jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201563 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CHARDONNENS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi du 13 septembre 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a transmis la requête de M. A B enregistrée le 31 août 2022, au tribunal administratif de Besançon. Par cette requête, M. B, représenté par Me Chardonnens, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2022 par lequel le préfet du Doubs a refusé de lui délivrer un permis de construire portant sur la création d'une habitation secondaire sur la commune de Cusance ;
2°) d'enjoindre au préfet de statuer à nouveau sur la demande de permis de construire déposée ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens et la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé dès lors qu'il ne tient pas compte de la nature de la construction projetée ;
- le motif tiré de ce que le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est illégal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2022, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'une partie du litige a perdu son objet et fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- et les conclusions de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 mai 2022, M. B a présenté une demande de permis de construire portant sur la création d'une habitation secondaire sur le territoire de la commune de Cusance (Doubs). Par un arrêté du 1er juillet 2022, dont M. B demande l'annulation, le préfet du Doubs a refusé cette demande.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
3. Par un arrêté du 29 septembre 2022, le préfet du Doubs a, d'une part, retiré l'arrêté contesté du 1er juillet 2022 et, d'autre part, réitéré le refus opposé à la demande de permis de construire présentée le 5 mai 2022 par M. B. Dès lors, cet arrêté du 29 septembre 2022 a la même portée que l'arrêté du 1er juillet 2022 et la décision portant retrait de cet arrêté ayant acquis, à la date du présent jugement, un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à son annulation. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation présentées par la requête doivent être regardées comme étant dirigées contre l'arrêté du 29 septembre 2022.
Sur la légalité de l'arrêté du 29 septembre 2022 :
4. En premier lieu, il résulte de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme qu'une décision qui refuse une demande de permis de construire doit faire l'objet d'une motivation, qui, au demeurant, peut se limiter à un seul motif. En tout état de cause, l'arrêté attaqué vise les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et indique que le projet est de nature à présenter un risque pour la sécurité publique. Dans ces conditions, l'arrêté en litige expose les règles de droit et les circonstances de fait qui en constituent le fondement. Enfin, il ne ressort pas de l'arrêté contesté que le préfet n'aurait pas procédé à un examen du projet de construction de la demande de permis de construire en litige. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". De plus, il résulte de l'article L. 410-1 du même code qu'un certificat d'urbanisme peut être remis en cause lorsque l'autorité compétente met en application des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique.
6. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé en zone d'aléa d'éboulement de pierres et de blocs qui présente un risque fort. Les circonstances que le terrain d'assiette du projet se situe en zone constructible ou encore que M. B ait bénéficié d'un certificat d'urbanisme positif délivré par le maire de la commune de Cusance le 15 octobre 2021 est sans incidence sur le classement de la zone concernée. Dès lors, et alors même que la construction envisagée n'aggraverait pas, en elle-même, le risque d'éboulement de pierres et de blocs, le projet en litige doit être regardé, du fait de sa situation, comme étant de nature à porter atteinte à la sécurité publique. Par suite, en refusant de délivrer le permis de construire sollicité par M. B, le préfet n'a pas entaché son arrêté d'une inexacte application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste.
Sur les autres demandes :
8. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'instruction. Dès lors, la demande d'injonction présentée par le requérant doit être rejetée.
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
10. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, la demande formée à ce titre doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er juillet 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie du jugement sera adressée, pour information, au préfet du Doubs et à la commune de Cusance.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le rapporteur,
J. SeytelLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. PernotLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026