vendredi 12 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2200797 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LAMBERT EMMANUEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 mai 2022 et 21 septembre 2023, la SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages, représentée par Me Lambert, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier (CH) de Lons-le-Saunier à lui verser la somme de 21 184,77 euros assortie des intérêts de retard au taux légal au titre du paiement des prestations de transport qu'elle a réalisées à la demande du centre hospitalier ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Lons-le-Saunier la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages soutient que :
- les tarifs stipulés à l'avenant n°10 de la convention nationale des transporteurs sanitaires privés ne s'appliquent pas aux activités des structures mobiles d'urgence et de réanimation ;
- elle a réalisé pour le compte du CH de Lons-le-Saunier des interventions médicalisées avec des structures mobiles d'urgence et de réanimation qui doivent être rémunérées selon une tarification dont avait connaissance le centre hospitalier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2023, le centre hospitalier de Lons-le-Saunier, représenté par Me Suissa, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le centre hospitalier de Lons-le-Saunier fait valoir que :
- les transports réalisés par la SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages ne constituaient pas des transports médicalisés puisqu'aucun des médecins de l'établissement n'est intervenu ;
- il n'a jamais accepté les tarifs appliqués dans les factures en litige.
Une note en délibéré, présentée par la SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages, a été enregistrée le 7 décembre 2023.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 26 février 2021 portant approbation de l'avenant n° 10 à la convention nationale des transporteurs sanitaires privés ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- les conclusions de M. A,
- les observations de Me Lambert pour la SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages et de Me Suissa pour le CH de Lons-le-Saunier.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages exerce une activité de transport de personnes y compris de type sanitaire avec ambulances. A ce titre, elle intervient pour le compte du CH de Lons-le-Saunier, membre de la communauté hospitalière de territoire Jura Sud. A la suite de différentes interventions réalisées entre décembre 2021 et février 2022, la SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages a émis dix-huit factures d'un montant cumulé de 21 184,77 euros que le CH de Lons-le-Saunier a refusé de régler par une décision du 11 mars 2022. La SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages doit être regardée comme demandant sur un fondement contractuel le règlement de ses prestations de transport.
Sur la demande de règlement des prestations de transport :
2. D'une part, il résulte des articles L. 6112-1, L. 6311-1, R. 6123-1 et R.6311-2 du code de la santé publique que le service public hospitalier comprend la mission d'aide médicale d'urgence (SAMU), qui implique de prodiguer aux malades, blessés et parturientes les soins d'urgence appropriés à leur état et, le cas échéant, de procéder à leur transport dans un établissement public ou privé en faisant appel à un service public, telle qu'une structure mobile d'urgence et de réanimation (SMUR), ou à une entreprise privée de transport sanitaire. En application des articles R. 6123-2 et R.6123-15 du code de la santé publique, une SMUR relève nécessairement d'un établissement de santé et, en outre, pour l'exercice de ses missions, ses équipes d'intervention comprennent toujours un médecin. Un établissement de santé disposant d'une SMUR peut toutefois faire appel aux moyens matériels d'une entreprise privée de transport sanitaire pour assurer une mission relevant de sa SMUR. Dans ce cas, un médecin de l'établissement doit alors se trouver à bord de l'ambulance privée et le transport effectué peut recevoir la qualification de " transport médicalisé ".
3. D'autre part, il résulte des articles L. 162-22-13 et D. 162-6 du code de la sécurité sociale que les interventions auprès d'un patient par une SMUR sont prises en charge par la dotation globale de financement des missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation. Dès lors, ces interventions correspondent à une mission de service public financée par l'établissement de santé auquel la SMUR est rattachée. Par conséquent, lorsqu'une entreprise privée de transport sanitaire assure un transport médicalisé au sens du point 2 du présent jugement, il appartient à l'établissement de santé de régler la prestation qui correspond à cette intervention par application d'un tarif fixé contractuellement avec cette société.
4. Enfin, l'article L. 332-5-2 du code de la sécurité sociale dispose que : " Les rapports entre les organismes d'assurance maladie et les entreprises de transports sanitaires sont définis par une convention nationale conclue pour une durée au plus égale à cinq ans entre une ou plusieurs organisations syndicales nationales les plus représentatives des ambulanciers et l'Union nationale des caisses d'assurance maladie. / Cette convention détermine notamment : / () 6° Les conditions de rémunération des entreprises de transports sanitaires pour leur participation à la garde départementale organisée dans les conditions prévues au dernier alinéa de l'article L. 6312-5 du code de la santé publique ". A cet égard, l'arrêté du 26 février 2021 portant approbation de l'avenant n° 10 à la convention nationale des transporteurs sanitaires privés prévoit à son article 11 que : " () Le présent avenant décrit les modalités de rémunération des transporteurs sanitaires réalisant des interventions et transports urgents pré-hospitaliers dans le respect de la réglementation en vigueur et du cahier des charges départemental défini par chaque agence régionale de santé () ". Il indique que le transport d'urgence pré-hospitalier concerne " la période pendant laquelle le transporteur sanitaire est tenu de mettre à disposition les moyens pour réaliser des interventions et des transports urgents pré-hospitaliers demandés par le SAMU () " et ajoute à son article 13 que : " () Ce nouveau modèle s'appuie sur trois composantes tarifaires constituant la rémunération du transporteur sanitaire qui effectue des interventions et des transports UPH à la demande du SAMU : / - un forfait de 150,00 € par trajet incluant les 20 premiers km parcourus ; / - un tarif kilométrique de 2,32 € applicable à partir du 21e km , conformément à l'annexe 2 ; / - un coût horaire de 64,00 € pour évaluer le revenu minimal garanti à percevoir exclusivement par les entreprises qui assurent des services ambulanciers UPH () ". Par ailleurs, l'article 14 prévoit que : " Les interventions non suivies de transports vers les services d'urgence ou "sorties blanches " / Les interventions réalisées vers le point de prise en charge du patient mais non suivies de transports vers les services d'urgence ou "sortie blanches " sont payées intégralement par l'Assurance maladie obligatoire au tarif forfaitaire de 80 € la sortie () ".
5. En l'espèce, la SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages a présenté au CH de Lons-le-Saunier plusieurs factures qui correspondent selon elle à des interventions médicalisées. Il résulte de l'instruction que, parmi ces interventions, quinze correspondent à des transports non médicalisés ou des interventions de type " sorties blanches ". Dès lors, en application de la convention nationale des transporteurs sanitaires privés rappelée au point précédent, ces interventions sont prises en charge par l'assurance maladie obligatoire et aucune somme ne pouvait alors être mise à la charge du CH de Lons-le-Saunier au titre de ces interventions.
6. En revanche, il est constant que les interventions réalisées les 27 novembre 2021, 2 janvier 2022 et 6 février 2022 impliquaient une prise en charge d'un patient avec l'assistance d'un médecin de l'établissement pendant le transport de sorte que les montants des prestations correspondantes devaient être mis à la charge du CH de Lons-le-Saunier. Toutefois, les montants facturés par la SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages pour les interventions des 27 novembre 2021, 2 janvier 2022 et 6 février 2022 ont été fixés selon une tarification qui a été expressément refusée par un courrier du 5 novembre 2021 envoyé à ladite société par le directeur de la communauté hospitalière de territoire Jura Sud. Dans ces conditions, la somme réclamée par la société requérante ne repose sur aucune base contractuelle et ne peut dès lors donner lieu, sur ce fondement, à son règlement par le CH de Lons-le-Saunier.
7. Par suite, et en l'état de l'instruction, la SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages n'est pas fondée à engager la responsabilité du CH de Lons-le-Saunier.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages soit mise à la charge du CH de Lons-le-Saunier qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages le versement au CH de Lons-le-Saunier d'une somme de 1 500 euros au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages est rejetée.
Article 2 : La SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages versera la somme de 1 500 euros au CH de Lons-le-Saunier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par le CH de Lons-le-Saunier est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Ambulances et Taxis des 4 Villages et au centre hospitalier de Lons-le-Saunier.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2024.
Le rapporteur,
J. SeytelLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. Pernot
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026