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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2201565

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2201565

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2201565
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2022, M. B A demande au juge d'annuler la décision du 22 avril 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande d'échange de permis de conduire malien contre un permis de conduire français.

Il soutient que :

- son permis de conduire malien présenté à l'appui de sa demande d'échange de permis de conduire est entaché d'une erreur matérielle en ce qui concerne la date de délivrance ;

- l'authenticité du permis de conduire n'a pas été remise en cause ;

- son permis de conduire est indispensable pour l'exercice de son travail.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Pernot a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 22 avril 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté la demande de M. A concernant l'échange de son permis de conduire malien contre un permis de conduire français. Le recours gracieux formé par l'intéressé le 2 juin 2022 a fait l'objet d'une décision de rejet implicite. Le requérant demande au tribunal d'annuler la décision du 22 avril 2022.

2. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3 Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé ". Aux termes de l'article 4 de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen, dans sa rédaction alors applicable : " I. - Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. / II. ' A. ' Pour les ressortissants étrangers non- ressortissants de l'Union européenne, la date d'acquisition de la résidence normale est celle du début de validité du premier titre de séjour. () ". Aux termes de l'article 5 du même arrêté, dans sa rédaction alors applicable : " I. - Pour être échangé contre un titre français, tout permis de conduire délivré par un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit répondre aux conditions suivantes : () / C. - Pour un étranger non-ressortissant de l'Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen, de la Confédération suisse ou de la Principauté de Monaco, avoir été obtenu antérieurement à la date de début de validité du premier titre de séjour () ". Enfin, aux termes de l'article 11 du même arrêté, dans sa rédaction alors applicable : " I. - Le délai d'un an pour la reconnaissance et la demande d'échange du permis de conduire pour les bénéficiaires du statut de réfugié, pour les apatrides et les étrangers ayant obtenu la protection subsidiaire, court à compter de la date de début de validité du récépissé constatant la reconnaissance d'une protection internationale. () ". Il résulte de ces dispositions que pour pouvoir bénéficier de l'échange de son permis de conduire contre un titre français, un étranger non-ressortissant de l'Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen, ayant obtenu la protection subsidiaire, doit avoir obtenu son permis de conduire avant la date du début du récépissé constatant la reconnaissance d'une protection internationale.

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a sollicité fin 2021 l'échange d'un permis de conduire malien, délivré le 23 août 2021, contre un permis de conduire français alors qu'il avait obtenu son premier récépissé valant titre de séjour le 22 janvier 2021. Si M. A soutient que le permis de conduire délivré le 23 août 2021 ne serait qu'un duplicata d'un permis de conduire malien délivré le 16 septembre 2013, il ne l'établit pas par les pièces qu'il produit. Par ailleurs, la circonstance que l'authenticité de son permis de conduire malien n'aurait pas été remise en cause ou le fait qu'il ait besoin de son permis de conduire pour travailler sont sans incidence sur la légalité de la décision contestée.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au préfet de Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.

Le magistrat désigné,

A. PernotLa greffière,

N. Viennet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

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