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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2201050

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2201050

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2201050
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la requête de M. I contestant l'arrêté du préfet du Jura du 16 décembre 2021 renouvelant l'autorisation d'exploiter la microcentrale hydroélectrique Pasteur 2. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence du signataire, la délégation de signature étant régulière. Il a également jugé que les prescriptions supplémentaires imposées par l'arrêté ne constituaient pas une modification substantielle au sens de l'article L. 181-14 du code de l'environnement, ne nécessitant donc pas une nouvelle étude d'impact. Enfin, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 214-18, R. 214-109 et L. 214-17 du code de l'environnement ont été écartés comme infondés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 16 juin 2022, 7 juin 2023 et 11 octobre 2024, M. D I, représenté par Me Robbe, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 décembre 2021 par lequel le préfet du Jura a accordé à la société Pasteur C le renouvellement de son autorisation d'exploiter la microcentrale hydroélectrique Pasteur 2 sur l'Ain, sur le territoire de la commune de Sirod, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux à l'encontre de cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté et la décision attaqués sont entachés d'incompétence de leur signataire ;

- le renouvellement d'autorisation en litige s'accompagne d'une modification substantielle au sens de l'article L. 181-14 du code de l'environnement et aurait donc dû être précédé d'une étude d'impact ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 214-18 du code de l'environnement ;

- il méconnaît les dispositions des articles R. 214-109 et L. 214-17 du code de l'environnement.

Par des mémoires en défense enregistrés les 9 décembre 2022 et 9 octobre 2024, ainsi qu'un mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2024 et non communiqué, le préfet du Jura conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. I ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kiefer, conseillère,

- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. I exploite un barrage hydroélectrique sur la rivière de l'Ain, sur le territoire de la commune de Sirod, à proximité d'un autre barrage exploité par la société Pasteur C. Le 30 octobre 2018, cette société a sollicité le renouvellement de son autorisation d'exploiter sa microcentrale hydroélectrique. Par un arrêté du 16 décembre 2021, le préfet du Jura l'a autorisé à poursuivre son exploitation. Le 15 février 2022, M. I a demandé au préfet du Jura de retirer cet arrêté. Son recours gracieux a été rejeté le 3 mai 2022. Par la présente requête, M. I demande l'annulation de l'arrêté du 16 décembre 2021 et de la décision de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2021-03-24-001 du 30 mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Jura le 1er avril 2024, le préfet du Jura a donné délégation à M. H E, directeur départemental des territoires, à l'effet de signer notamment les arrêtés portant autorisation environnementale ainsi que ceux prolongeant ou renouvelant ces autorisations. Par ailleurs, par un arrêté n° 2021-08-27-001 du 27 août 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Jura le 30 août 2021, M. E a donné, en application des dispositions de l'article 44 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004, subdélégation à M. B A, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme G F, cheffe de service, pour signer notamment ces mêmes arrêtés. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 16 décembre 2021 doit être écarté.

3. En deuxième lieu, les vices propres de la décision de rejet d'un recours gracieux ne peuvent être utilement contestés. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 3 mai 2022 doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 181-14 du code de l'environnement : " Toute modification substantielle des activités, installations, ouvrages ou travaux qui relèvent de l'autorisation environnementale est soumise à la délivrance d'une nouvelle autorisation, qu'elle intervienne avant la réalisation du projet ou lors de sa mise en œuvre ou de son exploitation. / () ". Aux termes de l'article R. 181-46 du même code : " I. - Est regardée comme substantielle, au sens de l'article L. 181-14, la modification apportée à des activités, installations, ouvrages et travaux soumis à autorisation environnementale qui : / 1° En constitue une extension devant faire l'objet d'une nouvelle évaluation environnementale en application du II de l'article R. 122-2 ; / 2° Ou atteint des seuils quantitatifs et des critères fixés par arrêté du ministre chargé de l'environnement ; / 3° Ou est de nature à entraîner des dangers et inconvénients significatifs pour les intérêts mentionnés à l'article L. 181-3. / La délivrance d'une nouvelle autorisation environnementale est soumise aux mêmes formalités que l'autorisation initiale. / () ". Aux termes de l'article R. 181-49 de ce code : " La demande de prolongation ou de renouvellement d'une autorisation environnementale est adressée au préfet par le bénéficiaire six mois au moins avant la date d'expiration de cette autorisation. / La demande présente notamment les analyses, mesures et contrôles effectués, les effets constatés sur le milieu et les incidents survenus, ainsi que les modifications envisagées compte tenu de ces informations ou des difficultés rencontrées dans l'application de l'autorisation. / Cette demande est soumise aux mêmes formalités que la demande d'autorisation initiale si elle prévoit d'apporter une modification substantielle aux activités, installations, ouvrages et travaux autorisés ".

5. En l'espèce, alors que la SAS Pasteur C s'est bornée à solliciter le renouvellement de son installation sans modifications, l'administration a décidé d'assortir l'arrêté d'autorisation en litige de prescriptions destinées à réduire les impacts de sa microcentrale hydroélectrique sur le milieu aquatique. Les aménagements prévus consistent en l'implantation en rive gauche du cours d'eau d'une goulotte de dévalaison avec un débit de 400 litres par seconde, accompagnée d'une grille inclinée à 28° et d'un plan de grille à barreaux espacés de 25 millimètres. Si M. I soutient que ce dispositif aura " nécessairement un effet " sur le flux d'eau, sur son débit dans le lit principal du cours d'eau et sur la circulation de la faune piscicole, ces allégations ne sont ni étayées d'éléments précis, ni d'un commencement de preuve. En l'état, elles ne suffisent donc pas à caractériser une modification substantielle de l'installation au sens des dispositions citées au point précédent. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la délivrance de l'autorisation devait être précédée d'une nouvelle étude d'impact.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 214-18 du code de l'environnement, dans sa version alors en vigueur : " I. - Tout ouvrage à construire dans le lit d'un cours d'eau doit comporter des dispositifs maintenant dans ce lit un débit minimal garantissant en permanence la vie, la circulation et la reproduction des espèces vivant dans les eaux au moment de l'installation de l'ouvrage ainsi que, le cas échéant, des dispositifs empêchant la pénétration du poisson dans les canaux d'amenée et de fuite. / Ce débit minimal ne doit pas être inférieur au dixième du module du cours d'eau en aval immédiat ou au droit de l'ouvrage correspondant au débit moyen interannuel, évalué à partir des informations disponibles portant sur une période minimale de cinq années, ou au débit à l'amont immédiat de l'ouvrage, si celui-ci est inférieur. Pour les cours d'eau ou parties de cours d'eau dont le module est supérieur à 80 mètres cubes par seconde, ou pour les ouvrages qui contribuent, par leur capacité de modulation, à la production d'électricité en période de pointe de consommation et dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat pris après avis du Conseil supérieur de l'énergie, ce débit minimal ne doit pas être inférieur au vingtième du module du cours d'eau en aval immédiat ou au droit de l'ouvrage évalué dans les mêmes conditions ou au débit à l'amont immédiat de l'ouvrage, si celui-ci est inférieur. Toutefois, pour les cours d'eau ou sections de cours d'eau présentant un fonctionnement atypique rendant non pertinente la fixation d'un débit minimal dans les conditions prévues ci-dessus, le débit minimal peut être fixé à une valeur inférieure. / II. - Les actes d'autorisation ou de concession peuvent fixer des valeurs de débit minimal différentes selon les périodes de l'année, sous réserve que la moyenne annuelle de ces valeurs ne soit pas inférieure aux débits minimaux fixés en application du I. En outre, le débit le plus bas doit rester supérieur à la moitié des débits minimaux précités. / Lorsqu'un cours d'eau ou une section de cours d'eau est soumis à un étiage naturel exceptionnel, l'autorité administrative peut fixer, pour cette période d'étiage, des débits minimaux temporaires inférieurs aux débits minimaux prévus au I. / III. - L'exploitant de l'ouvrage est tenu d'assurer le fonctionnement et l'entretien des dispositifs garantissant dans le lit du cours d'eau les débits minimaux définis aux alinéas précédents. / IV. - Pour les ouvrages existant à la date de promulgation de la loi n° 2006-1772 du 30 décembre 2006 sur l'eau et les milieux aquatiques, les obligations qu'elle institue sont substituées, dès le renouvellement de leur concession ou autorisation et au plus tard le 1er janvier 2014, aux obligations qui leur étaient précédemment faites. Cette substitution ne donne lieu à indemnité que dans les conditions prévues au III de l'article L. 214-17. / V. - Le présent article n'est applicable ni au Rhin ni aux parties internationales des cours d'eau partagés ".

7. Il résulte de ces dispositions que tout ouvrage à construire dans le lit d'un cours d'eau doit comporter des dispositifs maintenant dans ce lit un débit minimal garantissant en permanence la vie, la circulation et la reproduction des espèces vivant dans les eaux au moment de l'installation de l'ouvrage. Ce débit minimal est fixé, selon les cours d'eau, au dixième ou au vingtième du module du cours d'eau. Le contentieux des autorisations délivrées au titre de la loi sur l'eau, et, notamment, celui des autorisations d'exploitation d'ouvrages construits dans le lit de cours d'eau, est un contentieux de pleine juridiction. En vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par le code de l'environnement, le juge administratif peut dès lors aggraver ou compléter les prescriptions de l'arrêté d'autorisation ou substituer aux règles fixées par le préfet d'autres prescriptions techniques de nature à assurer la préservation de l'environnement.

8. M. I soutient que le débit minimum biologique de 930 litres par seconde fixé par l'arrêté en litige est inférieur au seuil minimal de 10 % fixé par les dispositions citées au point 6. Il se prévaut à cet égard des prélèvements officiels effectués au niveau de l'installation de Bourg-de-Sirod, c'est-à-dire à proximité immédiate du site du barrage de la société Pasteur C. Ceux-ci font apparaître un débit interannuel moyen sur cinq ans de 9,38 m3 par seconde, soit 9 380 litres par seconde. Toutefois, il résulte de l'instruction que le préfet a demandé à la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) de Bourgogne Franche-Comté d'évaluer ce débit, en prenant en compte l'existence du réseau des écoulements des eaux situés entre la microcentrale Pasteur 2 et la station de mesure donnant lieu aux prélèvements officiels à Bourg-de-Sirod. La DREAL a rédigé une note, versée au dossier, qui fait état d'un débit évalué à 8,79 m3 par seconde. Sur cette base, M. I indique en réponse que le débit moyen de 930 litres par seconde ne pourra pas être assuré dans le lit du cours d'eau, dès lors que 400 litres par seconde seront détournés par le biais du dispositif de dévalaison, qu'il sera lui-même privé d'un débit de 400 litres d'eau par seconde, ce qui ne lui permettra pas de respecter le débit minimal moyen, et que ce débit moindre va porter atteinte à la vie, la circulation et la reproduction des espèces vivant dans les eaux.

9. Toutefois, il résulte de l'instruction que le préfet du Jura a tenu compte de ces éléments en édictant un arrêté modificatif le 7 octobre 2024. Cet arrêté prévoit désormais que le débit minimum biologique, fixé à 0,88 m3, est intégralement délivré par une échancrure située à l'extrémité rive droite du barrage de prise d'eau de l'usine hydroélectrique Pasteur 2, et non plus réparti entre l'échancrure et le dispositif de dévalaison. Dans ces conditions, et en l'absence d'autres éléments permettant d'établir que ce nouveau dispositif ne serait pas suffisant, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 214-18 du code de l'environnement doit être écarté.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 214-109 du code de l'environnement : " Constitue un obstacle à la continuité écologique, au sens du 1° du I de l'article L. 214-17 et de l'article R. 214-1, l'ouvrage entrant dans l'un des cas suivants : / 1° Il ne permet pas la libre circulation des espèces biologiques, notamment parce qu'il perturbe significativement leur accès aux zones indispensables à leur reproduction, leur croissance, leur alimentation ou leur abri ; / 2° Il empêche le bon déroulement du transport naturel des sédiments ; / 3° Il interrompt les connexions latérales avec les réservoirs biologiques ; / 4° Il affecte substantiellement l'hydrologie des réservoirs biologiques ". Aux termes de l'article L. 214-17 du même code : " I. - Après avis des conseils départementaux intéressés, des établissements publics territoriaux de bassin concernés, des comités de bassins et, en Corse, de l'Assemblée de Corse, l'autorité administrative établit, pour chaque bassin ou sous-bassin : / 1° Une liste de cours d'eau, parties de cours d'eau ou canaux parmi ceux qui sont en très bon état écologique ou identifiés par les schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux comme jouant le rôle de réservoir biologique nécessaire au maintien ou à l'atteinte du bon état écologique des cours d'eau d'un bassin versant ou dans lesquels une protection complète des poissons migrateurs vivant alternativement en eau douce et en eau salée est nécessaire, sur lesquels aucune autorisation ou concession ne peut être accordée pour la construction de nouveaux ouvrages s'ils constituent un obstacle à la continuité écologique. / Le renouvellement de la concession ou de l'autorisation des ouvrages existants, régulièrement installés sur ces cours d'eau, parties de cours d'eau ou canaux, est subordonné à des prescriptions permettant de maintenir le très bon état écologique des eaux, de maintenir ou d'atteindre le bon état écologique des cours d'eau d'un bassin versant ou d'assurer la protection des poissons migrateurs vivant alternativement en eau douce et en eau salée ; / () ". L'Ain figure sur la liste de cours d'eau, parties de cours ou canaux relevant des dispositions précitées du 1° du I de l'article L. 214-17 et de l'article R. 214-1 de ce code.

11. M. I soutient que le dispositif préconisé par l'administration, décrit au point 5 du présent jugement, ne permet pas la dévalaison ou la montaison de la faune piscicole. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment des explications du préfet en défense, que l'arrêté en litige prévoit l'ouverture régulière de la vanne de dégravage en période de crue, de façon à ne pas compromettre le bon déroulement du transport des sédiments, ainsi que la création du dispositif de dévalaison précédemment évoqué, destiné à permettre la libre circulation des espèces biologiques et à ne pas perturber leur accès aux zones indispensables à leur reproduction, leur croissance, leur alimentation ou leur abri. Dans ces conditions, alors que le requérant n'assortit son moyen d'aucune allégation ou précision de nature à remettre en cause ces constats, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 214-109 et L. 214-17 du code de l'environnement doit être écarté.

12. En dernier lieu, à supposer que M. I puisse utilement contester le délai de deux ans laissé à l'exploitant concurrent pour l'implantation du dispositif prévu par les dispositions de son autorisation, il résulte de l'instruction, et notamment de l'arrêté en litige, qu'avant de pouvoir débuter les travaux de construction, l'exploitant devra présenter un plan d'exécution du dispositif de dévalaison définitif et d'échancrure du débit réservé aux services de la police de l'eau de la direction départementale des territoires. Ce plan devra ensuite être validé par l'office français de la biodiversité, et un arrêté complémentaire devra valider le dispositif et encadrer les travaux. Une fois les travaux réalisés, l'exploitant devra également communiquer à ces services les plans des ouvrages, aux fins de vérification de leur conformité. Il s'ensuit que cette procédure, nécessaire pour s'assurer du caractère conforme de l'installation, ne permet pas de regarder le délai de deux ans laissé à l'exploitant comme excessif.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. I n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 décembre 2021 et de la décision du 3 mai 2022 rejetant son recours gracieux formé à l'encontre de cet arrêté.

Sur les frais liés au litige :

14. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, il n'y a pas lieu de mettre une somme à sa charge au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. I est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D I et à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Jura.

Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Michel, présidente,

- Mme Goyer-Tholon, conseillère,

- Mme Kiefer, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.

La rapporteure,

L. Kiefer

La présidente,

F. MichelLa greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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