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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2201387

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2201387

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2201387
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantBERSOT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 8 août et 9 décembre 2022, M. I C, Mme H Q, M. D et Mme E G, M. J et Mme L N, M. R et Mme O B, M. S et Mme K C, M. A et Mme P F, représentés par Me Suissa, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2022 par lequel la maire de la commune de Villers-le-Lac a délivré un permis de construire à la SCI Vermot Invest France portant sur la création d'un immeuble d'habitation de dix-neuf logements ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Villers-le-Lac une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :

- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-39 du code de l'urbanisme dès lors que, une partie des pièces complémentaires ayant été produites postérieurement à l'expiration du délai de trois mois à compter de la notification de la demande de pièces complémentaires, un rejet implicite aurait dû naître ;

- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que les documents graphiques ne permettent pas d'apprécier suffisamment l'insertion du projet de construction, que la notice paysagère ne fait aucune mention des végétations et éléments paysagés existants et que le plan de masse fait seulement apparaitre des arbres sans préciser leur essence et s'il s'agit d'arbres existants ou à planter ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en ce que la résistance du sol est insuffisante pour supporter le projet de construction, qu'il ne permet pas le passage des véhicules de sécurité et de lutte contre l'incendie et que son accès n'est pas sécurisé en raison de la mauvaise visibilité depuis la ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme et de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune dès lors que la dimension de la voie d'accès est insuffisante eu égard au besoin du projet de construction et que les services départementaux d'incendie et de secours n'ont pas été consultés ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles L. 421-6, R. 111-26 et R. 111-27 du code de l'urbanisme et celles de l'article L. 350-3 du code de l'environnement dès lors que la nécessité de l'abattage ou de l'atteinte portée aux arbres pour les besoins du projet de construction n'est pas établie, pas plus que l'existence de mesures de compensation appropriées et suffisantes ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l'article U11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune en ce que, par sa situation, son architecture, sa dimension et son aspect extérieur, le projet de construction ne respecte pas le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article U12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune dès lors que le nombre de places de stationnement créées est insuffisant, que le pétitionnaire ne justifie pas de ce qu'un tiers de ces places de stationnement sera réalisé de manière à rendre ces places directement accessibles depuis la voie de desserte et que l'aire de retournement, qui n'est pas adaptée, n'est pas matérialisée sur les plans ni dans un autre document de la demande de permis de construire ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article U13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune dès lors qu'il n'est pas démontré que les espaces libres représenteront au moins 30 % de la superficie du terrain d'assiette du projet.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, la commune de Villers-le-Lac, représentée par Me Dichamp, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que les requérants lui versent une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir conformément à l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 octobre 2022 et le 14 mars 2023, la SCI Vermot Invest France, représentée par Me Bersot, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que les requérants lui versent une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La SCI Vermot Invest France fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que, d'une part, les requérants ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir conformément à l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme et, d'autre part, qu'ils n'ont pas accompagné leur requête d'un titre de propriété en méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marquesuzaa,

- les conclusions de M. M,

- les observations de Me Suissa, pour les requérants et de Me Grosbois, substituant Me Dichamp, pour la commune de Villers-le-Lac.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 10 juin 2022, la commune de Villers-le-Lac a délivré un permis de construire à la SCI Vermot Invest France portant sur la création d'un immeuble d'habitation de dix-neuf logements sur la parcelle cadastrée . Par la présente requête, M. C et Mme Q, M. et Mme G, M. et Mme N, M. et Mme B, M. et Mme C et M. et Mme F demandent l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-39 du code de l'urbanisme : " L'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : / a) Que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; / b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; / c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 27 janvier 2022, la maire de la commune de Villers-le-Lac a adressé au pétitionnaire une demande de pièces complémentaires. Le 10 février 2022, le pétitionnaire a adressé à la maire l'intégralité des pièces demandées. Par suite, les requérants ne sauraient se prévaloir de la circonstance que le pétitionnaire a également versé à son dossier de demande de permis de construire un engagement de concession de places de stationnement le 9 mai 2022, soit plus de trois mois après la demande de pièces complémentaires que lui avait adressée la mairie. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-39 du code de l'urbanisme doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / () / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; () ". Aux termes de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ". Enfin, aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; () / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () ".

5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. D'abord, le dossier de demande de permis de construire comporte une notice descriptive décrivant l'état initial du terrain et la construction envisagée, plusieurs documents graphiques ainsi que diverses photographies permettant d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement. Ensuite, si les requérants soutiennent que la notice paysagère ne fait aucune mention des végétations et éléments paysagés existants, ils ne précisent pas la règlementation applicable pour laquelle cette omission aurait été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à celle-ci. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice descriptive que " le terrain est à l'origine l'emplacement d'un terrain vague et d'un ancien terrain de tennis tombé en désuétude ", de différentes photographies qu'une végétation aux alentours du terrain d'assiette existe et des plans de masse que des espaces verts sont prévus. Enfin, d'une part, il ressort des plans de masse que le nombre d'arbres à planter est de dix d'essence feuillus et, d'autre part, que, si le dossier de demande de permis de construire n'indique pas la végétation qui pourrait être supprimée, les requérants n'exposent pas, même sommairement, les incidences de cette omission sur l'appréciation portée par l'autorité administrative quant à la conformité du projet à la réglementation applicable. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté en toutes ses branches.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

8. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Les risques d'atteinte à la sécurité publique qui, en application de cet article, peuvent justifier le refus d'un permis de construire ou son octroi sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants de la construction pour laquelle le permis est sollicité que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers.

9. D'une part, l'allégation selon laquelle la résistance du sol serait insuffisante n'est pas suffisamment étayée, alors que le dossier de demande de permis de construire précise que les fondations seront en béton armé conformément aux exigences de la nature du sol et de l'étude du bureau d'études structures. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est desservi par un chemin accessible depuis la . S'il ressort du constat d'huissier produit par les requérants que ce chemin présente une largeur limitée à 2,45 mètres, il ressort des pièces du dossier que le projet en litige prévoit l'élargissement dudit chemin pour en faire une voie de circulation à double sens de 6 mètres de large avec un trottoir attenant de 1,5 mètres de large. Dans ces conditions, aucun élément du dossier ne permet d'estimer que les caractéristiques de cette voie ne garantiront pas une desserte suffisante du projet pour les véhicules de secours et de lutte contre l'incendie. Enfin, par les seules images produites en période enneigée, les requérants n'établissent pas suffisamment que la visibilité depuis la serait mauvaise et, par conséquent, que l'accès au terrain d'assiette du projet serait dangereux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté en toutes ses branches.

10. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Les dispositions du présent chapitre sont applicables aux constructions, aménagements, installations et travaux faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. Toutefois : a) Les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à 111-14, R. 111-16 à R. 111-20 et R. 111-22 à R. 111-24-2 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ".

11. La commune de Villers-le-Lac disposant d'un plan local d'urbanisme, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.

12. D'autre part, aux termes de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villers-le-Lac : " 1 - ACCES / Les accès sur les voies publiques ou privées ouvertes à la circulation générale seront de dimension apte à assurer l'approche des services de secours et d'incendie au plus près des bâtiments. / Des prescriptions particulières pourront être imposées également en cas de dénivelé, pour faciliter l'accès aux voies, notamment en période hivernale. / Tout terrain enclavé qui ne pourra obtenir un accès conforme à celui exigé ci-dessus, au travers des fonds voisins, sera inconstructible. / 2 - VOIRIE / Toute construction ou occupation du sol doit être desservie par une voirie suffisante Celle-ci doit avoir des caractéristiques techniques et dimensionnelles adaptées aux usages qu'elle supporte, aux opérations qu'elle dessert et au fonctionnement des services publics. / En cas de création d'une voie nouvelle à double sens de circulation, il pourra être exigé une emprise d'au moins 9 m ".

13. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 9, aucun élément du dossier ne permet d'estimer que les caractéristiques de la voie d'accès ne garantiront pas une desserte suffisante du projet tant pour les véhicules de secours et de lutte contre l'incendie que pour les véhicules des futurs résidents. D'autre part, il ne ressort pas des termes de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villers-le-Lac que les services départementaux d'incendie et de secours auraient dû être consultés. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villers-le-Lac doit être écarté en toutes ses branches.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique ". Aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement ". Aux termes de l'article R. 111-27 du même code : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

15. Aux termes de l'article L. 350-3 du code de l'environnement : " Les allées d'arbres et alignements d'arbres qui bordent les voies ouvertes à la circulation publique constituent un patrimoine culturel et une source d'aménités, en plus de leur rôle pour la préservation de la biodiversité et, à ce titre, font l'objet d'une protection spécifique. Ils sont protégés, appelant ainsi une conservation, à savoir leur maintien et leur renouvellement, et une mise en valeur spécifiques. / Le fait d'abattre ou de porter atteinte à un arbre ou de compromettre la conservation ou de modifier radicalement l'aspect d'un ou de plusieurs arbres d'une allée ou d'un alignement d'arbres est interdit. / Toutefois, lorsqu'il est démontré que l'état sanitaire ou mécanique du ou des arbres présente un danger pour la sécurité des personnes ou des biens ou un risque sanitaire pour les autres arbres ou que l'esthétique de la composition ne peut plus être assurée et que la préservation de la biodiversité peut être obtenue par d'autres mesures, les opérations mentionnées au deuxième alinéa sont subordonnées au dépôt d'une déclaration préalable auprès du représentant de l'Etat dans le département. Ce dernier informe sans délai de ce dépôt le maire de la commune où se situe l'alignement d'arbres concerné. / Par ailleurs, le représentant de l'Etat dans le département peut autoriser lesdites opérations lorsque cela est nécessaire pour les besoins de projets de travaux, d'ouvrages ou d'aménagements. Le représentant de l'Etat dans le département informe sans délai le maire de la commune où se situe l'alignement d'arbres concerné du dépôt d'une demande d'autorisation. Il l'informe également sans délai de ses conclusions () ".

16. Lorsqu'un permis de construire ou d'aménager ou une décision de non-opposition à déclaration préalable porte sur un projet de construction impliquant l'atteinte ou l'abattage d'un ou plusieurs arbres composant une allée ou un alignement le long d'une voie de communication, il résulte des dispositions combinées des articles L. 421-6, R. 111-26 et R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l'article L. 350-3 du code de l'environnement que l'autorisation d'urbanisme ou la décision de non-opposition à déclaration préalable vaut octroi de la dérogation prévue par le troisième alinéa de l'article L. 350-3 du code de l'environnement. Il appartient à l'autorité administrative compétente pour délivrer l'autorisation d'urbanisme ou statuer sur la déclaration préalable de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la nécessité de l'abattage ou de l'atteinte portée aux arbres pour les besoins du projet de construction ainsi que de l'existence de mesures de compensation appropriées et suffisantes à la charge du pétitionnaire ou du maître d'ouvrage.

17. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les haies auxquelles font références les requérants constituent des allées d'arbres et alignements d'arbres au sens des dispositions précitées. Dans ces conditions, la nécessité de l'abattage ou de l'atteinte portée aux arbres pour les besoins du projet de construction pas plus que l'existence de mesures de compensation appropriées et suffisantes n'avaient à être démontrées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 421-6, R. 111-26 et R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l'article L. 350-3 du code de l'environnement doit être écarté.

18. En sixième lieu, aux termes de l'article U11 du plan local d'urbanisme de la commune de Villers-le-Lac : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Dans le secteur Up, la longueur de la façade pignon sera au maximum de 16 m ; le faitage sera dans un axe perpendiculaire à la pente ; seuls les volumes secondaires et annexes pourront avoir une orientation de faitage différente ".

19. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que des données disponibles sur le site internet Google Maps librement accessible à tous, que le secteur d'implantation du bâtiment projeté, auquel appartient la parcelle d'assiette de la construction, correspond à une zone urbaine au bâti hétérogène, d'architectures et couleurs disparates comprenant des maisons individuelles de style et de hauteur variés, en R+1 ainsi que des immeubles collectifs. Par ailleurs, le projet consiste en l'édification d'un immeuble de quatre niveaux comprenant dix-neuf logements pour une hauteur de près de dix mètres. Si le projet comporte une toiture-terrasse, qui n'est pas interdite par le règlement du plan local d'urbanisme de la commune, son aspect général, et notamment les murs de couleur blanche et gris anthracite, permettent son insertion dans l'environnement bâti. Dans ces conditions, le projet contesté doit être regardé comme respectant le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article U11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villers-le-Lac doit être écarté.

20. En septième lieu, aux termes de l'article U12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villers-le-Lac : " Principe : / Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations admises doit être assuré en dehors des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation générale. / Le stationnement devra être assuré sur le terrain d'assiette de la construction ou de l'installation, ou intégré à ces dernières. / En toute hypothèse, les zones de manœuvre doivent être indépendantes des voies publiques et respecter les règles d'accès fixées à l'article 3 ci-dessus. / Modalités de mise en œuvre : / 1 - Pour déterminer le nombre de places de stationnement de toute construction, il sera exigé au minima : / - Une place de stationnement par tranche de 30 m2 de surface de plancher hors œuvre nette créée, chaque tranche commencée étant prise en compte. () / " 2 - Un tiers des places de stationnement exigées ci-dessus sera réalisé de manière à rendre ces places directement accessibles depuis la voie de desserte des constructions () ".

21. D'abord, il est constant que le projet litigieux emportant la création de 3 040 m2 de surface de plancher, nécessite cent-deux places de stationnement. Il est constant que, si le dossier de demande de permis de construire comprenait initialement soixante-neuf places, ce chiffre est passé à 103 places après la production par le pétitionnaire d'un engagement de concession de 34 places de stationnement supplémentaires. Ensuite, il ressort des pièces du dossier que soixante-huit places seront en sous-sol des bâtiments, une accolée en extérieur et qu'un aménagement d'une voie reliant l'accès de la parcelle au parking couvert situé en sous-sol de l'immeuble est prévu. Plus de deux tiers des places peuvent être ainsi regardées comme directement accessibles depuis la voie de desserte. Enfin, il existe, sur le terrain d'assiette du projet, une surface libre de 5 mètres sur 6,47 mètres qui permet de ce fait le retournement des véhicules de secours constituant ainsi une aire de retournement adaptée dont la mention n'est, au demeurant, pas obligatoire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article U12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villers-le-Lac doit être écarté en toutes ses branches.

22. En dernier lieu, aux termes de l'article U13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villers-le-Lac : " Par espaces libres, il doit être entendu les espaces non occupés par des constructions ou installations admises, et non utilisés par du stationnement et des circulations automobiles, ou autres utilisations autorisées. / Les espaces libres représenteront au moins 30 % de la superficie du terrain d'assiette de tout projet ".

23. Il ressort des pièces du dossier que, la superficie du terrain d'assiette du projet litigieux étant de 2 960 m2, les espaces libres pour représenter 30% de cette surface doivent être de 888 m2. En l'espèce, il n'est pas contesté que les espaces libres occuperont une surface de 1 061 m2. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article U13 du plan local d'urbanisme de la commune de Villers-le-Lac doit être écarté.

24. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 10 juin 2022.

Sur les frais liés au litige :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Villers-le-Lac, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Villers-le-Lac et non compris dans les dépens ainsi qu'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SCI Vermot Invest France et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C et autres est rejetée.

Article 2 : M. C et autres verseront respectivement à la commune de Villers-le-Lac et à la SCI Vermot Invest France une somme de 1 500 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Villers-le-Lac et de la SCI Vermot Invest France est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. I C, premier dénommé, pour l'ensemble des requérants, à la commune de Villers-le-Lac et à la SCI Vermot Invest France.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,

- M. Seytel, conseiller,

- Mme Marquesuzaa, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

La rapporteure,

A. MarquesuzaaLe premier conseiller faisant fonction de président,

A. PernotLa greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme.

La greffière,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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