jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201184 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2022, M. B C, représenté par Me Abdelli, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 avril 2022 par lequel le préfet du Doubs a refusé le renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet du Doubs de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, à défaut, dans ce même délai et sous la même astreinte, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- le préfet a fait une appréciation erronée des faits relatifs au suivi de ses études sans tenir compte de la crise sanitaire ni du caractère atypique des études poursuivies ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation en ne constatant pas le caractère sérieux des études poursuivies ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision de refus de séjour ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Abdelli, pour M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant équato-guinéen né le 13 juin 1997, entré en France le 5 avril 2017 sous couvert d'un visa long séjour portant la mention " étudiant " valable du 16 mars 2017 au 15 mars 2018, a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle en qualité d'étudiant valable jusqu'au 7 mars 2022. L'intéressé a alors demandé le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 11 avril 2022, dont M. C demande l'annulation, le préfet du Doubs a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie de moyens d'existence suffisants se voir délivrer une carte de séjour temporaire la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an ". Le renouvellement de cette carte de séjour est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir.
3. Il ressort des pièces du dossier qu'après une année d'études au centre de linguistique appliquée, M. C s'est inscrit en première année de licence de sciences fondamentales et appliquées au titre de l'année universitaire 2018-2019. L'intéressé a pour cette licence bénéficié d'un dispositif adapté lui permettant de suivre les enseignements de la première année de licence sur deux années. N'ayant pas validé sa première année à l'issue des deux ans impartis, M. C a été admis à suivre ce même dispositif adapté pour valider sa première année dans ce cursus au titre de l'année universitaire 2020-2021, puis de l'année 2021-2022. Il est par ailleurs constant que M. C a été défaillant au titre de l'année universitaire 2020-2021 et ajourné pour la première année de licence au titre de l'année 2021-2022. En définitive, l'intéressé n'a pas réussi à valider sa première année de licence en quatre années malgré le bénéfice d'un dispositif adapté. Compte tenu de cette absence de diplôme en quatre années de présence en France, et à supposer même que le requérant ait éprouvé quelques difficultés liées à la pandémie de Covid-19 et à sa situation financière, le préfet du Doubs n'a commis ni erreur de fait ni erreur d'appréciation en estimant que M. C n'avait pas démontré le caractère sérieux et la progression dans ses études et en refusant, pour ce motif, de renouveler son titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. La décision de refus de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
5. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 avril 2022 attaqué. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au préfet du Doubs.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022 à laquelle siégeaient :
- Mme Grossrieder, présidente,
- Mme Besson, conseillère,
- M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La présidente-rapporteure,
S. DL'assesseure la plus ancienne,
M. ALa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
No 2201184
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026