15 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 mai 2018, la société civile immobilière (SCI) ZI du Port, dont le représentant légal est M. A, a sollicité la délivrance d'un permis de construire visant à régulariser la création de 16 logements dans un bâtiment existant sis sur les parcelles cadastrées sur le territoire de la commune de Morvillars. Par un arrêté du 21 septembre 2018, le maire de la commune a opposé à cette demande un sursis à statuer dont la légalité a été confirmée par un jugement devenu définitif de ce tribunal en date du 10 décembre 2020. Le 3 août 2021, la SCI ZI du Port a déposé une seconde demande de permis de construire pour les mêmes travaux. Le 7 décembre 2021, le maire de la commune a opposé à cette seconde demande un nouveau sursis à statuer. Le 22 février 2022, le recours gracieux formé contre cette décision était rejeté tacitement. Par le présent recours, M. A demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 121-22-3, L. 121-22-7, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement () Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans. L'autorité compétente ne peut, à l'expiration du délai de validité du sursis ordonné, opposer à une même demande d'autorisation un nouveau sursis fondé sur le même motif que le sursis initial. Si des motifs différents rendent possible l'intervention d'une décision de sursis à statuer par application d'une disposition législative autre que celle qui a servi de fondement au sursis initial, la durée totale des sursis ordonnés ne peut en aucun cas excéder trois ans. A l'expiration du délai de validité du sursis à statuer, une décision doit, sur simple confirmation par l'intéressé de sa demande, être prise par l'autorité compétente chargée de la délivrance de l'autorisation, dans le délai de deux mois suivant cette confirmation. Cette confirmation peut intervenir au plus tard deux mois après l'expiration du délai de validité du sursis à statuer. Une décision définitive doit alors être prise par l'autorité compétente pour la délivrance de l'autorisation, dans un délai de deux mois suivant cette confirmation. A défaut de notification de la décision dans ce dernier délai, l'autorisation est considérée comme accordée dans les termes où elle avait été demandée () ". Aux termes de L. 153-11 du même code : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
3. Il ressort de la décision contestée que celle-ci repose sur deux motifs, l'un tenant au fait que la demande de permis de construire ne demanderait pas la régularisation de l'ensemble des travaux réalisés sans autorisation et l'autre tenant au fait que le projet serait de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme.
4. En premier lieu, une décision de sursis à exécution, prise sur le fondement des dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, ne saurait être fondée sur un autre motif que celui prévu par ces dispositions. Par suite, la circonstance que la demande de permis de construire n'ait pas porté sur la régularisation de l'ensemble des travaux réalisés sans autorisation n'était pas de nature à fonder valablement la décision contestée.
5. En second lieu, si la SCI ZI du Port n'a pas confirmé sa première demande de permis de construire dans le délai de deux mois qui a suivi l'expiration du sursis à statuer opposé le 21 septembre 2018, elle a déposé une deuxième demande de permis de construire ayant strictement le même objet que la première le 3 août 2021. Dans une note en délibéré, la commune de Morvillars fait valoir que, si les deux demandes de permis de construire successives de M. A devaient être regardées comme identiques, alors sa requête serait irrecevable dès lors que la décision attaquée serait une décision confirmative de la précédente décision de sursis à statuer. Toutefois, une décision de sursis à statuer, faute de toute instruction de la demande, n'est pas assimilable à une décision de refus de permis de construire. Dès lors, sa répétition dans le temps n'est pas susceptible de faire naitre une décision confirmative.
6. La décision de sursis à statuer prise le 21 septembre 2018 précisait que le projet porté par la SCI ZI du Port, consistant à créer " un niveau à usage d'habitation dans le volume d'un bâtiment existant à usage d'entrepôt, dans une zone industrielle ", était " de nature à compromettre le développement des activités " de cette zone ainsi que l'exécution du futur plan local d'urbanisme de la commune de Morvillars. La décision attaquée précise quant à elle que le projet porté par la SCI ZI du Port, consistant à créer " 16 logements dans le volume d'un bâtiment existant à usage d'entrepôt, dans une zone industrielle ", est " de nature à compromettre le développement des activités " de cette zone ainsi que l'exécution du futur plan local d'urbanisme de la commune de Morvillars. Par suite, en opposant à une même demande d'autorisation d'urbanisme un nouveau sursis fondé sur le même motif que le sursis initial, le maire de la commune de Morvillars a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme.
7. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander l'annulation des décisions qu'il conteste. En application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder cette annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. L'annulation d'une décision de sursis à statuer sur une demande d'autorisation d'urbanisme n'implique pas la délivrance de cette autorisation mais seulement que l'administration, qui demeure saisie de la demande, procède à une nouvelle instruction de celle-ci.
9. Compte tenu du motif retenu pour annuler les décisions en litige, l'exécution du présent jugement implique seulement que le maire de Morvillars initie, à compter de la notification du présent jugement, l'instruction de la demande de permis de construire présentée par M. A et qu'il le fasse sur le fondement des dispositions d'urbanisme applicables à la date de l'arrêté du 7 décembre 2021. Le délai d'instruction de cette demande à l'expiration duquel le silence gardé par l'administration est susceptible de faire naître un permis de construire tacite respectera les dispositions des articles R. 423-17 et suivants du code de l'urbanisme et notamment celles de l'article R. 423-22 du même code relatif à la prolongation de ce délai suite à la demande éventuelle par l'administration de pièces manquantes.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A la somme demandée par la commune au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune la somme demandée par M. A au titre de ces mêmes frais.
D E C I D E
Article 1 : L'arrêté du 7 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Morvillars a opposé un sursis à statuer à la demande de permis de construire déposée par la SCI ZI du Port et le rejet implicite né du silence gardé par le maire de la commune de Morvillars sur le recours gracieux introduit le 17 décembre 2021 sont annulés.
Article 2 : Le maire de Morvillars initiera l'instruction de la demande de permis de construire présentée par M. A à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Morvillars.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
Mme Bois, conseillère,
M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. Bois
Le premier conseiller faisant fonction de président-rapporteur,
A. PernotLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026