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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2201527

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2201527

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2201527
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantBARON AIDENBAUM & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance en date du 6 septembre 2022, enregistrée le 13 septembre 2022 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Dijon a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par la commune de Brazey-en-Plaine (Côte d'Or).

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Dijon le 30 août 2022, et un mémoire enregistré le 17 janvier 2023, la commune de Brazey-en-Plaine, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 novembre 2021 par laquelle le vice-président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a refusé sa demande de création d'une desserte intra communale vers le collège de la commune, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 30 mai 2022 ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande de signature d'une convention entre la région Bourgogne-Franche-Comté et la commune relative à la prise en charge partielle des frais de transports.

Elle soutient que :

- la décision du 8 novembre 2021 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux portant refus de création d'une desserte intra-communale :

* sont illégales du fait de l'illégalité du règlement régional des transports scolaires, dès lors que celui-ci méconnaît le principe d'égalité des usagers devant le service public ;

* méconnaissent l'article 17 de ce même règlement ;

- la décision implicite portant rejet de signature d'une convention relative à la prise en charge partielle des frais de transports méconnaît l'article 17 du règlement régional des transports scolaires.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2022, la région Bourgogne Franche-Comté, représentée par Me Baron, conclut au rejet de la requête et à ce que la commune de Brazey-en-Plaine lui verse une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en raison du défaut d'intérêt pour agir de la commune de Brazey-en-Plaine ;

- les moyens soulevés par la commune de Brazey-en-Plaine ne sont pas fondés.

En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme Diebold, première conseillère, pour présider la première chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le règlement régional des transports scolaires de Côte d'Or,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Goyer-Tholon, conseillère ;

- les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique ;

- et les observations de M. A, premier adjoint, pour la commune de Brazey-en-Plaine.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 8 novembre 2021, le vice-président de la région Bourgogne Franche-Comté a rejeté la demande de la commune de Brazey-en-Plaine portant sur la mise en place d'une desserte de transport scolaire entre le quartier de Pont-Hémery et le collège de Brazey-en-Plaine, situés sur son territoire. Suite à un recours gracieux de la commune du 30 mai 2022, la région a implicitement confirmé cette décision et refusé la signature d'une convention avec la commune relative à une prise en charge financière partielle de cette desserte. La commune demande au tribunal l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la région :

2. La région fait valoir que la commune de Brazey-en-Plaine ne justifierait pas d'un intérêt à agir contre les décisions en litige, dès lors qu'elle aurait intégralement transféré sa compétence en matière de transports scolaires. Il ressort des pièces du dossier que la commune requérante se borne à se réclamer d'une préoccupation d'une partie de ses administrés, relative à la mise en place d'un transport scolaire au profit d'une vingtaine de collégiens habitant le hameau de Pont-Hémery, sans se prévaloir d'une incidence sur sa situation ou sur les intérêts dont elle a la charge. Dans ces conditions, alors qu'il appartenait aux administrés concernés, s'ils s'y estimaient recevables et bien fondés, de contester les décisions en litige, la fin de non-recevoir soulevée par la région Bourgogne Franche-Comté tirée de l'absence d'intérêt à agir de la commune de Brazey-en-Plaine doit être accueillie. Par suite, les conclusions de la requête sont irrecevables et doivent être rejetées dans leur ensemble.

Sur les frais liés au litige :

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la région Bourgogne Franche-Comté au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la commune de Brazey-en-Plaine est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la région Bourgogne Franche-Comté présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Brazey-en-Plaine et à la région Bourgogne Franche-Comté.

Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Diebold, première conseillère faisant fonction de présidente ;

- Mme Goyer-Tholon, conseillère ;

- Mme Kiefer, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.

La rapporteure,

C. Goyer-Tholon

La première conseillère faisant fonction de présidente,

N. DieboldLa greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au préfet de la région Bourgogne Franche-Comté, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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