vendredi 12 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2201906 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2022, M. C A, représenté par Me Caverne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 septembre 2022 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a refusé sa demande de délivrance d'une carte professionnelle lui permettant d'exercer la profession d'agent de sécurité privée, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer la carte professionnelle sollicitée, à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'article L. 612-20 du code de la sécurité publique n'est pas opposable à une demande de renouvellement et d'une erreur d'appréciation puisqu'en tout état de cause, il remplissait les conditions prévues par les dispositions dudit article.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2023, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Le conseil national des activités privées de sécurité fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Un mémoire a été enregistré le 6 décembre 2023 pour M. A qui n'a pas été communiqué.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- et les conclusions de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 mai 2022, M. A, titulaire d'une carte professionnelle d'agent de sécurité, valable du 21 septembre 2017 au 21 septembre 2022, a présenté une demande de renouvellement de cette carte, laquelle a été refusée par une décision du 6 septembre 2022 du directeur du conseil national des activités privées de sécurité. Le 15 septembre 2022, l'intéressé a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été implicitement rejeté par le directeur du conseil national des activités privées de sécurité. M. A demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur la légalité des décisions contestées :
2. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 4° bis Pour un ressortissant étranger ne relevant pas de l'article L. 233-1 du même code, s'il n'est pas titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour () ".
3. En premier lieu, les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure s'appliquent tant aux demandes initiales de carte professionnelle d'agent de sécurité privée qu'aux demandes de renouvellement. Dès lors, M. A ne peut utilement soutenir que les conditions prévues au 4° bis de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ne pouvaient être opposées à la demande qu'il a présentée le 4 mai 2022 tendant au renouvellement de la carte professionnelle d'agent de sécurité dont il était alors titulaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut être qu'écarté.
4. En second lieu, la condition de résidence prévue par le 4° bis de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure doit notamment permettre au directeur du conseil national des activités privées de sécurité de s'assurer, par l'examen du comportement du demandeur sur le territoire français durant une période suffisante, que l'intéressé respecte les conditions de probité et de moralité exigées pour l'exercice d'une activité privée de sécurité. Ainsi, dans l'hypothèse où le demandeur est détenteur d'une carte professionnelle d'agent de sécurité depuis au moins 5 ans au moment du renouvèlement de cette carte et qu'il réside habituellement sur le territoire français pendant cette même période, alors le directeur du conseil national des activités privées de sécurité est en mesure de procéder à l'examen du comportement du demandeur durant une période suffisante.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a été titulaire de différents titres l'autorisant à séjourner en France du 16 octobre 2016 au 2 mars 2020 puis à nouveau à compter du 22 mars 2023. Dès lors, à la date de la décision contestée du 6 septembre 2022, M. A ne justifiait pas d'un séjour régulier sur le territoire français depuis au moins 5 ans. Par ailleurs, si M. A était titulaire d'une carte professionnelle d'agent de sécurité du 21 septembre 2017 au 21 septembre 2022, l'intéressé ne produit aucun élément permettant d'établir qu'il vivait de manière habituelle sur le territoire français pendant cette même période. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée est entachée d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il conteste.
Sur les autres demandes :
7. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les demandes d'injonction et d'astreintes doivent être rejetées.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du conseil national des activités privées de sécurité qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2024.
Le rapporteur,
J. SeytelLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. Pernot
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026