jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201043 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | OLIVEIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 17 juin et 8 novembre 2022, M. C B, représenté par Me Amizet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2022 par lequel le recteur de l'académie de Besançon a procédé au retrait de l'arrêté du 29 mars 2021 portant changement d'échelon ainsi que la décision du 30 mai 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Besançon de reconstituer sa carrière et de le rétablir à l'échelon spécial de son grade d'attaché d'administration hors classe, avec tous les droits et prérogatives attachés, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la décision attaquée du 11 mars 2022 a été signée par une personne qui n'avait pas compétence pour y procéder ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle n'est pas illégale et qu'en tout état de cause, le délai de quatre mois pour la retirer n'a pas été respecté ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir dès lors que cette décision revêt le caractère d'une sanction déguisée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 septembre 2022 et 16 mars 2023, la rectrice de l'académie de Besançon conclut au rejet de la requête.
La rectrice fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Un mémoire, enregistré le 27 juin 2023 pour M. B, n'a pas été communiqué.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2011-1317 du 17 octobre 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marquesuzaa,
- les conclusions de M. D,
- les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 29 mars 2021, M. B a été promu à l'échelon spécial du grade d'attaché d'administration hors classe. Il a ensuite été placé en congé de longue maladie puis en congé de longue durée. Par un arrêté du 11 mars 2022, le recteur de l'académie de Besançon a procédé au retrait de l'arrêté du 29 mars 2021. Par un courrier du 8 avril 2022, M. B a formé un recours gracieux contre cet arrêté expressément rejeté par une décision du 30 mai 2022. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 11 mars 2022 et de la décision du 30 mai 2022 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté est signé par Mme Valérie Pinset, secrétaire générale de l'académie de Besançon. Si la rectrice de l'académie de Besançon verse au dossier une délégation de signature du 8 avril 2020 n° BFC-2020-04-08-002 dont l'article 1er prévoit qu'une " délégation permanente de signature est donnée à Mme Valérie Pinset () à effet de signer toutes mesures dans le cadre de ses attributions et compétences ", les attributions et compétences de Mme A ne sont précisées par aucun document. En outre, il n'est ni établi ni même allégué que la rectrice de l'académie de Besançon aurait donné une autre délégation de signature à Mme A à l'effet de signer spécifiquement les mesures procédant au retrait d'un arrêté portant changement d'échelon. Dans ces conditions, Mme A ne peut être regardée comme ayant compétence pour prendre ce type de décision. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté du 11 mars 2022 doit être accueilli.
3. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 mars 2022 et de la décision du 30 mai 2022 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4. Lorsqu'une décision créatrice de droits est retirée et que ce retrait est annulé, la décision initiale est rétablie à compter de la date de lecture de la décision juridictionnelle prononçant cette annulation. Une telle annulation n'a, en revanche, pas pour effet d'ouvrir un nouveau délai de quatre mois pour retirer la décision initiale, alors même que celle-ci comporterait des irrégularités pouvant en justifier légalement le retrait.
5. En raison du motif qui la fonde et de ses effets, l'annulation des décisions attaquées, qui a pour effet de rétablir, à compter de la date de lecture du présent jugement, l'arrêté du 29 mars 2021 qu'elles retiraient, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 11 mars 2022 et la décision du 30 mai 2022 sont annulés.
Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée, pour information, à la rectrice de l'académie de Besançon.
Délibéré après l'audience du 6 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
La rapporteure,
A. MarquesuzaaLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. PernotLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026