mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201067 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DSC AVOCATS TA |
Vu les procédures suivantes :
I/ Par une requête et des mémoires enregistrés les 16 juin 2022, 8 et 24 février 2023 et un mémoire non communiqué enregistré le 5 novembre 2024 sous le n° 2201067, Mme C E, M. M G, Mme K N, M. J D, M. F A et M. B L demandent au tribunal d'annuler la délibération du 15 avril 2022 du conseil municipal de Bucey-lès-Gy en tant qu'elle porte sur la mise en vente de la mairie.
Ils soutiennent que :
- la délibération n'a pas été sérieusement discutée pendant la séance du conseil municipal ;
- les membres du conseil municipal n'ont pu se prononcer en toute connaissance de cause, en l'absence de communication préalable du projet de délibération et de tout autre document informatif, notamment de nature financière ;
- la composition du groupe de travail n'a pas fait l'objet d'une concertation, alors que la demande de participation d'un élu a été refusée ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation, en l'absence d'analyse des alternatives possibles ;
- la procédure de mise en vente des biens du domaine public n'a pas été respectée, dès lors que le bien n'a été ni déclassé ni désaffecté.
Par des mémoires en défense enregistrés les 1er, 20 février et 9 mars 2023, la commune de Bucey-lès-Gy, représentée par Me Suissa, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que les requérants lui versent une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison du défaut de capacité et d'intérêt à agir du collectif de citoyens de Bucey-lès-Gy ; subsidiairement, la requête doit être regardée comme présentée par Mme C E seule, seule requérante dont l'identité et l'adresse est mentionnée ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un courrier en date du 6 novembre 2024, les parties ont été informées en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre le point 11 de la délibération du 15 avril 2022 dès lors que cet acte ne fait pas grief.
II/ Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 juin 2022 et 6 mars 2024 et un mémoire non communiqué enregistré le 5 novembre 2024, sous le numéro 2301220, M. M G, Mme C E, Mme K N, M. J D, M. F A et M. B L demandent au tribunal d'annuler la délibération du 15 avril 2022 du conseil municipal de Bucey-lès-Gy en tant qu'elle porte sur la mise en vente de la mairie.
Ils soutiennent que :
- la délibération n'a pas été sérieusement discutée pendant la séance du conseil municipal ;
- les membres du conseil municipal n'ont pu se prononcer en toute connaissance de cause, en l'absence de communication préalable du projet de délibération et de tout autre document informatif, notamment de nature financière ;
- la composition du groupe de travail n'a pas fait l'objet d'une concertation, alors que la demande de participation d'un élu a été refusée ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation, en l'absence d'analyse des alternatives possibles.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 janvier 2024, la commune de Bucey-lès-Gy, représentée par Me Suissa, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que les requérants lui versent une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un courrier en date du 6 novembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre le point 11 de la délibération du 15 avril 2022 dès lors que cet acte ne fait pas grief.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Goyer-Tholon, conseillère ;
- les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique ;
- et les observations de M. A, représentant les requérants et de Me Bouchoudjian pour la commune de Bucey-lès-Gy.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 15 avril 2022, le conseil municipal de la commune de Bucey-lès-Gy a décidé la mise en vente du bâtiment abritant la mairie. Par deux requêtes enregistrées sous les n°s 2201067 et 2301220, Mme C E, M. M G, M. H I, Mme K N, M. J D, M. F A et M. B L, constitués en collectif de citoyens de Bucey-lès-Gy, demandent l'annulation de cette décision. Il y a lieu de joindre ces deux requêtes, qui tendent aux mêmes fins et qui ont fait l'objet d'une instruction commune.
Sur la recevabilité des requêtes :
2. Il ressort des pièces du dossier que la délibération du 15 avril 2022, en son point 11, décide de mettre en vente le bâtiment de la mairie et autorise le maire à engager les démarches en ce sens auprès d'agences immobilières. Il s'ensuit qu'en adoptant cette délibération, le conseil municipal de Bucey-lès-Gy s'est seulement prononcé sur le principe de la cession du bâtiment, sans désigner les bénéficiaires de la vente ni préciser les conditions de la cession envisagée. Ainsi, le point 11 de la délibération en litige a seulement le caractère d'un acte préparatoire qui ne fait pas grief. Par suite, les deux requêtes, qui sont dirigées contre la délibération du 15 avril 2022, seulement en ce qu'elle prévoit le principe de la cession des bâtiments de la mairie, sont irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants le versement à la commune de Bucey-lès-Gy d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2201067 de Mme C E, M. M G, Mme K N, M. J D, M. F A et M. B L est rejetée.
Article 2 : La requête n° 2301220 de M. M G, Mme C E, Mme K N, M. J D, M. F A et M. B L est rejetée.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Bucey-lès-Gy présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, représentante désignée, pour l'ensemble des requérants sous le n°2201067, à M. M G représentant désigné, pour l'ensemble des requérants sous le n°2301220, et à la commune de Bucey-lès-Gy.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Michel, présidente ;
- M. Debat, premier conseiller ;
- Mme Goyer-Tholon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
La rapporteure,
C. Goyer-Tholon
La présidente,
F. MichelLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°s 2201067-2301220
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