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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2201949

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2201949

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2201949
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Goerké, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Saône a prononcé la suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Saône de lui restituer son permis de conduire ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route dès lors qu'elle a été prononcée au-delà du délai de cent-vingt heures après la rétention de son permis de conduire ;

- à défaut, elle méconnaît les dispositions de l'article L. 224-7 du code de la route en l'absence de mention du procès-verbal prévu par cet article ;

- il n'est pas l'auteur de l'infraction reprochée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2023, le préfet de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Pernot a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 28 octobre 2022, pris sur le fondement de l'article L. 224-7 du code de la route, le préfet de la Haute-Saône a suspendu, pour une durée de six mois, le permis de conduire de M. B. Le requérant demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I.- Le représentant de l'État dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire () ". En l'espèce, il ne ressort pas de la lecture de la décision attaquée qu'elle aurait été prise sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Saône aurait méconnu le délai de cent-vingt heures, prévu par les dispositions précitées, pour prendre la décision contestée est inopérant et doit être écarté pour ce motif.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 224-7 du code de la route : " Saisi d'un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l'Etat dans le département où cette infraction a été commise peut, s'il n'estime pas devoir procéder au classement, prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire ou l'interdiction de sa délivrance lorsque le conducteur n'en est pas titulaire () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Saône a été saisi du procès-verbal établi le 16 octobre 2022 par un officier de police judiciaire de la compagnie de gendarmerie départementale de Lure qui mentionne qu'à la suite d'un accident de la circulation, le dépistage de l'imprégnation alcoolique de M. B s'est révélé positif et que l'intéressé a refusé de se soumettre aux vérifications destinées à établir son état alcoolique. Le préfet de la Haute-Saône a dès lors pu légalement, le 28 octobre 2022, se fonder sur ce procès-verbal pour décider de prononcer la suspension du permis de conduire de M. B en application de l'article L. 224-7 du code de la route. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.

5. En dernier lieu, l'appréciation de l'imputabilité à un conducteur de l'infraction à raison de laquelle son permis de conduire a été suspendu sur le fondement de l'article L. 224-7 du code de la route relève de l'office du juge judiciaire dans le cadre de la procédure pénale. Le moyen soulevé par M. B, tiré de ce qu'il ne serait pas l'auteur de l'infraction commise le 16 octobre 2022, est par conséquent inopérant pour contester devant le juge administratif la légalité de la décision attaquée.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B aux fins d'annulation de l'arrêté du 28 octobre 2022 doivent être rejetées et, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au préfet de la Haute-Saône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.

Le magistrat désigné,

A. PernotLa greffière,

N. Viennet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

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