mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201015 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LANDBECK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 juin 2022 et 25 juin 2024, M. C A, représenté par Me Bracq, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2021 du président du conseil d'administration du SDIS du Jura en tant qu'il a fixé le taux de son indemnité de responsabilité à 8,5 % de l'indice brut moyen à compter du 1er octobre 2021, ensemble la décision du 14 avril 2022 par laquelle il a rejeté son recours gracieux formé à l'encontre de cet arrêté ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2021 du président du conseil d'administration du SDIS du Jura en tant qu'il a décidé de lui verser son indemnité de spécialité d'opérateur de salle opérationnelle à compter du 1er octobre 2021 ;
3°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2022 du président du conseil d'administration du SDIS du Jura en tant qu'il " refuse de faire droit à sa demande de versement d'une indemnité de 10 % à compter du 18 mars 2021 " ;
4°) d'enjoindre au président du conseil d'administration du SDIS du Jura d'édicter un arrêté modifiant son régime indemnitaire ;
5°) de mettre à la charge du SDIS du Jura une somme de 2 000 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 6-4 du décret n°90-859 du 25 septembre 1990 ;
- elles méconnaissent le principe d'égalité.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mars 2024, le SDIS du Jura, représenté par Me Landbeck, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 18 octobre 2021 sont irrecevables car tardives ;
- les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 2 décembre 2021 sont irrecevables car cet arrêté a été retiré par l'arrêté du 19 mai 2022 ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le décret n°89-677 du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kiefer, conseillère,
- les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bocher-Allanet, substituant Me Landbeck, pour le SDIS du Jura.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est sapeur-pompier professionnel depuis le 1er février 2015 et est affecté au centre de traitement de l'alerte et au centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (CTA-CODIS) de Montmorot. Par un arrêté du 18 octobre 2021, le président du conseil d'administration du SDIS du Jura a modifié son régime indemnitaire en lui accordant une indemnité de responsabilité de chef d'équipe à compter du 1er septembre 2021 et en fixant le taux de cette indemnité à 8,5 %. Par un arrêté du 2 décembre 2021, il a modifié à nouveau son régime indemnitaire en lui accordant une indemnité d'opérateur de salle opérationnelle à compter du 1er octobre 2021 et en fixant le taux de cette indemnité à 4 %. Par un courrier du 11 mars 2022, M. A a demandé au président du conseil d'administration du SDIS du Jura de modifier l'arrêté du 18 octobre 2021 en ce qu'il ne prévoit pas le versement de l'indemnité de responsabilité à compter du 18 mars 2021 et ne fixe pas le taux de cette indemnité à hauteur de 10 %, et de retirer l'arrêté du 2 décembre 2021 en ce qu'il ne prévoit pas le versement de son indemnité de spécialité depuis le 21 novembre 2020. Par un courrier du 14 avril 2022, le président du conseil d'administration (CA) du SDIS a refusé de modifier le taux de son indemnité de responsabilité. Il a également refusé de lui verser cette indemnité à compter du 18 mars 2021, mais a accepté de lui verser son indemnité de spécialité à compter du 20 novembre 2020. Par un arrêté du 19 mai 2022, il a ainsi retiré l'arrêté du 2 décembre 2021 et prévu, notamment, le versement de l'indemnité de spécialité de l'intéressé à compter du 20 novembre 2020. Par la présente requête, M. A demande l'annulation des arrêtés du 18 octobre 2021, 2 décembre 2021 et 19 mai 2022, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux du 14 avril 2022.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 6-4 du décret n°90-850 du 25 septembre 1990 portant dispositions communes à l'ensemble des sapeurs-pompiers professionnels, dans sa version en vigueur du 1er mai 2012 au 17 avril 2022 : " " I. - Une indemnité de responsabilité, variable en fonction du grade et de l'emploi, peut être attribuée aux sapeurs-pompiers professionnels. Lorsqu'ils occupent plusieurs emplois, un seul de ceux-ci peut être pris en compte pour le calcul de cette indemnité. / II. - L'indemnité de responsabilité, non soumise à retenue pour pension, est calculée en pourcentage du traitement indiciaire brut moyen de chaque grade. Un arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et des ministres chargés du budget et de la fonction publique fixe, pour chaque grade, l'indice brut minimal et l'indice brut maximal applicables. / III. - Les conditions d'octroi, liées aux responsabilités particulières qui sont confiées aux sapeurs-pompiers professionnels, ainsi que les taux maxima de cette indemnité figurent dans le tableau I annexé au présent décret ". Aux termes de ce même article, dans sa version en vigueur à compter du 17 avril 2022 : " Une indemnité de responsabilité, variable en fonction du grade et de l'emploi, peut être attribuée aux sapeurs-pompiers professionnels. Lorsqu'ils occupent plusieurs emplois, un seul de ceux-ci peut être pris en compte pour le calcul de cette indemnité / L'indemnité de responsabilité, non soumise à retenue pour pension, est calculée en pourcentage du traitement indiciaire brut moyen de chaque grade. Un arrêté conjoint du ministre chargé de la sécurité civile et des ministres chargés du budget et de la fonction publique fixe, pour chaque grade, l'indice brut minimal et l'indice brut maximal applicables. / Les taux maxima de cette indemnité, fixés en fonction des grades et des responsabilités exercées par les sapeurs-pompiers professionnels, figurent dans le tableau I annexé au présent décret ". Le tableau I annexé à ce décret prévoit que les sapeurs-pompiers au grade caporal se voient attribuer une indemnité au taux maxima de 10 % de leur traitement indiciaire brut moyen lorsqu'ils exercent la responsabilité de chef opérateur de salle opérationnelle, et 8,5 % de ce traitement lorsqu'ils exercent la responsabilité de chef d'équipe.
3. M. A soutient qu'il exerce la responsabilité de chef opérateur de salle opérationnelle, et indique à cet égard qu'il est titulaire du diplôme d'opérateur de salle opérationnelle depuis le 20 novembre 2020 et du diplôme de chef d'équipe depuis le 18 mars 2021. Toutefois, le SDIS du Jura fait valoir en défense sans être sérieusement contredit qu'il n'existe pas de besoin de chef opérateur de salle opérationnelle au sein du CTA-CODIS de Montmorot, et que le requérant ne démontre pas exercer ces fonctions. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que le président du CA du SDIS aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en lui attribuant seulement une indemnité de responsabilité à hauteur de 8,5 % de son traitement indiciaire brut en qualité de chef d'équipe.
4. En second lieu, d'une part, M. A soutient qu'en fixant le taux de son indemnité de responsabilité à 8,5 % de son traitement indiciaire brut, le président du conseil d'administration du SDIS a méconnu le principe d'égalité de traitement. Il se prévaut à ce titre du régime indemnitaire de deux de ses collègues, M. D et M. B, qui perçoivent une indemnité à hauteur de 10 %. Toutefois, il ressort des termes des arrêtés fixant le régime indemnitaire de ces agents qu'ils exercent les fonctions de chef opérateur de salle opérationnelle. Ainsi, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, et en l'absence d'éléments supplémentaires apportés par le requérant, les deux agents dont il est fait état pour justifier de la rupture d'égalité alléguée ne peuvent être regardés comme se trouvant dans la même situation que M. A. Cette branche du moyen tiré de la rupture d'égalité de traitement doit donc être écartée.
5. D'autre part, M. A soutient également qu'en lui attribuant une indemnité de responsabilité à compter du 1er octobre 2021, le président du conseil d'administration du SDIS a méconnu le principe d'égalité de traitement. Il se prévaut cette fois du régime indemnitaire de deux autres collègues, qui ont obtenu leur diplôme de chef d'équipe en même temps que lui, le 18 mars 2021, mais qui bénéficient de leur indemnité de responsabilité depuis le 1er avril 2021. Il ressort en effet des termes des arrêtés fixant le régime indemnitaire de ces agents qu'ils se trouvent dans la même situation que M. A en ce qui concerne cette indemnité de responsabilité. Toutefois, l'arrêté du 19 mai 2022, qui constitue la seule décision en vigueur en ce qui concerne le régime indemnitaire du requérant, prévoit notamment que ce dernier doit percevoir son indemnité de responsabilité, à hauteur de 8,5 % de son traitement indiciaire brut moyen, depuis le 20 novembre 2020, et non depuis le 1er octobre 2021 comme l'indique M. A pour solliciter le début de ce régime indemnitaire au 1er avril 2021 à l'instar de ses collègues. Dès lors, la seconde branche du moyen tiré de la rupture d'égalité de traitement doit être écartée.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense et sur la recevabilité des conclusions de la requête, que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du SDIS du Jura, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A une somme à verser au SDIS du Jura au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le SDIS du Jura au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au service départemental d'incendie et de secours du Jura.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Michel, présidente,
- M. Debat, premier conseiller,
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
La rapporteure,
L. Kiefer
La présidente,
F. Michel
La greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026