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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2201077

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2201077

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2201077
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

A une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 27 juin et 4 août 2022, M. D B, représenté A Me Dravigny, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 juin 2022 A lequel le préfet du Doubs lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office à l'expiration de ce délai de départ volontaire ;

2°) d'enjoindre au préfet du Doubs, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " salarié " ou " travailleur temporaire " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et, durant ce délai, de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ou, à titre subsidiaire et dans les mêmes conditions de délai, de réexaminer sa situation et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros HT à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- la décision de refus de délivrance du titre de séjour est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'une erreur de fait quant à la validité des documents d'état civil du requérant ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de délivrance de titre de séjour sur lequel elle se fonde ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

A un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2022, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens soulevés A le requérant ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale A une décision du 17 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice ;

- le décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger ;

- le décret n° 2020-1370 du 10 novembre 2020 relatif à la légalisation des actes publics établis A une autorité étrangère ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- et les observations de Me Dravigny, pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant guinéen né le 10 août 2003, est entré en France en novembre 2019, selon ses déclarations. Placé à l'aide sociale à l'enfance du département du Doubs le 2 janvier 2020, l'intéressé a sollicité son admission au séjour notamment sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A un arrêté du 2 juin 2022, le préfet du Doubs a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en désignant le pays dont il a la nationalité comme pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office à l'expiration de ce délai. M. B demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° les documents justifiant de son état civil ; 2° les documents justifiant de sa nationalité ; () ". L'article L. 811-2 du même code prévoit que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies A l'article 47 du code civil. Ce dernier article dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ". Aux termes de l'article 16 de la loi du 23 mars 2019 visée ci-dessus : " () II. - Sauf engagement international contraire, tout acte public établi A une autorité étrangère et destiné à être produit en France doit être légalisé pour y produire effet. / La légalisation est la formalité A laquelle est attestée la véracité de la signature, la qualité en laquelle le signataire de l'acte a agi et, le cas échéant, l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu () ". Aux termes de l'article 3 du décret du 10 novembre 2020 relatif à la légalisation des actes publics établis A une autorité étrangère : " I. - L'ambassadeur ou le chef de poste consulaire français peut légaliser : / 1° Les actes publics émis A les autorités de son Etat de résidence, légalisés le cas échéant A l'autorité compétente de cet Etat ; () ". Aux termes de l'article 4 du même décret : " A dérogation au 1° du I de l'article 3, peuvent être produits en France ou devant un ambassadeur ou chef de poste consulaire français : / 1° Les actes publics émis A les autorités de l'Etat de résidence dans des conditions qui ne permettent manifestement pas à l'ambassadeur ou au chef de poste consulaire français d'en assurer la légalisation, sous réserve que ces actes aient été légalisés A l'ambassadeur ou le chef de poste consulaire de cet Etat en résidence en France. / Le ministre des affaires étrangères rend publique la liste des Etats concernés ; () ". Enfin, en application de l'article 1er du décret du 24 décembre 2015, en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger, l'autorité administrative saisie d'une demande d'établissement ou de délivrance d'un acte ou d'un titre peut procéder ou faire procéder, en application de l'article 47 du code civil, aux vérifications utiles auprès de l'autorité étrangère compétente.

4. Il résulte de ce qui précède que l'article 47 du code civil pose une présomption de validité des actes d'état civil établis A une autorité étrangère dans les formes usitées dans ce pays. Il incombe donc à l'administration de renverser cette présomption en apportant la preuve du caractère irrégulier, falsifié ou non conforme à la réalité des actes en question. Toutefois, en l'absence de convention internationale contraire, les copies ou extraits d'actes d'état civil établis A les autorités étrangères doivent, selon la coutume internationale, être légalisés pour recevoir effet en France. Lorsqu'est produit devant l'administration un acte d'état civil émanant d'une autorité étrangère qui a fait l'objet d'une légalisation, sont en principe attestées la véracité de la signature apposée sur cet acte, la qualité de celui qui l'a dressé et l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. Toutefois, la légalisation se bornant à attester de la régularité formelle d'un acte, la force probante de celui-ci peut être combattue A tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. A suite, en cas de contestation de la valeur probante d'un acte d'état civil légalisé établi à l'étranger, il revient au juge administratif de former sa conviction en se fondant sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

5. Il résulte des règles énoncées aux points 3 et 4 que le préfet, saisi d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut écarter un document d'état civil étranger légalisé produit devant lui qu'à la condition qu'il apporte la preuve de son caractère irrégulier, falsifié ou inexact.

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de sa demande de délivrance de titre de séjour, M. B a produit une copie légalisée du jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance n°2949 daté du 13 février 2020, une transcription de ce jugement n°3103 datée du 29 juillet 2020 et une copie d'une carte d'identité consulaire délivrée le 29 mars 2021.

7. Pour refuser de délivrer à M. B le titre de séjour qu'il avait sollicité sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Doubs s'est fondé sur le caractère frauduleux des documents d'état civil présentés A l'intéressé à l'appui de sa demande, se référant au rapport d'examen technique documentaire rédigé A les services de la police aux frontières de Pontarlier le 26 août 2021, lequel a relevé notamment que le jugement supplétif et sa transcription présentés A M. B sont rédigés et imprimés sur du papier ordinaire sans aucune sécurité documentaire, que les cachets secs et humides présentent des anomalies, qu'ils n'ont pas été légalisés A les autorités consulaires françaises en Guinée et qu'ils ne comportent pas toutes les mentions prévues A l'article 196 du code civil guinéen. Toutefois, l'obligation de légalisation à laquelle est soumise le jugement supplétif guinéen, qui permet d'attester de la véracité de la signature, de la qualité en laquelle le signataire de l'acte a agi et, le cas échéant, de l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu, doit être regardée comme remplie A la légalisation effectuée A l'ambassade de Guinée en France, dès lors que les services consulaires français dans ce pays ne procèdent plus à cette légalisation. A ailleurs, en l'absence de tout élément sur la qualité des supports des actes d'état civil guinéens et les sécurités qu'ils doivent comporter selon la législation guinéenne, la circonstance que les actes présentés A le requérant sont établis sur un support ordinaire grand public sans sécurité documentaire n'est pas de nature à établir que les mentions relatives à son identité et notamment à sa date de naissance sont irrégulières, falsifiées ou inexactes. En outre, les seules circonstances que les cachets secs et humides présentent des anomalies ne sauraient également suffire à établir que ces actes d'état civil seraient irréguliers, falsifiés ou inexacts. Enfin, il ne ressort pas des dispositions du code civil guinéen, et en particulier de son article 193 qui régit les jugements supplétifs, que ces derniers doivent comporter l'ensemble des mentions prévues A les dispositions de l'article 196 du même code relatif aux actes d'état civil. Il résulte de ce qui précède qu'en application de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 47 du code civil auquel il renvoie, il n'est pas établi que les actes d'état civil fournis A M. B sont dépourvus de valeur probante. Ainsi, l'intéressé est fondé à soutenir que le préfet du Doubs a commis une erreur de fait en considérant que ces documents étaient irrecevables.

8. En second lieu, lorsqu'il examine une demande de titre de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans le cadre de l'admission exceptionnelle au séjour, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans et qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle. Disposant d'un large pouvoir d'appréciation, il doit ensuite prendre en compte la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'il a portée.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. B, confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans, a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour dans sa dix-huitième année, alors qu'il suivait une formation en vue d'obtenir un certificat d'aptitude professionnelle " équipier polyvalent de commerce ", diplôme qu'il a obtenu en juin 2022. En outre, le rapport de la structure d'accueil fait valoir la bonne intégration de l'intéressé dans la société française et rien ne permet de considérer que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Enfin, la circonstance, à la supposer établie, que M. B conserve des attaches familiales en République de Guinée, ne fait pas obstacle, en tant que tel, à ce qu'un titre de séjour lui soit délivré sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'exige pas que le demandeur soit isolé dans son pays d'origine et alors que la nature des liens avec sa famille ne constitue qu'un élément de l'appréciation de sa situation dans son ensemble. Il résulte de l'ensemble de la situation personnelle de M. B qu'en refusant son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Doubs a commis une erreur manifeste d'appréciation.

10. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision de refus de délivrance de titre de séjour du 2 juin 2022 ainsi que, A voie de conséquence, celle des décisions subséquentes du même jour lui faisant obligation de quitter le territoire français sous trente jours et désignant le pays de renvoi.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

11. Le motif d'annulation retenu implique nécessairement que le préfet du Doubs délivre au requérant la carte de séjour temporaire prévue à l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans cette attente, le préfet du Doubs remettra à M. B une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail dans le délai de quinze jours suivant cette même notification.

Sur les frais liés au litige :

12. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. A suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Dravigny, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit de la somme de 1 000 euros.

DECIDE :

Article 1er : L'arrêté du 2 juin 2022 pris à l'encontre de M. B A le préfet du Doubs est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Doubs de délivrer à M. B la carte de séjour temporaire prévue à l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui remettre, dans cette attente et sous un délai de quinze jours suivant cette même notification, une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail.

Article 3 : L'Etat versera à Me Dravigny la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette avocate renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet du Doubs.

Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022 à laquelle siégeaient :

- Mme Grossrieder, présidente,

- Mme Besson, conseillère,

- M. Seytel, conseiller.

Rendu public A mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.

La présidente-rapporteure,

S. EL'assesseure la plus ancienne,

M. C

La greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

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