LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2201382

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2201382

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2201382
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSOLER-COUTEAUX SELARL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 8 août 2022 et 10 août 2023, M. C A, agissant au nom de la SCI C.N.H, représenté par Me Perrey, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 23 juin 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Châtenois-les-Forges a exercé son droit de préemption sur les parcelles ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Châtenois-les-Forges une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente dès lors que seule la communauté d'agglomération du Grand Belfort a compétence en la matière ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 213-21 du code de l'urbanisme dès lors que la commune n'a pas recueilli l'avis du service des domaines ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 211-1 du code de l'urbanisme dès lors que la commune ne justifie pas d'une délibération instituant le droit de préemption opposable ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 210-1 et L. 300-1 du code de l'urbanisme dès lors que le projet ne constitue pas une action ou une opération d'aménagement au sens de ces dispositions ;

- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 avril et 31 août 2023, la commune de Châtenois-les-Forges, représentée par Me Waltuch, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. A et la SCI C.N.H lui versent solidairement une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, elle ne contient pas l'exposé de moyens ;

- elle est irrecevable dès lors que M. A n'avait pas qualité pour agir, l'acquéreur potentiel étant la SCI C.N.H ;

- les moyens de légalité externe sont irrecevables ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;

- subsidiairement, il y a lieu de procéder à une substitution de motifs en ce que l'usage du droit de préemption est justifié par l'aléa minier et le renouvellement urbain.

En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marquesuzaa,

- les conclusions de M. B,

- les observations de Me Perrey pour M. A et de Me Hardy pour la commune de Châtenois-les-Forges.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 23 juin 2022, le conseil municipal de la commune de Châtenois-les-Forges a décidé de préempter les parcelles . Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette délibération.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

3. Il ressort des termes de la requête que les moyens tirés de l'absence d'intérêt général pour justifier le droit de préemption exercé et du détournement de pouvoir y sont développés. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de motivation de la requête doit être écartée.

4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment des statuts constitutifs de la SCI C.N.H que M. A est le gérant de cette société. La requête a été introduite par M. A agissant au nom de la société précitée. En vertu de l'article 1849 du code civil, le gérant d'une société civile immobilière tient de ses fonctions le droit d'agir en justice. Dans ces conditions, M. A avait bien qualité pour agir au nom de la société civile immobilière C.N.H. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.

Sur le bien-fondé des conclusions aux fins d'annulation :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code de l'urbanisme : " Les communes dotées () d'un plan local d'urbanisme approuvé peuvent, par délibération, instituer un droit de préemption urbain sur tout ou partie des zones urbaines () ". Aux termes de l'article R. 211-2 du même code : " La délibération par laquelle le conseil municipal ou l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale compétent décide, en application de l'article L. 211-1, d'instituer ou de supprimer le droit de préemption urbain ou d'en modifier le champ d'application est affichée en mairie pendant un mois. Mention en est insérée dans deux journaux diffusés dans le département. / Les effets juridiques attachés à la délibération mentionnée au premier alinéa ont pour point de départ l'exécution de l'ensemble des formalités de publicité mentionnées audit alinéa. Pour l'application du présent alinéa, la date à prendre en considération pour l'affichage en mairie est celle du premier jour où il est effectué ".

6. Par délibération du 4 octobre 2013, le conseil municipal de la commune de Châtenois-les-Forges a institué un droit de préemption urbain sur l'ensemble des zones urbaines et des zones ouvertes à l'urbanisation. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette délibération ait fait l'objet des mesures de publicité prévues à l'article R. 211-2 du code de l'urbanisme. Dès lors, cette délibération n'est pas devenue exécutoire. Dans ces conditions, la décision de préemption du 23 juin 2022, prise sur le fondement de la délibération du 4 octobre 2013, est dépourvue de base légale. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être accueilli.

7. En second lieu, aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, à préserver la qualité de la ressource en eau et à permettre l'adaptation des territoires au recul du trait de côte, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement () ". Aux termes de l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction alors en vigueur : " Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l'habitat, d'organiser la mutation, le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, de favoriser le développement des loisirs et du tourisme, de réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d'enseignement supérieur, de lutter contre l'insalubrité et l'habitat indigne ou dangereux, de permettre le renouvellement urbain, de sauvegarder ou de mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels, notamment en recherchant l'optimisation de l'utilisation des espaces urbanisés et à urbaniser. / L'aménagement, au sens du présent livre, désigne l'ensemble des actes des collectivités locales ou des établissements publics de coopération intercommunale qui visent, dans le cadre de leurs compétences, d'une part, à conduire ou à autoriser des actions ou des opérations définies dans l'alinéa précédent et, d'autre part, à assurer l'harmonisation de ces actions ou de ces opérations ".

8. Il résulte de ces dispositions que les collectivités titulaires du droit de préemption urbain peuvent légalement exercer ce droit, d'une part, si elles justifient, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date, et, d'autre part, si elles font apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption. En outre, la mise en œuvre de ce droit doit, eu égard notamment aux caractéristiques du bien faisant l'objet de l'opération ou au coût prévisible de cette dernière, répondre à un intérêt général suffisant.

9. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir de vérifier si le projet d'action ou d'opération envisagé par le titulaire du droit de préemption est de nature à justifier légalement l'exercice de ce droit.

10. Il ressort des termes de la décision attaquée que le droit de préemption sur les parcelles en cause a été exercé en vue de répondre à l'objectif " d'une stabilisation du nombre de ses habitants ". Si la commune précise dans ses écritures en défense que cette démarche s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d'une politique locale qui vise à faciliter l'accès aux logements étudiants, il ressort des pièces du dossier que le projet envisagé lui a été proposé par Territoire Habitat 90 concomitamment à l'achat des biens en litige par la SCI C.N.H. Dans ces conditions, la réalité, à la date de la décision de préemption, du projet d'action ou d'opération d'aménagement l'ayant justifiée ne peut être regardée comme établie pour ces parcelles. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 210-1 et L. 300-1 du code de l'urbanisme doit être accueilli.

11. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

12. Pour établir que la décision attaquée était légale, la commune invoque, dans son mémoire en défense, deux autres motifs tirés de l'aléa minier et du renouvellement urbain. Les conséquences du " porter à connaissance " préfectoral sur l'existence d'un aléa minier ne sont cependant pas suffisamment circonstanciées pour justifier de ce que la préemption se rattacherait à l'un des objectifs de l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, si la commune explique que ce droit participe à " un renouvellement urbain en permettant la réfection d'un immeuble en état dégradé ", elle ne fait toutefois aucunement état de précédents démontrant que le projet s'insère dans une politique dont il est l'une des manifestations et qui rendent sa réalisation quasi-certaine. Dans ces conditions, ces motifs ne peuvent légalement fonder la décision attaquée. Par suite, il n'y a pas lieu de procéder à la substitution demandée.

13. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité des moyens de légalité externe, aucun autre moyen n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de la décision attaquée.

14. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la délibération du 23 juin 2022.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A et de la SCI C.N.H, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que la commune de Châtenois-les-Forges demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Châtenois-les-Forges une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La délibération du 23 juin 2022 est annulée.

Article 2 : La commune de Châtenois-les-Forges versera à M. A une somme de 1 500 euros.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, agissant au nom de la SCI C.N.H, et à la commune de Châtenois-les-Forges.

Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,

- M. Seytel, conseiller,

- Mme Marquesuzaa, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.

La rapporteure,

A. MarquesuzaaLe premier conseiller faisant fonction de président,

A. PernotLa greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions