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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2200758

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2200758

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2200758
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantWOLDANSKI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 2 mai 2022 et 30 mars 2023, M. C B demande au tribunal d'annuler le certificat d'urbanisme opérationnel négatif qui lui a été délivré le 5 janvier 2022.

M. B soutient que son projet ne se situe pas en dehors des parties urbanisées de la commune.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2023, la commune de Montreux-Château, représentée par Me Woldanski, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. B lui verse une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Un mémoire a été enregistré le 6 mars 2024 pour la commune de Montreux-Château et n'a pas été communiqué.

En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marquesuzaa,

- les conclusions de M. A,

- les observations de M. B et celles de Me Woldanski pour la commune de Montreux-Château.

Considérant ce qui suit :

1. Le 17 juin 2021, M. B a déposé une demande de certificat d'urbanisme opérationnel en vue de la construction d'une maison individuelle sur la parcelle située sur la commune de Montreux-Château. Le 5 janvier 2022, le maire de la commune de Montreux-Château lui a délivré un certificat d'urbanisme opérationnel négatif. Par un courrier du 15 février 2022, l'intéressé a formé un recours gracieux implicitement rejeté. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ce certificat d'urbanisme opérationnel négatif.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ".

3. Ces dispositions interdisent en principe, en l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions implantées en dehors des " parties urbanisées de la commune ", c'est-à-dire des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Par conséquent, en dehors des cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues à l'article L. 111-4 du même code, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre une partie urbanisée de la commune. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie urbanisée de la commune, il est notamment tenu compte de la géographie des lieux, de la desserte par des voies d'accès, du sens du développement de l'urbanisation, ainsi que de l'existence de coupures d'urbanisation, qu'elles soient naturelles ou artificielles.

4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans et photographies aériennes produits, que le terrain d'assiette du projet d'une superficie totale de 1 585 mètres carrés est non bâti et actuellement à usage agricole. Il se situe en périphérie nord-est de la commune, dans une zone où il est entouré, au nord, au sud et à l'est par des parcelles à l'état naturel et à usage agricole. Enfin, si le plan d'occupation des sols de la commune avait classé la moitié de la parcelle en litige en zone Ub, ce document d'urbanisme est caduc depuis plusieurs années. Dans ces conditions, le projet de M. B ne peut qu'être regardé comme étant situé en dehors des parties urbanisées de la commune. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation du certificat d'urbanisme opérationnel négatif qui lui a été délivré le 5 janvier 2022. Par suite, ses conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B une somme de 800 euros au titre des frais exposés par la commune de Montreux-Château et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : M. B versera à la commune de Montreux-Château une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Montreux-Château est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Montreux-Château.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,

- M. Seytel, conseiller,

- Mme Marquesuzaa, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

La rapporteure,

A. MarquesuzaaLe premier conseiller faisant fonction de président,

A. PernotLa greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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